Les pressions qui s’étaient exercées la veille sur la livre libanaise se sont plus ou moins relâchées hier à Beyrouth, après la contraction de la demande du dollar, dont l’offre est restée généralement peu étoffée. Grâce à l’action de la Banque du Liban (BDL), qui a maintenu ses deux taux d’intervention à l’achat et à la vente du billet vert entre 1 502,00 et 1 514,00 LL, celui-ci est parvenu à achever la journée au taux moyen indicatif de 1 508,00 LL, comme depuis la mi-décembre dernier. Toutefois, les établissements de crédit ont continué de négocier le dollar tout près du haut de la fourchette d’intervention de la BDL quoique à des cours légèrement inférieurs à ce niveau en fin de journée, soit entre 1 512,50 et 1 513,50 LL, après un départ entre 1 513,00 et 1 515,00 LL, ont indiqué les cambistes de la place. Selon ces mêmes milieux, le volume d’affaires de la journée s’est un peu contracté pour ne pas dépasser quelque neuf millions de dollars, partiellement vendus par la BDL à 1 514,00 LL. Irrégularité du dollar à l’étranger À l’étranger, le dollar a éprouvé beaucoup de difficultés hier pour s’orienter dans une direction précise, évoluant au gré du développement de la situation dans les Balkans. Il a été tiré à la baisse face à l’euro après l’annonce par la Yougoslavie d’un cessez-le-feu unilatéral au Kosovo, puis à la hausse à la suite du rejet de cette proposition par l’Otan pour renouer de nouveau avec la baisse sur l’annonce par le président de Chypre par intérim, Spyros Kyprianou, que le président yougoslave Milosevic aurait proposé de remettre les trois soldats américains pris en otages par les serbes aux autorités chypriotes-grecques. Mais après que le président Clinton eût réitéré les conditions de l’Otan pour un arrêt des bombardements contre la Yougoslavie, affirmant la détermination de Washington et ses alliés à poursuivre leur stratégie jusqu’à ce que les objectifs de l’Alliance soient atteints, le marché du dollar devait être frappé d’hésitation à New York. Face au sterling, les opérateurs ont été aussi moins unanimes à pousser le dollar vers le haut, après qu’une nouvelle enquête de conjoncture britannique eût réduit la probabilité d’une baisse des taux d’intérêt par la Banque d’Angleterre aujourd’hui à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire. À cet égard, le marché a été très sensibilisé hier par l’annonce que la confiance des patrons britanniques du secteur des services s’est nettement redressée, confirmant le ton plus optimiste des dernières études de conjoncture au Royaume-Uni qui pourraient prendre le dessus contre les autres indicateurs militant en faveur d’un nouvel assouplissement de la politique monétaire britannique. Dans ce contexte, le dollar s’est négocié hier, à New York, sans tendance déterminée comme suit : – 1,0775 pour un euro contre 1,0850, la veille – 1,5950 pour un sterling contre 1,5910 – 1,8155 DM contre 1,8030 – 6,0890 FF contre 6,0460 – 1,4810 FS contre 1,4730 – 1 797,50 lires contre 1 785,70 – 121,30 yens contre 120,60. Bourse de Beyrouth : marché toujours faible Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est ressentie hier de la baisse des actions B de Solidere de 8,00 à 7 3/8 dollars dans une proportion plus grande que la hausse des actions A de la même société de 7 3/8 à 7 3/4 dollars, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a abandonné hier 0,28 % à 79,77 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 189,98 points, comme la veille. Toutefois, le volume d’affaires de la journée d’hier est resté très mince avec seulement 34 312 actions échangées d’une valeur globale de 189 196 dollars. Wall Street : marché haussier mais hésitant Sur les autres grandes places, Wall Street a rencontré hier des difficultés à s’établir fermement au-delà du seuil psychologique des 10 000 points qu’elle avait cassé à la baisse la veille après s’être installée au-dessus de ce niveau lundi. L’avertissement lancé par Gillette, leader mondial des produits de rasage, sur ses résultats au premier trimestre 1999, et l’annonce par General Motors (GM) N°1 de l’automobile américaine et mondial, que ses ventes aux États-Unis avaient reculé de 2,2 % le mois dernier par rapport à mars 1998, ont semé un peu de doute sur les résultats trimestriels des autres grandes sociétés américaines qui devront être publiés la semaine prochaine. Mais après que GM eût fait savoir qu’elle aurait enregistré une hausse de 5,9 % des ventes au premier trimestre 1999 par rapport à la période correspondante de 1998, le moral du marché s’est un peu amélioré. Cela d’autant que des nouvelles de fusions et d’acquisitions entre des grandes entreprises ne cessent de nourrir la hausse de certains titres, à un moment où les résultats trimestriels de Yahoo, qui doivent être publiés après la clôture, nourrissaient quelques courants spéculatifs à la hausse des valeurs de la haute technologie. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles a dû fluctuer hier entre un plus bas à 9 955,16 points et un plus haut à 10 095,87 points avant d’afficher en préclôture 10 023,99 points, en hausse de 60,50 points sur la veille. Paris : au plus haut de l’année Encouragée notamment par la grande fermeté de Wall Street, la Bourse de Paris a terminé la séance de mercredi à son plus haut niveau de l’année 1999 pour se rapprocher à grands pas de son record historique datant de juillet dernier. Après une ouverture quasi inchangée (-0,01 %), l’indice CAC 40 avait atteint en cours de séance 4 351,80 points (+1,11 %) avant de terminer à 4 318,04 points en hausse de 0,32 %. Londres : nouveau record La Bourse de Londres a battu de nouveaux records mercredi, pour la deuxième journée consécutive, soutenue par la bonne performance des marchés asiatiques et par l’espoir d’une baisse des taux britanniques alors même que les signes de reprise de l’activité se multiplient. L’indice Footsie des cent principales valeurs a terminé la séance en hausse de 57,9 points, soit 0,90 %, à 6 473,2 points, nouveau record de clôture, effaçant celui de la veille. L’indice avait inscrit dans la matinée un nouveau record en séance à 6 495,7 points, améliorant de plus de cinquante points le record inscrit également mardi. La progression des marchés asiatiques, en particulier la hausse de 5 % de la Bourse de Hong Kong, a orienté la tendance à la hausse dès l’ouverture tandis que le sentiment positif du marché sur plusieurs valeurs vedettes permettait de maintenir les gains.L’indice d’activité des directeurs d’achat du secteur des services s’est ainsi nettement repris et a repassé la barre des 50 points qui signale une situation d’expansion. Il s’établi au plus haut depuis juin 1998. Francfort : léger mieux La Bourse de Francfort a gagné 0,10 % mercredi, soutenue par les gains de Wall Street à l’ouverture, l’espoir d’une fin prochaine de la guerre au Kosovo et les attentes d’une baisse de taux de la BCE ce jeudi, mais dans des volumes de transactions très minces. «La proposition d’un cessez-le-feu unilatéral des Serbes et la possible libération des trois soldats américains faits prisonniers, ce sont pour moi des signes que Belgrade cède peu à peu», a estimé un courtier, ajoutant : «Cela fait du bien au marché». La hausse de Wall Street à l’ouverture a aussi contribué à la hausse du X-DAX, ont indiqué les courtiers. Zurich : en hausse de 0,65 % La Bourse suisse a progressé de 0,65 % mercredi, l’indice Swiss Market Index (SMI) des valeurs vedettes prenant 46,8 points à la clôture à 7 216,8 points, contre 7 170,0 pts mardi dernier. «Le marché a continué sur la lancée des derniers jours», a commenté Frédéric Bersier, gestionnaire de portefeuilles institutionnels à la banque Sarasin, relevant que les volumes avaient été «un peu plus étoffés» que la semaine précédente. «Le SMI est passé dans le haut de sa fourchette de fluctuation de 6 950 à 7 300 points», a-t-il noté. Tokyo : confirmation de la reprise La Bourse de Tokyo a poursuivi mercredi sa marche en avant, terminant sur un gain de 0,5 % qui l’a amenée à ses plus hauts niveaux de l’année, grâce notamment aux achats effectués par des investisseurs étrangers, a-t-on appris de sources de marché. L’indice Nikkei 225 a progressé de 74,79 points pour finir à 16 554,50 pts, terminant au-dessus du niveau des 16 500 points pour la première fois depuis le 21 juillet dernier.
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