«Les laïcs peuvent de surcroît être appelés de diverses manières à apporter une collaboration plus immédiate à l’apostolat de la hiérarchie, à la manière de ces hommes et de ces femmes qui secondaient l’apôtre Paul dans la proclamation de l’Évangile et qui peinaient avec lui pour le Seigneur»... (Jean-Paul II, Exhortation apostolique postsynodale, Christifideles laici II-42 : AAS 81(1989). C’est très exactement ce postulat, repris intégralement dans l’Exhortation apostolique postsynodale Une Espérance nouvelle pour le Liban qu’exécutait à la lettre feu Mgr Habib Bacha dans sa quête quotidienne et inlassable pour le bien-être de son éparchie. En effet, c’est bien avant le 8 octobre 1990, date officielle de la publication du code des canons des Églises orientales qui stipule dans son article 408 que «les laïcs ayant la science, l’expérience et l’honnêteté requises, sont aptes à être entendus par les autorités ecclésiastiques, soit en tant qu’experts ou conseillers, soit en tant que membres dans différents conseils ou comités auprès des paroisses, des éparchies ou des patriarcats», que le métropolite Habib Bacha avait appelé les laïcs de son éparchie pour cette collaboration, «plus immédiate», aux affaires de l’Église. Ainsi et dès le début de son mandat en 1975, il a instauré et écouté le comité financier, appelé plus tard dans le code des canons des Églises orientales le comité des affaires économiques (art 263), et qui avait pour mission la mise en place du budget ainsi que le suivi de la politique financière générale de l’archevêché. De même a-t-il mis sur pied et consulté le Conseil général de l’archevêché de Beyrouth et Jbeil et autres dépendances, appelé plus tard dans le même code des Églises orientales Conseil pastoral, formé conformément au texte par des laïcs (art 263). Dans le même ordre d’idées, il a présidé le Conseil apostolique des laïcs et instauré plusieurs autres comités caritatifs et consultatifs ainsi que d’autres institutions audiovisuelles et médiatiques. Mais plus que tout cela, c’est surtout l’esprit et les subtilités du Concile œcuménique de Vatican II ainsi que les dogmes théologiques de l’Église catholique qu’a voulu appliquer feu Mgr Habib Bacha, car il a très tôt compris la mission de rassemblement et d’unité que se devait d’entreprendre tout bon pasteur en prenant en charge l’application de cette «Scientia Civilis (saint Thomas d’Aquin, Somme théologique, I – II p.92) qui permet d’unir entre eux les hommes par les liens de l’amitié, avec le souci de construire ensemble une communauté de destin et d’intérêt, dont la vocation est le bien des personnes et le service de la vérité, et de donner à chaque citoyen l’amour de sa patrie». Ainsi, se reprenait-il à répéter que l’Église était formée de 98 % de laïcs et de 2 % d’ecclésiastiques, dans une tentative continue de dissoudre ce barrage psychologique qui a tendance à séparer toute autorité de ses citoyens, et il était évident pour lui que les fidèles de son éparchie avaient le droit de jouir des meilleures conditions pour leur épanouissement , leur tranquillité et leurs droits, et le meilleur moyen de réaliser un tel projet était d’alimenter la fraternité entre tous par la participation du plus grand nombre aux diagnostics, et par la suite, à l’administration des remèdes. C’est pour cela qu’il entre dans la lignée des grands de l’Église melkite, qui ont su communier et communiquer avec leurs fidèles pour le bien-être commun, à l’instar du patriarche Maximos V Hakim qui a créé le Conseil supérieur de la communauté grecque-catholique, spécimen progressiste en son genre et qui réunit en son sein ecclésiastiques et laïcs dans une quête commune pour un projet national. Puisse son exemple être suivi par le plus grand nombre de pasteurs afin que soit exaucé le vœu de Sa Sainteté le pape Jean-Paul II de voir des fidèles laïcs s’engager plus directement dans la recherche intellectuelle et dans l’étude pour que se développe une véritable culture chrétienne dans le monde arabe avec le soutien des pasteurs. Avocat, secrétaire du Conseil général de l’archevêché de Beyrouth et Jbeil et autres dépendances.
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