Le nettoyage ethnique pratiqué par les Serbes au Kosovo est comparable à celui des Khmers rouges au Cambodge dans les années 1970, a estimé mardi l’Otan, qui parle d’un «plan prémédité» dont la mise en œuvre n’a rien à voir avec le déclenchement des bombardements alliés. «Le nettoyage ethnique serbe a atteint de nouveaux sommets», a déclaré le général d’aviation David Wilby lors de la conférence de presse quotidienne de l’Alliance atlantique à Bruxelles. L’officier britannique a évoqué des informations «non confirmées de source indépendante» selon lesquelles «un grand nombre de réfugiés avaient été attaqués» par l’armée yougoslave alors qu’ils tentaient de fuir la répression serbe au Kosovo. À ses côtés, Jamie Shea, le porte-parole de l’Otan, n’hésitait pas à utiliser une comparaison historique lourde. «Si ces informations sont confirmées, c’est quelque chose que l’on n’a plus vu depuis l’évacuation de Pnom-Penh dans les années 1970», a-t-il souligné. Toutes les informations dont disposent les Alliés, qui sont entrés mardi dans leur sixième jour de bombardements aériens contre des cibles yougoslaves, vont dans le même sens, a-t-il expliqué devant des centaines de journalistes. Les femmes et les enfants sont séparés des hommes et emmenés par bus pour être expulsés de leurs maisons. Les villages sont ensuite pillés et «systématiquement brûlés», a annoncé l’Otan, qui a montré mardi des photos de localités en feu près de Dobri Do et Brestovac, où les Serbes ont concentré de nombreux soldats. «Cette destruction s’étend à toutes les villes», a ajouté Jamie Shea, selon lequel Pec, cité de 150 000 habitants, est «pratiquement vide» maintenant. Depuis le début de l’offensive alliée, 118 000 personnes ont été chassées de leurs maisons au Kosovo et ce chiffre pourrait atteindre 150 000 dans quelques heures, dont 22 500 ont pris le chemin de la Macédoine et 42 000 celui du Monténégro. Si l’on comptabilise tous les Kosovars contraints à l’exil depuis l’année dernière, on atteint le chiffre de 570 000, soit plus de 30 % de la population albanophone, a-t-il estimé. «Cette action n’est pas improvisée», a-t-il poursuivi en accusant le président yougoslave Slobodan Milosevic de vouloir «purifier» le Kosovo et de chercher à déstabiliser les pays voisins en chassant vers eux des réfugiés par milliers. L’Otan refuse donc d’être considérée comme responsable de la répression au Kosovo en raison de ses bombardements, même si «personne ne pouvait prévoir que ce serait aussi terrible». «Mais il y a maintenant une grande différence», a estimé Jamie Shea. «Avant, il pouvait le faire en toute impunité, maintenant il en paie le prix».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le nettoyage ethnique pratiqué par les Serbes au Kosovo est comparable à celui des Khmers rouges au Cambodge dans les années 1970, a estimé mardi l’Otan, qui parle d’un «plan prémédité» dont la mise en œuvre n’a rien à voir avec le déclenchement des bombardements alliés. «Le nettoyage ethnique serbe a atteint de nouveaux sommets», a déclaré le général d’aviation David Wilby lors de la conférence de presse quotidienne de l’Alliance atlantique à Bruxelles. L’officier britannique a évoqué des informations «non confirmées de source indépendante» selon lesquelles «un grand nombre de réfugiés avaient été attaqués» par l’armée yougoslave alors qu’ils tentaient de fuir la répression serbe au Kosovo. À ses côtés, Jamie Shea, le porte-parole de l’Otan, n’hésitait pas à utiliser une...