Bill Clinton, acquitté au Sénat dans l’affaire Lewinsky, n’est pas pour autant complètement tiré d’affaire, toujours menacé par le procureur indépendant Kenneth Starr qui n’a pas exclu de l’inculper avant la fin de son mandat. Les deux hommes se vouent une haine féroce, et depuis la transmission en septembre de son rapport au Sénat, Kenneth Starr n’a pas renoncé. S’il s’est fait plus discret, il a continué à tisser sa toile, poursuivant ses enquêtes en liaison avec Bill Clinton, dont la première, celle sur l’affaire Whitewater, avait été lancée il y a plus de quatre ans. «Starr voit le président comme quelqu’un qui viole vraiment la loi et qui mérite d’aller en prison. «Le président ne peut absolument pas se détendre tant qu’il est là», commentait cette semaine un conseiller présidentiel dans l’hebdomadaire Time. Procureur indépendant, il n’a selon la loi ni limite de temps ni d’argent, et seul le ministre de la Justice peut éventuellement décider de son limogeage. Le New York Times affirmait récemment que M. Starr pensait avoir le pouvoir d’inculper un président en exercice, ce que lui contestent certains experts au nom de la séparation des pouvoirs. Son porte-parole Charles Bakaly a cependant indiqué qu’il n’avait pas pris de décision finale. Car les experts semblent unanimes: si l’opiniâtre Kenneth Starr inculpe M. Clinton, éventuellement pour parjure et entrave à la justice, l’affaire ira à la Cour suprême qui sera amenée à trancher sur la constitutionnalité d’une telle inculpation présidentielle. Et même si la Cour suprême donne raison à M. Starr, comme elle l’a souvent fait dans le passé, rien ne dit qu’il pourra obtenir, en l’état actuel de son enquête, la condamnation du président par un jury populaire. Spécialement à Washington, ville majoritairement noire et démocrate. Intenses pressions Pourtant, en liaison avec l’affaire Lewinsky, Kenneth Starr a continué à enquêter sur Kathleen Willey, cette ancienne bénévole démocrate accusant le président de gestes déplacés dans le bureau ovale et qui affirme avoir ensuite été victime de mesures d’intimidation. M. Starr a récemment inculpé une de ses proches, Julie Hiatt Steel, qu’il a accusée de fausses déclarations et entrave à la justice pour avoir cherché à discréditer le récit de Mme Willey. Kenneth Starr travaille également toujours sur l’affaire du Whitewater, ce scandale politico-financier attaché aux Clinton. Deux de ses protagonistes, Webster Hubbell et Susan McDougal devraient être à nouveau jugés prochainement, le premier pour évasion fiscale, la seconde pour avoir refusé de témoigner devant un grand jury (Chambre de mise en accusation). Le Congrès, qui plus est, a donné du nouveau grain à moudre à M. Starr. Le leader de la majorité républicaine au Sénat Trent Lott lui a demandé mardi d’enquêter sur des informations fragmentaires sur un supposé système d’écoutes à la Maison-Blanche, qui pourrait avoir capté certaines conversations téléphoniques entre Bill Clinton et Monica Lewinsky. Les «procureurs» de la Chambre ont, eux, réclamé une enquête sur le conseiller de la Maison-Blanche Sidney Blumenthal, qui pourrait avoir menti lorsqu’il a nié être l’origine des fuites à la presse caractérisant Monica Lewinsky comme une «chasseresse». Pourtant, nul doute qu’à la lumière du vote du Sénat, l’impopulaire M. Starr va être soumis à d’intenses pressions pour boucler des enquêtes gigognes qui ont coûté jusqu’à présent plus de 40 millions de dollars au contribuable américain. Selon le New York Times, le département de la Justice a de plus décidé d’ouvrir une enquête sur le procureur, qui serait notamment soupçonné d’avoir caché au ministère des contacts avec les avocats de Paula Jones, à l’époque où il avait réclamé de pouvoir enquêter sur l’affaire Lewinsky.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Bill Clinton, acquitté au Sénat dans l’affaire Lewinsky, n’est pas pour autant complètement tiré d’affaire, toujours menacé par le procureur indépendant Kenneth Starr qui n’a pas exclu de l’inculper avant la fin de son mandat. Les deux hommes se vouent une haine féroce, et depuis la transmission en septembre de son rapport au Sénat, Kenneth Starr n’a pas renoncé. S’il s’est fait plus discret, il a continué à tisser sa toile, poursuivant ses enquêtes en liaison avec Bill Clinton, dont la première, celle sur l’affaire Whitewater, avait été lancée il y a plus de quatre ans. «Starr voit le président comme quelqu’un qui viole vraiment la loi et qui mérite d’aller en prison. «Le président ne peut absolument pas se détendre tant qu’il est là», commentait cette semaine un conseiller présidentiel...