La séquestration massive, mais discrète et efficace des passagers d’un avion d’Avianca, vient rappeler que le kidnapping pour rançon serait, s’il était légal, la 7e industrie du pays. Les mouvements de guérillas sont systématiquement soupçonnés. Les seules FARC, qui poursuivent depuis 40 ans leur combat contre tous les gouvernements, sont en effet responsables de 62,5 pour cent des enlèvements officiellement enregistrés l’an dernier, soit 1.385 personnes. Ce chiffre pourrait être facilement triplé si l’on comptabilisait les enlèvements non déclarés, estiment diverses ONG, dont Pais Libre, formée d’anciennes victimes de séquestrations. L’ELN n’est rendue responsable que de 566 enlèvements officiels, le solde étant attribué à la criminalité de droit commun, dont la motivation est, comme la guérilla, d’obtenir de juteuses rançons. Les Farc en tirent, avec la dîme sur le trafic de drogue, l’essentiel du trésor de guerre qui leur permet d’acheter les armements les plus sophistiqués. La guérilla procède également, mais plus rarement, à des enlèvements pour exercer une pression politique ou pour obtenir la libération de compagnons détenus. Elle détient ainsi depuis plus d’un an 300 soldats et policiers comme future monnaie d’échange contre des guérilleros emprisonnés. Tout civil (homme, femme ou enfant, même en bas âge) et accessoirement tout militaire est ainsi devenu une proie monnayable en dollars. Un kidnappé peut attendre six mois, et même parfois jusqu’à deux ans pour être libéré contre rançon. Un Colombien aisé vaut 250 000 dollars. Un étranger, 2 millions. Vingt de ces derniers ont été enlevés depuis le début de l’année, souvent par pur hasard au détour d’une route, même à deux pas de Bogota, ou carrément au centre-ville. Les enfants représentent une cible de choix, car les parents s’empressent de payer. Il y a deux ans, la police avait découvert à Bogota dans un appartement cossu, dans un beau quartier, tenu par deux couples sans histoire, six enfants enchaînés sur leur lit, âgés de six mois à 10 ans. Il s’agissait d’une «pension» pour enfants kidnappés.
La séquestration massive, mais discrète et efficace des passagers d’un avion d’Avianca, vient rappeler que le kidnapping pour rançon serait, s’il était légal, la 7e industrie du pays. Les mouvements de guérillas sont systématiquement soupçonnés. Les seules FARC, qui poursuivent depuis 40 ans leur combat contre tous les gouvernements, sont en effet responsables de 62,5 pour cent des enlèvements officiellement enregistrés l’an dernier, soit 1.385 personnes. Ce chiffre pourrait être facilement triplé si l’on comptabilisait les enlèvements non déclarés, estiment diverses ONG, dont Pais Libre, formée d’anciennes victimes de séquestrations. L’ELN n’est rendue responsable que de 566 enlèvements officiels, le solde étant attribué à la criminalité de droit commun, dont la motivation est, comme la guérilla,...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.