Le président finlandais, émissaire des Occidentaux pour le Kosovo, et les responsables américain et russe ont entamé jeudi à Moscou de nouvelles discussions, alors que Belgrade confirmait les premiers signes d’un possible assouplissement donnés mercredi soir. Les principes définis par le G8 offrent un «cadre pour parvenir à un règlement solide» du conflit au Kosovo, a déclaré hier le porte-parole du Parti socialiste (SPS) du président yougoslave Slobodan Milosevic. «Cela veut dire que les options concrètes et les principes du G8 doivent encore être détaillés. En cela, la participation directe et active de notre pays est indispensable», a toutefois ajouté le porte-parole. Les principes du G8 (Canada, Etats-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon, Italie, Russie) sont un arrêt des violences au Kosovo, le retrait de forces yougoslaves et serbes de la province, le déploiement d’une force de paix, le retour des réfugiés, des négociations pour un règlement politique du conflit, la mise en place d’une administration intérimaire et la stabilisation de la région. Mercredi, l’agence yougoslave Tanjug avait indiqué, à l’issue de la rencontre à Belgrade de Slobodan Milosevic avec l’envoyé spécial du président russe pour la Yougoslavie, Viktor Tchernomyrdine, que les deux hommes s’étaient prononcés pour un règlement politique «dans le cadre des Nations unies, avec la participation active et directe de la Yougoslavie à l’élaboration des options en partant des principes du G8». Le président américain Bill Clinton a toutefois redit hier que Belgrade devrait se plier aux conditions énoncées par l’Otan pour amener la fin de la guerre. Des points de divergence M. Tchernomyrdine a regagné Moscou, où il entamé jeudi en fin d’après-midi des pourparlers avec le président finlandais Martti Ahtisaari et le secrétaire d’État adjoint américain Strobe Talbott. Occidentaux et Russes, regroupés au sein du G8, cherchent depuis plusieurs jours à parvenir à un accord, notamment sur un texte en vue d’une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu. M. Talbott s’est montré optimiste mercredi: «Il n’y a plus réellement de différences fondamentales entre les parties». «Nous avons un accord-cadre sur les modalités de la paix et ce qui manque, c’est l’assentiment des autorités de Belgrade sur ce qui est nécessaire pour parvenir à cette paix», a-t-il affirmé. Mais de source diplomatique, si on confirmait jeudi que les directeurs politiques du G8 étaient bien parvenus mercredi en Allemagne à une première ébauche de texte, on soulignait qu’il n’y avait eu aucune «percée» significative sur les «questions clés». Le ministre russe des Affaires étrangères Igor Ivanov, confirmant lui aussi jeudi cette première ébauche de texte, a reconnu: «Il reste des points de divergence». Selon des sources diplomatiques, le point d’achoppement principal reste la composition et la structure de commandement de la force internationale qui serait déployée au Kosovo après le retrait serbe. Au sein même de l’Otan, l’Italie se démarquait également. Le chef du gouvernement italien Massimo D’Alema s’est prononcé pour «une pause dans les bombardements» sur la Yougoslavie dès la mise au point du projet de résolution, alors que les Alliés exigent en préalable un retrait vérifiable des forces serbes. Les bombardements se poursuivent En Yougoslavie, l’Otan a poursuivi ses bombardements et a reconnu jeudi avoir par erreur bombardé dans la nuit un hôpital de Belgrade, faisant quatre morts. C’est la 9e erreur que l’Alliance admet avoir commise depuis le déclenchement de ses bombardements sur la Yougoslavie le 24 mars. Le 14 avril, le bombardement de convois de réfugiés au Kosovo avait fait 75 morts, selon Belgrade. En dépit de ces erreurs, l’Otan compte poursuivre ses bombardements tant que le président Milosevic ne satisfera pas aux conditions posées. Moscou a «condamné fermement ces actions criminelles de l’aviation de l’Alliance, (...) violation brutale de la Convention de Genève», et a appelé l’Otan à «passer pour de bon aux négociations politiques». Et, selon une source informée citée par Interfax, Moscou quittera probablement le processus de négociations si l’Otan envoie des troupes terrestres au Kosovo. Le chef modéré des Albanais du Kosovo, Ibrahim Rugova, a enfin redit hier son opposition à un «cessez-le-feu unilatéral» de l’Otan, qualifiant les affirmations de Belgrade disant que les réfugiés sont libres de rentrer de «pure propagande».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président finlandais, émissaire des Occidentaux pour le Kosovo, et les responsables américain et russe ont entamé jeudi à Moscou de nouvelles discussions, alors que Belgrade confirmait les premiers signes d’un possible assouplissement donnés mercredi soir. Les principes définis par le G8 offrent un «cadre pour parvenir à un règlement solide» du conflit au Kosovo, a déclaré hier le porte-parole du Parti socialiste (SPS) du président yougoslave Slobodan Milosevic. «Cela veut dire que les options concrètes et les principes du G8 doivent encore être détaillés. En cela, la participation directe et active de notre pays est indispensable», a toutefois ajouté le porte-parole. Les principes du G8 (Canada, Etats-Unis, France, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon, Italie, Russie) sont un arrêt des violences au Kosovo, le...