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Actualités - Chronologie

Le cap du troisième millénaire La mode est-elle viable ? (photos)

Franchir le cap du siècle est un redoutable défi pour les créateurs et les professionnels de la mode. C’est la même épreuve que celle à laquelle sont confrontées les femmes au terme de leur jeunesse: se renouveler, renaître, en fait, en exploitant au mieux tous les acquis et l’expérience de leur passé. En ce moment, tous les milieux concernés par le vêtement se concertent fébrilement se posant des questions fatidiques: de quoi seront faits les habits du XXIe siècle? Quels textiles, quelles matières, quelles formes seront privilégiés à cette époque dont on ne connaît rien encore? Esprit androgyne ou mode confort extrême. Créaction échevelée ou rigueur minimaliste? Que doivent prévoir les stylistes pour les premières saisons du troisième millénaire? «Il y a bien longtemps que la mode n’est pas dictée par une poignée de couturiers de la haute couture», remarque un journaliste consultant auprès des bureaux de style. «La mode “vraie” est celle portée au quotidien». Comme disait Coco Chanel: «Il n’y a pas de mode si elle ne descend pas dans la rue». Il arrive fréquemment que des marques renommées récupèrent – en le revisitant à peine – les vêtements aperçus en circulation dans les rues des villes. Les créateurs travaillent sur le décoratif et très peu sur le vêtement lui-même. Bon nombre d’entre eux sont engagés dans une démarche du XIXe siècle, habillant une femme qui n’existe pas». Ce que Dominique Cuvillier, le journaliste en question dont les propos sont rapportés par l’AFP, veut dire, c’est que la fonction du vêtement consiste à se faire oublier, ce qui indique sa fonction première: assurer un confort total. Selon lui, l’avenir pointe du côté de la création dans le créneau du sport et ceux qui habillent les adolescents. «C’est le consommateur, en fait, qui mène la danse. Infidèle aux marques, il est son propre styliste», estime-t-il, en prévoyant la disparition «corps et âme» de la haute couture dont le seul avenir, toujours selon lui, se limitera «à l’exceptionnel»: la création de «déguisements» à l’occasion d’événements ponctuels; cérémonies, grands bals, mariages etc. Des fibres innovatrices L’avenir de la mode est dépendant sans conteste de l’évolution du textile. Plus tard, les vêtements, paraît-il, se feront totalement oublier. Les nouvelles fibres sont des ultramicrofibres grâce à des inventions japonaises (0,4 microns au lieu des 2,4 actuels). Ces nouvelles fibres arachnéennes permettent la création de matières qui règlent définitivement le problème des vêtements «saisonniers». Les tissus deviendront automatiquement thermorégulateurs, stockant ou restituant la chaleur selon les besoins. La technique régulatrice pourra être au point vers 2005-2010, ce qui permettra l’usage des vêtements tout au long de l’année, sonnant le glas pour les salons, les collections, les modifications et le tapage bisannuel qui alimentent le folklore de la mode. Mais Didier Grumbach, président de la Chambre syndicale de la couture française, se place tout à fait à l’opposé de cette sombre vision. Pour lui, mode de professionnels et mode de la rue sont intimement reliées l’une à l’autre. La mode-création reflète la société qui, à son tour, est traduite par celle qui descend dans la rue. «Le créateur est, par moment, ce visionnaire qui devine et prévoit ce à quoi aspire la foule qui le portera par la suite au quotidien, dans la rue...
Franchir le cap du siècle est un redoutable défi pour les créateurs et les professionnels de la mode. C’est la même épreuve que celle à laquelle sont confrontées les femmes au terme de leur jeunesse: se renouveler, renaître, en fait, en exploitant au mieux tous les acquis et l’expérience de leur passé. En ce moment, tous les milieux concernés par le vêtement se concertent fébrilement se posant des questions fatidiques: de quoi seront faits les habits du XXIe siècle? Quels textiles, quelles matières, quelles formes seront privilégiés à cette époque dont on ne connaît rien encore? Esprit androgyne ou mode confort extrême. Créaction échevelée ou rigueur minimaliste? Que doivent prévoir les stylistes pour les premières saisons du troisième millénaire? «Il y a bien longtemps que la mode n’est pas dictée par...