Les tailleurs et les couturières ne sont plus les seuls à en faire usage. L’objet est, en ce moment, tombé dans le langage courant, tant et si bien que pour pouvoir suivre le mouvement, il faut que vous aussi sachiez le véritable usage que l’on peut faire des ciseaux. La malformation a atteint de telles proportions que l’autre jour, dans une grande surface, la vendeuse à qui j’ai demandé où je pouvais trouver des ciseaux m’a répondu :«Vous faites partie de la censure ?». Autrement dit : pas de censure, pas de ciseaux ! Je suis ressorti bredouille. Tout ceci pour vous confier que si j’avais des ciseaux – à mon époque on chantait Si j’avais un marteau, avec Trini Lopez – j’en aurais fait des ravages à la télévision. Pour commencer, j’aurais coupé la frange de la perruque de Roula : elle est tellement piquante que c’en est indécent. Je raserais de près Fadi car il y a dans les quelques poils artificiellement alignés de sa barbichette quelque chose de malsain. Je dépouillerais Maguy de ses signes extérieurs de richesse – je parle de ses bijoux. Les rondeurs superflues de Marcel sentent la provocation pour tous ceux qui font des régimes amaigrissants : ôtez-moi donc ces kilos que je ne saurais voir ! Et que dire de Hayfa qui tous les matins met la moitié de la population masculine du pays, non pas en forme, mais en émoi ? Et je parle pas de tous ceux qui confondent mauvais goût et vulgarité et qui, se croyant très intelligents, ne font la preuve à l’antenne que de leur bêtise. La télévision l’a échappé belle : si j’étais, non pas le marteau de Trini Lopez, mais Dame Anasthasie, j’en aurais fait des ravages : avec ou sans ciseaux ! P.S. Coupe franche, film de Jean-Pierre Sauvé avec Serge Reggiani, Guy Marchand.
Les tailleurs et les couturières ne sont plus les seuls à en faire usage. L’objet est, en ce moment, tombé dans le langage courant, tant et si bien que pour pouvoir suivre le mouvement, il faut que vous aussi sachiez le véritable usage que l’on peut faire des ciseaux. La malformation a atteint de telles proportions que l’autre jour, dans une grande surface, la vendeuse à qui j’ai demandé où je pouvais trouver des ciseaux m’a répondu :«Vous faites partie de la censure ?». Autrement dit : pas de censure, pas de ciseaux ! Je suis ressorti bredouille. Tout ceci pour vous confier que si j’avais des ciseaux – à mon époque on chantait Si j’avais un marteau, avec Trini Lopez – j’en aurais fait des ravages à la télévision. Pour commencer, j’aurais coupé la frange de la perruque de Roula : elle est tellement...
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