Le président palestinien Yasser Arafat va tenter d’obtenir du président américain Bill Clinton, qu’il doit rencontrer mardi, son appui au droit des Palestiniens à un État, mais ne compte pas sur son soutien à une proclamation d’indépendance dès le mois de mai. Au-delà de cette question, les deux responsables parleront de l’avenir du processus de paix, entamé à l’été 1993, bloqué depuis novembre, qui aborde une phase critique à l’expiration le 4 mai des cinq années d’autonomie provisoire prévues par les accords d’Oslo. L’incertitude est encore accrue par l’approche des élections générales en Israël, le 17 mai, qui pourraient donner un coup de grâce à ce processus en cas de victoire nette de la droite nationaliste. Selon des responsables palestiniens, M. Arafat veut obtenir des Américains une reconnaissance du droit des Palestiniens à un État, en échange de quoi sa proclamation effective serait différée. Lui-même a déclaré que la date du 4 mai était «sacrée» en se réservant l’option de proclamer un État à cette date et menaçant d’une reprise de l’intifada si Israël tentait de l’en empêcher par la force. M. Arafat n’aura guère de problèmes pour convaincre la France ou d’autres pays à réaffirmer leur appui au droit des Palestiniens à un État indépendant, mais il n’en va pas de même pour Washington. «Washington pourrait faire un pas de plus en se prononçant de façon explicite en faveur d’un État palestinien», a déclaré un diplomate étranger qui a requis l’anonymat. Il a évoqué à ce sujet la formule employée par Mme Hillary Clinton, l’épouse du président, qui avait estimé en mai 1997 qu’il serait «dans l’intérêt à long terme du Proche-Orient que la Palestine soit un État». Selon lui (le diplomate), la Maison-Blanche pourrait en outre condamner la colonisation juive dans les territoires palestiniens et promettre de bloquer les propositions du Congrès en vue d’un transfert de l’ambassade américaine à Jérusalem-Ouest. Mais il a exclu que Washington approuve une proclamation d’un État le 4 mai. «Pour l’Administration, une proclamation d’indépendance constituerait un acte unilatéral en contradiction avec les accords de Wye» signés en octobre entre Israël et les Palestiniens, souligne ce diplomate . Ces accords sont quasiment restés lettre morte du fait, notamment, du refus d’Israël d’appliquer les clauses portant sur un retrait de son armée en Cisjordanie. Seule la première phase d’un retrait de 13 % du territoire a été effectuée en novembre. Netanyahu a ensuite suspendu les deux autres retraits sous la pression de l’extrême-droite au sein de son gouvernement Il a attribué les raisons du gel aux Palestiniens qui, selon lui, n’ont pas respecté leurs engagements à réprimer les mouvements anti-israéliens. Les États-Unis ont contesté ces accusations. Tous les sondages d’opinion montrent néanmoins que les Israéliens se sont résignés à la création tôt ou tard d’un État palestinien, ce qui ne signifie pas pour autant qu’ils ne réagiraient pas négativement à une proclamation unilatérale le 4 mai.
Le président palestinien Yasser Arafat va tenter d’obtenir du président américain Bill Clinton, qu’il doit rencontrer mardi, son appui au droit des Palestiniens à un État, mais ne compte pas sur son soutien à une proclamation d’indépendance dès le mois de mai. Au-delà de cette question, les deux responsables parleront de l’avenir du processus de paix, entamé à l’été 1993, bloqué depuis novembre, qui aborde une phase critique à l’expiration le 4 mai des cinq années d’autonomie provisoire prévues par les accords d’Oslo. L’incertitude est encore accrue par l’approche des élections générales en Israël, le 17 mai, qui pourraient donner un coup de grâce à ce processus en cas de victoire nette de la droite nationaliste. Selon des responsables palestiniens, M. Arafat veut obtenir des Américains une...
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