Yehudi Menuhin a, jusqu’au terme de sa vie bien remplie, conservé sa conviction de petit garçon – que la musique «peut rapprocher les hommes et les guérir». Pendant les trois derniers quarts du XXe siècle, son nom est demeuré associé au violon sur tous les continents, alors même qu’il ne se produisait plus en public comme soliste. Il est également synonyme de message de paix. Citoyen du monde, installé à Londres depuis 1959, il a été américain, puis suisse en 1970 avant de devenir sujet britannique en 1985. L’année de ses 80 ans, il avait publié La légende du violon, dont le fil conducteur était son instrument fétiche. L’histoire de cet «instrument de toutes les civilisations» était prétexte à égrener ses souvenirs, commenter ses rencontres capitales, depuis celles de ses premiers maîtres de violon en 1921, Sigmund Anker et Louis Persinger, alors que, déjà, on le considérait comme un prodige. Cette publication fut aussi l’occasion pour Menuhin de réaffirmer que «la musique, et plus particulièrement le violon, (était) le fil qui relie les cœurs et les hommes, pas seulement de façon symbolique, mais dans la réalité la plus concrète». Critique d’Israël Il reconnaissait avoir été «quelque peu naïf» et admettait que son «action ne pouvait avoir des effets bénéfiques aussi puissants que ceux qu’(il) souhaitait». «Néanmoins, avouait-il, je n’ai pas perdu l’idéalisme de mes jeunes années. Je suis convaincu que la musique peut rapprocher les hommes et les guérir et je n’ai jamais renoncé, depuis les certitudes de mon enfance, à tout entreprendre pour agir, avec les moyens qui m’étaient donnés». En 1952, après avoir découvert la civilisation indienne, il se disait convaincu que «la musique (...) modèle notre conscient et notre inconscient et instaure une harmonie de l’homme avec lui-même et des hommes entre eux». Parallèlement à sa carrière de violoniste et de chef, Menuhin multipliait les actions, prenait position sans craindre parfois de déplaire à ses amis. Il avait ainsi fortement critiqué l’attitude du gouvernement israélien lorsqu’il se montrait peu disposé à faire place aux Palestiniens. Il a créé en 1963 une école dans le Surrey (Grande-Bretagne) alliant enseignements général et musical, une fondation pour les jeunes artistes et milité de 1969 à 1975 à la présidence du Conseil international de la musique de l’Unesco, marquée par de nombreuses démarches et déclarations pour rapprocher les musiciens. Il a animé des festivals et fondé en 1956 celui de Gstaad, en Suisse, dont il avait abandonné en 1986 la présidence. Infatigable, Menuhin avait lancé, en 1991 à Bruxelles, une fondation avec un programme européen MUS-E de développement de l’art à l’école en milieu scolaire défavorisé.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Yehudi Menuhin a, jusqu’au terme de sa vie bien remplie, conservé sa conviction de petit garçon – que la musique «peut rapprocher les hommes et les guérir». Pendant les trois derniers quarts du XXe siècle, son nom est demeuré associé au violon sur tous les continents, alors même qu’il ne se produisait plus en public comme soliste. Il est également synonyme de message de paix. Citoyen du monde, installé à Londres depuis 1959, il a été américain, puis suisse en 1970 avant de devenir sujet britannique en 1985. L’année de ses 80 ans, il avait publié La légende du violon, dont le fil conducteur était son instrument fétiche. L’histoire de cet «instrument de toutes les civilisations» était prétexte à égrener ses souvenirs, commenter ses rencontres capitales, depuis celles de ses premiers maîtres...