«À 8 x 5, mon amour»: par ces mots codés griffonnés sur un petit papier, la guérillera adolescente Diana X faisait savoir à son prisonnier, le soldat colombien Roque Montilva, que leur évasion commune serait à 20h., le lundi de Pâques 5 avril. À l’heure dite, Roque et un autre captif, le soldat Arteaga, parvenaient à s’extirper du corral, en pleine jungle du nord-ouest, où la guérilla des «Forces armées révolutionnaires de Colombie» (FARC, communistes) les gardait depuis 6 mois. Guidés par Diana dans la nuit, ils étaient déjà trop loin quand la guérilla s’apercevait de la fuite, tirant dans les fourrés des rafales de mitraillettes. Après six jours de marche dans l’enfer vert, les trois évadés tombaient sur une patrouille des troupes régulières. Ramenés à Bogota, ils ont raconté leur odyssée à la presse : «Ma mère m’avait remise à la guérilla pour les servir, dans le nord du pays, lorsque j’avais 12 ans», a affirmé Diana, 16 ans. Voici deux mois, elle avait été chargée avec d’autres guérilleros, dont des gamins de 13 ans, de surveiller sept soldats et deux policiers tombés aux mains des FARC en août dernier. Les détenus étaient parqués dans un «enclos en bordure du camp, ligotés la nuit et, à la moindre incartade, étaient enterrés jusqu’au cou pendant plusieurs jours», affirme Roque, 19 ans. Son allure lui avait vite valu les regards admiratifs puis amoureux de la guérillera: «Tu me plais», lui avait-elle écrit dans un message caché dans un tube de médicament. «Toi aussi», fut la réponse qu’a pu gribouiller le soldat au dos du papier. «Qui ne risque pas un œuf n’a pas de poule» (version colombienne du proverbe «qui ne risque rien n’a rien»), avaient vite conclu les amoureux qui mirent au point leur plan de fuite. «Maintenant, on va pouvoir se marier et vivre une vie normale», a conclu Diana, un cornet de glace à la main, et regardant avec émerveillement l’immensité de la capitale colombienne où elle n’avait jamais mis les pieds.
«À 8 x 5, mon amour»: par ces mots codés griffonnés sur un petit papier, la guérillera adolescente Diana X faisait savoir à son prisonnier, le soldat colombien Roque Montilva, que leur évasion commune serait à 20h., le lundi de Pâques 5 avril. À l’heure dite, Roque et un autre captif, le soldat Arteaga, parvenaient à s’extirper du corral, en pleine jungle du nord-ouest, où la guérilla des «Forces armées révolutionnaires de Colombie» (FARC, communistes) les gardait depuis 6 mois. Guidés par Diana dans la nuit, ils étaient déjà trop loin quand la guérilla s’apercevait de la fuite, tirant dans les fourrés des rafales de mitraillettes. Après six jours de marche dans l’enfer vert, les trois évadés tombaient sur une patrouille des troupes régulières. Ramenés à Bogota, ils ont raconté leur odyssée à la...
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