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Actualités - Chronologie

Trois scénarios possibles : la partition, l'autonomie et l'indépendance

Au lendemain du rejet par l’Otan du «cessez-le-feu unilatéral» décrété par Slobodan Milosevic, les stratèges constatent que l’accord de Rambouillet octroyant l’autonomie au Kosovo est moribond. Les deux autres solutions politiques – indépendance ou partition – font figure de pis-aller. «Il n’y a guère que trois issues envisageables: l’application de l’accord de Rambouillet, la partition ou l’indépendance. La première est la meilleure des trois, mais c’est aussi la moins probable. La partition est peut-être la plus logique, mais c’est aussi, politiquement, la plus difficilement acceptable. Reste la création d’une nouvelle République indépendante, envisagée avec la plus extrême réticence», résume John Chipman, directeur de l’Institut international d’études stratégiques (IISS). «L’accord de Rambouillet a été jeté par la fenêtre le jour où la première bombe de l’Otan a explosé», confirme Jonathan Eyal, directeur de l’institut indépendant Rusi. En rejetant la «fausse-paix de Milosevic», l’Otan a elle-même laissé entrevoir la nécessité d’aménagements considérables, affirmant que tout règlement se ferait «sur la base» des propositions de Rambouillet. Outre une autonomie substantielle, l’accord stipulait le retrait graduel sous deux ans maximum de la police spéciale et de l’armée serbe, à l’exception de 1 500 gardes frontaliers. Refusé fin février par Belgrade, le compromis avait été accepté du bout des lèvres par les Albanais du Kosovo qui représentaient alors 90% des deux millions d’habitants. Quinze jours de «nettoyage ethnique» par les Serbes ont poussé vers l’Albanie, le Monténégro et la Macédoine 500 000 d’entre eux et en auraient «déplacé» un nombre équivalent. L’ensemble des experts voient mal comment les réfugiés systématiquement dépouillés de leurs papiers d’identité, pourraient être convaincus de regagner leurs foyers, au demeurant souvent détruits. A moins que Milosevic accepte une évacuation préalable des forces serbes. Ils soulignent que Slobodan Milosevic n’a toujours pas donné son feu vert au déploiement d’une force d’interposition internationale dans ce qui deviendrait une sorte de protectorat à l’image de celui offert aux Kurdes dans le nord de l’Irak. Déploiement militaire Pour être crédible face à celui que la Maison-Blanche, le 10 Downing Street et l’Otan ont contribué à diaboliser, cette force devrait être «considérable». «Or les Européens, à l’instar des Américains, envisagent avec d’extrêmes réticences le maintien au Kosovo de dizaines de milliers de soldats pour des années voire des décennies», relève Andrew Brookes (IISS). Les stratèges notent que le front uni des Albanais, péniblement constitué à Rambouillet, a probablement volé en éclat, avec une radicalisation des plus modérés. L’indépendance? «La création d’un nouvel Etat impliquerait la fourniture d’armements à l’UCK» que l’accord de Rambouillet se proposait de démilitariser, objecte John Chipman. Elle réveillerait les craintes de l’émergence d’une grande Albanie musulmane au cœur des Balkans. Une perspective dont s’est inquiété Israël. La solution risque aussi de réveiller les appétits indépendantistes dans la région. Surtout, elle suppose une victoire sur l’armée yougoslave qui, selon les experts militaires, exige un déploiement de troupes au sol là où l’Otan affirme vouloir s’en tenir à une guerre aérienne. La partition? «Elle est logique, mais implique la reconnaissance du fait accompli de l’épuration ethnique», convient John Chipman. Elle maintiendrait dans le giron de la Yougoslavie la partie du Kosovo «politiquement, psychologiquement et économiquement la plus importante» aux yeux de Milosevic. «Il est en train de facto de préparer militairement la partition de la région», renchérit Jonathan Eyal. Les Etats-Unis et leurs alliés, qui doivent réexaminer leurs options diplomatiques et militaires, «pourraient bien être contraints à l’accepter», reconnaît Paul Beaver (Jane’s). Le nord et l’ouest – avec son complexe industriel, les mines de plomb, zinc, nickel, lignite, et les principaux monastères orthodoxes – sont considérés comme «le berceau historique des Serbes». «Cela a marché en Bosnie, pourquoi pas dans ce cas-ci?» dit-il en référence à l’épuration ethnique en Croatie en 1991 et en Bosnie en 1992-95.
Au lendemain du rejet par l’Otan du «cessez-le-feu unilatéral» décrété par Slobodan Milosevic, les stratèges constatent que l’accord de Rambouillet octroyant l’autonomie au Kosovo est moribond. Les deux autres solutions politiques – indépendance ou partition – font figure de pis-aller. «Il n’y a guère que trois issues envisageables: l’application de l’accord de Rambouillet, la partition ou l’indépendance. La première est la meilleure des trois, mais c’est aussi la moins probable. La partition est peut-être la plus logique, mais c’est aussi, politiquement, la plus difficilement acceptable. Reste la création d’une nouvelle République indépendante, envisagée avec la plus extrême réticence», résume John Chipman, directeur de l’Institut international d’études stratégiques (IISS)....