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Actualités - Chronologie

Boeuf britannique : brouille Blair-Jospin, les autres refusent de s'en mêler

Le Britannique Tony Blair a ostensiblement boudé son homologue français Lionel Jospin hier au sommet d’Helsinki, après la décision de Paris de maintenir l’embargo sur le bœuf britannique, mais leurs partenaires se sont bien gardés de se mêler de la dispute. «C’est un problème bilatéral, pas une affaire européenne», a insisté le Premier ministre finlandais Paavo Lipponen, président en exercice de l’Union européenne. «Il s’agit d’une affaire entre la France, la Grande-Bretagne et la Commission européenne», a renchéri un diplomate européen. Le chef de l’État français Jacques Chirac a justifié hier la décision française à l’issue d’un petit déjeuner de travail avec le chancelier allemand Gerhard Schröder, en estimant que Paris se devait de privilégier le principe de précaution. L’Allemagne a elle aussi maintenu jusqu’à présent l’embargo sur le bœuf britannique. Gerhard Schröder s’est pourtant gardé d’approuver publiquement la position française : «J’espère qu’on va bientôt trouver une solution», a-t-il simplement commenté. Tony Blair et Lionel Jospin ont évoqué l’affaire «durant quelques minutes» hier matin en marge du sommet. Mais ils n’avaient visiblement plus grand chose à se dire. «M. Blair a souligné que les Français avaient tort, et cela a été tout», a déclaré le porte-parole du Premier ministre britannique. «La voie du dialogue et de la persuasion est désormais fermée et c’est aux tribunaux de se prononcer», a-t-il ajouté. Le porte-parole de Lionel Jospin s’est borné à confirmer l’aparté, sans commentaire. Il a simplement souligné que la délégation britannique lui avait remis hier matin une revue de la presse britannique, extrêmement critique à l’encontre de la France et de Tony Blair. Les deux hommes ont participé jeudi soir au dîner des dirigeants socialistes organisé dans la capitale finlandaise, où ils se sont soigneusement évités tandis qu’on servait aux convives du canard en guise de plat de résistance. Ni l’un ni l’autre n’a pris la parole et Tony Blair, visage fermé, a quitté la salle avant la traditionnelle photo de famille. La bouderie s’est poursuivie hier, au premier jour du sommet. Les deux dirigeants n’ont pu éviter de figurer sur la photographie officielle, mais les images de la mise en place ont montré Lionel Jospin à la recherche de sa place, passant à deux reprises devant Tony Blair, qui s’appliquait à ne pas le regarder. La dispute entre les deux hommes n’a toutefois eu aucune conséquence sur les décisions des Quinze. Ceux-ci ont ainsi approuvé hier matin l’ouverture des négociations avec six nouveaux candidats et accepté de donner le statut de pays candidat à la Turquie. Ils se sont prononcés après le déjeuner sur la création d’une force d’action rapide de 50 000 hommes permettant à l’Union européenne de devenir une puissance militaire régionale, un dossier que Londres et Paris ne comptaient pas compliquer avec la question de la vache folle.
Le Britannique Tony Blair a ostensiblement boudé son homologue français Lionel Jospin hier au sommet d’Helsinki, après la décision de Paris de maintenir l’embargo sur le bœuf britannique, mais leurs partenaires se sont bien gardés de se mêler de la dispute. «C’est un problème bilatéral, pas une affaire européenne», a insisté le Premier ministre finlandais Paavo Lipponen, président en exercice de l’Union européenne. «Il s’agit d’une affaire entre la France, la Grande-Bretagne et la Commission européenne», a renchéri un diplomate européen. Le chef de l’État français Jacques Chirac a justifié hier la décision française à l’issue d’un petit déjeuner de travail avec le chancelier allemand Gerhard Schröder, en estimant que Paris se devait de privilégier le principe de précaution. L’Allemagne a...