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Actualités - Chronologie

Enfants traumatisés : témoignages choc de Médecins du monde (photo)

Enfants traumatisés, réfugiés massés dans des wagons ou vivant au milieu des vaches : deux membres de Médecins du monde, l’une des seules organisations non gouvernementales (ONG) encore en Tchétchénie, ont témoigné hier sur la situation des victimes de la guerre dans ce pays meurtri pour la deuxième fois en cinq ans. Laoura est une petite Tchétchène de neuf ans. Elle adore dessiner mais depuis des mois, elle peint toujours les mêmes choses : des avions qui bombardent, des maisons qui brûlent, du sang qui coule. Réfugiée dans un camp de Tchétchénie, elle est suivie avec d’autres enfants de 6 à 12 ans par des psychologues et des ergothérapeutes envoyés par l’organisation française. «Ce sont des enfants polytraumatisés qui ont souvent vécu la première guerre de 1994-96, raconte Khapta Akhmedova, psychologue à Médecins du monde (MDM). En règle générale, leurs dessins ou leurs jeux se répètent sans arrêt et ne sont jamais terminés. Ils s’arrêtent au moment le plus douloureux pour l’enfant. C’est à nous de les aider à trouver une fin positive». Deux symptômes reviennent le plus souvent. Tout d’abord, l’hyperasthénie, avec des enfants agressifs, hyperactifs, irritables, et des troubles de la mémoire et de la concentration. Moins nombreux sont en revanche les hypoasthéniques: renfermés, tristes, apathiques, qui jouent toujours tout seuls. Tous les enfants partagent par ailleurs les mêmes cauchemars, insomnies, réveils en hurlant ou troubles dermatologiques, assure Mme Akhmedova. Le travail du personnel médical n’est pas simple. Entre les séances interrompues par des bombardements et des tirs d’obus, il faut trouver les mots pour rassurer les enfants. «C’est très difficile de leur expliquer pourquoi les avions bombardent, pourquoi ils veulent les tuer», témoigne la psychologue. Enfants experts en aviation Les enfants sont d’ailleurs devenus des experts en aviation, alors même que l’armée tchétchène n’a pas d’avions. Au moindre ronflement de moteur, ils savent reconnaître un avion-espion d’un appareil de transport ou d’un autre de combat. «On essaie quand même de diriger leur agressivité vers le gouvernement russe plutôt que vers la nation russe», souligne Mme Akhmedova. Les médecins doivent aussi faire attention au comportement des parents, que les enfants imitent facilement. «Ce sont souvent des gens complètement démunis, a expliqué le Dr Kuri Idrissov, psychiatre à Médecins du monde. Leurs maisons ont été détruites. Ils n’ont plus de vêtements, plus d’affaires personnelles». En Tchétchénie – où MDM intervient dans six camps abritant selon eux 2 650 déplacés – comme dans la République voisine d’Ingouchie (quatre camps, 25 000 réfugiés), les Tchétchènes se retrouvent à 40 par tente ou à 50 par wagon. «Ils vivent au milieu des vaches, dans la saleté, et sans aucune intimité alors que ce peuple est habitué à la non mixité», déplore le Dr Idrissov. «La haut-commissaire de l’Onu pour les réfugiés, Mme Sadako Ogata, se refuse à parler d’une “catastrophe humanitaire”. C’est pour moi une déclaration politique, assure-t-il. La situation des réfugiés ne change pas selon une appellation».
Enfants traumatisés, réfugiés massés dans des wagons ou vivant au milieu des vaches : deux membres de Médecins du monde, l’une des seules organisations non gouvernementales (ONG) encore en Tchétchénie, ont témoigné hier sur la situation des victimes de la guerre dans ce pays meurtri pour la deuxième fois en cinq ans. Laoura est une petite Tchétchène de neuf ans. Elle adore dessiner mais depuis des mois, elle peint toujours les mêmes choses : des avions qui bombardent, des maisons qui brûlent, du sang qui coule. Réfugiée dans un camp de Tchétchénie, elle est suivie avec d’autres enfants de 6 à 12 ans par des psychologues et des ergothérapeutes envoyés par l’organisation française. «Ce sont des enfants polytraumatisés qui ont souvent vécu la première guerre de 1994-96, raconte Khapta Akhmedova, psychologue...