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Actualités - Chronologie

Art - La liberté guidant le peuple Delacroix à Tokyo

Pour sa troisième et sans doute dernière sortie de France, «la Liberté guidant le peuple», le tableau révolutionnaire d’Eugène Delacroix, a eu droit à un accueil princier au Japon, où un million de personnes sont attendues pour l’admirer. Une bonne partie du Tout-Tokyo des arts et de la politique s’est déplacée au Musée national, en compagnie de la ministre française de la Culture Catherine Trautmann pour saluer «l’un des tableaux les plus célèbres au monde», selon l’expression de Mitsuo Abe, directeur du musée. Depuis plus d’une semaine, les médias japonais se passionnent pour les différentes étapes du voyage du grand tableau de 2,99 mètres sur 3,62 mètres, de son départ de Paris dans un Airbus Beluga, «le plus grand avion civil du monde», à son installation dans un cadre «antisismique» à Tokyo, une ville régulièrement touchée par des secousses telluriques. Le voyage, qui a coûté 100 millions de yens (746 000 euros), a été financé par l’Etat français et plusieurs mécènes. M. Abe a ainsi expliqué qu’il avait fallu «agrandir la porte principale du musée» pour faire entrer, «avec beaucoup de mal», l’imposant conteneur de 4 mètres sur 6 renfermant la précieuse toile. Image universelle La «Liberté» a été accrochée dans une vaste salle face à des gradins à trois niveaux, «afin de permettre à un maximum de personnes d’admirer le tableau sous plusieurs angles», selon M. Abe. Les organisateurs attendent de 800 000 à un million de personnes jusqu’au 21 mars. Des voyages organisés par car sont prévus de plusieurs villes de province. La «Liberté» devrait ainsi rivaliser avec La Joconde qui, dans les années 70, avait attiré à Tokyo 1,5 million de Japonais en deux mois. Absent pour cause de débat parlementaire, le Premier ministre Keizo Obuchi a visité l’exposition samedi avec Mme Trautmann. Ce succès annoncé s’explique, selon la ministre française, par «l’image universelle de la lutte pour la démocratie» que représente le tableau, peint par Delacroix pendant les Trois Glorieuses, la révolution qui fit chuter à Paris le roi Charles X en 1830. Seize millions de timbres Cette scène révolutionnaire, avec barricades, jolie femme, héros et morts, «est très célèbre au Japon, car elle figure dans la plupart des manuels scolaires», a expliqué M. Abe. Elle a également illustré seize millions de timbres, imprimés pour célébrer «l’année de la France au Japon». Lancée en avril 1998 et répondant à «l’année du Japon en France», cette «année de la France» rencontre un «réel succès», selon ses promoteurs. Elle a ainsi vu fleurir sur l’archipel près de 600 manifestations, au lieu des 400 prévues initialement, allant d’un concours de chansons françaises sur l’île de Shikoku au prêt de la «Statue de la Liberté», qui trône devant le port de Tokyo. Avant qu’elle ne retrouve son île parisienne cet été, «entre 7 et 10 millions» de Japonais auront pris en photo l’œuvre de Bartholdi, selon les organisateurs.
Pour sa troisième et sans doute dernière sortie de France, «la Liberté guidant le peuple», le tableau révolutionnaire d’Eugène Delacroix, a eu droit à un accueil princier au Japon, où un million de personnes sont attendues pour l’admirer. Une bonne partie du Tout-Tokyo des arts et de la politique s’est déplacée au Musée national, en compagnie de la ministre française de la Culture Catherine Trautmann pour saluer «l’un des tableaux les plus célèbres au monde», selon l’expression de Mitsuo Abe, directeur du musée. Depuis plus d’une semaine, les médias japonais se passionnent pour les différentes étapes du voyage du grand tableau de 2,99 mètres sur 3,62 mètres, de son départ de Paris dans un Airbus Beluga, «le plus grand avion civil du monde», à son installation dans un cadre «antisismique» à...