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Actualités - Chronologie

Un bol d'air pour les économies européennes

Le relâchement des conditions de crédit dans la zone euro, décidé par la Banque centrale européenne, va donner un peu d’air à une économie morose et permettre à la BCE d’accentuer sa pression sur les gouvernements. Alors qu’elle règne depuis un peu moins de cent jours sur les destinées monétaires de la zone euro, la BCE a réussi à surprendre. Une réduction du principal taux directeur à court terme, le taux de refinancement ou Refi, était certes attendue jeudi, mais pas de cette ampleur. C’est à ce taux que les banques commerciales vont emprunter auprès de la BCE pour se procurer la plus grosse part des liquidités dont elles ont besoin à court terme. Le desserrement de la vanne du crédit ne fera pas de miracle pour une économie de l’espace euro en phase de ralentissement, affectée par un essoufflement des exportations lié aux crises en Asie, Russie et Amérique latine et un chômage élevé endémique, estiment les économistes. «Le problème de croissance n’a pas été résolu par la baisse de taux. La différence de croissance entre les États-Unis et l’Europe est appelée à perdurer, même si la BCE a fait ce qu’il fallait au bon moment», juge Eric Chaney, analyste chez Morgan Stanley Dean Witter. Mais ses effets, notamment psychologiques, «ne doivent pas être sous-estimés», souligne Emmanuel Ferry de la BNP. La réduction de taux est susceptible d’encourager les ménages à moins épargner et donc acheter davantage de biens, et les industriels à se décider à investir, le tout créant un terrain favorable à la croissance. Si ce scénario se concrétise, alors l’euro pourra s’apprécier face au dollar au fur et à mesure que l’économie gagnera en dynamisme, soulignent les experts. La BCE se retrouve aussi en position de force face aux responsables politiques, qui lui réclamaient une baisse de taux pour stimuler la croissance et l’emploi. Le plus véhément d’entre eux, l’ancien ministre des Finances Oskar Lafontaine, a démissionné de ses fonctions début mars. «La BCE peut affirmer maintenant de plein droit» qu’elle a fait son devoir pour aider l’économie, note l’éditorialiste du quotidien financier Boersen-Zeitung. «Elle gagne ainsi un potentiel de pression sur les pouvoirs politiques (...) Aucun responsable gouvernemental ne pourra plus désormais esquiver les décisions qu’il doit prendre ou rejeter son propre échec» sur le dos de la politique monétaire, argumente-t-il. M. Duisenberg a aussi émis le vœu que la baisse de taux décidée incite les gouvernements des pays membres de la zone euro à poursuivre leurs politiques de réformes structurelles, en particulier sur le marché du travail.
Le relâchement des conditions de crédit dans la zone euro, décidé par la Banque centrale européenne, va donner un peu d’air à une économie morose et permettre à la BCE d’accentuer sa pression sur les gouvernements. Alors qu’elle règne depuis un peu moins de cent jours sur les destinées monétaires de la zone euro, la BCE a réussi à surprendre. Une réduction du principal taux directeur à court terme, le taux de refinancement ou Refi, était certes attendue jeudi, mais pas de cette ampleur. C’est à ce taux que les banques commerciales vont emprunter auprès de la BCE pour se procurer la plus grosse part des liquidités dont elles ont besoin à court terme. Le desserrement de la vanne du crédit ne fera pas de miracle pour une économie de l’espace euro en phase de ralentissement, affectée par un essoufflement...