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Actualités - Chronologie

Vins - Les parts de marché s'amenuisent Bordeaux moins prétentieux

Le vignoble bordelais, après une campagne 1997-98 euphorique marquée par une flambée des prix, songe à redevenir raisonnable pour éviter de perdre des parts de marché en France et en Europe. «Il faut être sage sur les prix» pour la nouvelle campagne, a déclaré à Paris Jean-Louis Trocard, viticulteur, président du CIVB (comité interprofessionnel des vins de Bordeaux). «Nous devons revenir à des cours raisonnables», opine Jean-Louis Roumage, président du Syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur, appellation générique qui représente 55 % du vignoble girondin (sud-ouest de la France). Les premiers contrecoups des fortes hausses de prix des deux dernières années commencent à se faire sentir. Au Royaume-Uni, pays très ouvert aux vins du Nouveau Monde, le ventes de Bordeaux ont baissé au cours des derniers mois, a reconnu M. Trocard. Le principal avertissement a été donné par la grande distribution française qui a moins référencé les vins de Bordeaux lors de ses foires d’automne et a choisi de mettre en avant des produits moins onéreux comme le Madiran, le Cahors, les Corbières ou Côtes du Rhône. Au cours de la campagne 1997-98 (achevée fin août), les prix du vrac se sont emballés dans le Bordelais. Ils sont passés de 8 500 francs le tonneau de 900 litres à 12 000 francs en fin de campagne, a indiqué le président du syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur. Pour le consommateur, la hausse s’est traduite par un relèvement de un franc à 1,50 franc du prix de la bouteille de Bordeaux générique, qui coûte 17 francs en moyenne dans les grandes surfaces, a ajouté M. Roumage. «Nous avons commencé à répercuter les hausses vers les mois de septembre, octobre», a indiqué Jean-Louis Vallet, directeur de la filière vins pour le distributeur Promodès. «La sanction du consommateur a été immédiate. On est arrivé à un seuil d’acceptabilité pour le client», a-t-il ajouté. «Les Bordelais ont commis une erreur commerciale en maltraitant une clientèle française qui leur était fidèle», a déclaré Michel-Edouard Leclerc, coprésident des Centres Leclerc. «Qu’ils profitent de la forte demande étrangère pour augmenter leurs prix à l’export c’est leur droit, mais ils ont créé un effet d’irritation chez leurs clients français traditionnels, qui se sont tournés vers d’autres vignobles», a-t-il poursuivi. «Les Bordelais commencent à comprendre que la leçon peut être amère et ils nous annoncent des prétentions plus modérées pour la nouvelle campagne», a déclaré M. Leclerc. «Nous ne souhaitons pas une chute des prix, mais nous attendons une correction», a indiqué M. Vallet. «Un prix de 8 000 francs à 9 000 francs le tonneau pourrait convenir aux distributeurs», a-t-il ajouté. Les producteurs voudraient obtenir plutôt entre 9 000 francs et 10 000 francs du tonneau, indique Jean-Louis Roumage. «Il n’est pas question de lever le pied sur la France», souligne le président du CIVB, Jean-Louis Trocard, qui rappelle que le marché français absorbe 58 % des quantités de Bordeaux produites. Soixante-dix pour cent des ventes de Bordeaux en France sont réalisées par la grande distribution, ajoute-t-il. «Nous sommes en phase de recalage des prix. Le marché dicte sa loi. La demande va se calmer et les prix vont redevenir raisonnables», considère M. Trocard, qui se dit «serein». «Bordeaux est en position de retrait mais n’est pas en crise», précise-t-il.
Le vignoble bordelais, après une campagne 1997-98 euphorique marquée par une flambée des prix, songe à redevenir raisonnable pour éviter de perdre des parts de marché en France et en Europe. «Il faut être sage sur les prix» pour la nouvelle campagne, a déclaré à Paris Jean-Louis Trocard, viticulteur, président du CIVB (comité interprofessionnel des vins de Bordeaux). «Nous devons revenir à des cours raisonnables», opine Jean-Louis Roumage, président du Syndicat des Bordeaux et Bordeaux Supérieur, appellation générique qui représente 55 % du vignoble girondin (sud-ouest de la France). Les premiers contrecoups des fortes hausses de prix des deux dernières années commencent à se faire sentir. Au Royaume-Uni, pays très ouvert aux vins du Nouveau Monde, le ventes de Bordeaux ont baissé au cours des derniers mois, a...