Les acteurs de l'affaire Lewinsky, un an après(photo)
le 15 février 1999 à 00h00
Les arguments des trois anciens ministres socialistes français, dont l’ex-chef du gouvernement Laurent Fabius, ont été mercredi au centre de la seconde journée du procès du sang contaminé par le sida ayant fait quelque 4 000 victimes en France au milieu des années 80. Premier à être interrogé par les juges, l’actuel député-maire de Rennes, Edmond Hervé, 56 ans, à l’époque secrétaire d’État à la Santé, s’est défendu avec vigueur en affirmant qu’il avait été «un acteur gouvernemental présent, actif et sérieux». Assumant «complètement l’action des membres de son cabinet», M. Hervé, debout, a répondu point par point, se justifiant longuement en particulier sur la première circulaire issue de ses services en juin 1983 et visant à réduire la collecte du sang dans les prisons, dont on lui reproche l’insuffisante application. Lorsque son tour est venu de témoigner, Georgina Dufoix, 55 ans, ex-ministre des Affaires sociales, a estimé que le gouvernement avait agi «très vite» dans l’affaire du sang contaminé. «Compte tenu de ce que nous savions (à l’époque), et pour un sujet pour lequel l’alerte n’avait pas été donnée par les médecins, je suis convaincue que nous sommes allés très vite», a-t-elle déclaré. Les deux ministres et surtout M. Fabius, 52 ans, actuel président de l’Assemblée nationale, qui rejettent toute notion de culpabilité dans cette affaire sans précédent, comparaissent devant la Cour de justice de la République (CJR), une juridiction spécialement créée en 1993 pour juger les ministres en fonction. Poursuivis pour «homicides involontaires et atteintes involontaires à l’intégrité des personnes», les trois ministres sont accusés d’avoir retardé le dépistage obligatoire des dons de sang jusqu’en août 1985. Selon l’accusation, cette manœuvre aurait eu pour objectif de favoriser l’institut Pasteur, dirigé par Luc Montagnier, découvreur du virus du sida, distancé par le laboratoire américain Abbott sur le marché des tests de dépistage. Mme Dufoix et M. Hervé sont accusés d’avoir laissé en circulation jusqu’en octobre 1985 des lots sanguins non chauffés, alors que la contamination de ces produits par le virus du sida avait été signalée depuis décembre 1984.
Les arguments des trois anciens ministres socialistes français, dont l’ex-chef du gouvernement Laurent Fabius, ont été mercredi au centre de la seconde journée du procès du sang contaminé par le sida ayant fait quelque 4 000 victimes en France au milieu des années 80. Premier à être interrogé par les juges, l’actuel député-maire de Rennes, Edmond Hervé, 56 ans, à l’époque secrétaire d’État à la Santé, s’est défendu avec vigueur en affirmant qu’il avait été «un acteur gouvernemental présent, actif et sérieux». Assumant «complètement l’action des membres de son cabinet», M. Hervé, debout, a répondu point par point, se justifiant longuement en particulier sur la première circulaire issue de ses services en juin 1983 et visant à réduire la collecte du sang dans les prisons, dont on lui reproche...
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