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Actualités - Chronologie

Damas prêt à tourner la page avec Amman

Le président syrien Hafez al-Assad a montré sa disposition à ouvrir une nouvelle page dans les relations avec la Jordanie, souvent tendues par le passé, par sa présence inattendue aux obsèques du roi Hussein. M. Assad, qui était en froid avec le défunt souverain jordanien, a créé la surprise en se rendant lundi à Amman pour assister aux funérailles, auxquelles étaient présents une quarantaine de dirigeants internationaux, dont ceux d’Israël. Après un entretien d’une heure avec le Premier ministre jordanien Fayez Tarawneh et le ministre des Affaires étrangères Abdel Ilah Khatib, le président syrien a rencontré le nouveau roi Abdallah II de Jordanie pendant une heure en tête-à-tête. «La Syrie soutient la Jordanie, qui n’est menacée que par Israël, avec ses visées expansionnistes et ses tentatives d’annexer toute la Palestine», assurait mardi le journal gouvernemental Techrine dans un éditorial intitulé «initiative fraternelle». «Les milieux jordaniens ont accueilli avec satisfaction l’initiative du président Assad en raison des liens fraternels qui lient la Jordanie et la Syrie et des tentatives israéliennes de pêcher en eau trouble pour saboter les relations inter-arabes», ajoutait le quotidien. «La Syrie souhaite à la Jordanie prospérité et stabilité», insistait encore Techrine. Pour sa part, le journal du parti au pouvoir al-Baas a souligné que la Syrie avait œuvré durant les trois dernières décennies à «rassembler (les Arabes) en passant outre les désaccords marginaux et en préservant les intérêts supérieurs de la nation arabe, notamment pour faire face aux visées expansionnistes d’Israël». Selon un responsable jordanien à Amman, ayant requis l’anonymat, le ton des entretiens de M. Assad à Amman a été «très positif et conciliatoire». «L’impression générale a été qu’une page était tournée et que la tension entre les deux pays avait été surmontée», a précisé mardi ce responsable. «Le président Assad a insisté sur la nécessité de rester unis. Il a dit que des brouilles se produisaient fréquemment entre membres d’une même famille mais qu’il ne fallait pas que ces brouilles nous fassent oublier les points essentiels», a-t-il ajouté. Selon lui, M. Assad a également évoqué les relations bilatérales et la situation du monde arabe en général. Pour un diplomate occidental à Damas, M. Assad voulait s’informer «des tendances et du comportement» du nouveau roi. Selon lui, «cela va permettre un réchauffement de relations qui ont souvent été empreintes de suspicion». Les relations syro-jordaniennes «vont avancer et dépasser les obstacles au moment où le processus de paix est bloqué», souligne un diplomate arabe. Les relations entre Damas et Amman étaient tendues depuis la signature du traité de paix israélo-jordanien en 1994, Damas accusant son voisin d’avoir affaibli ainsi la position des négociateurs syriens et libanais avec Israël. Damas reproche également à la Jordanie d’avoir assisté en tant qu’observateur à des manœuvres militaires israélo-turques en Méditerranée en 1998. La Jordanie a accusé à son tour Damas de détenir des Jordaniens et de taxer les Jordaniens entrant en Syrie d’agents du Mossad, le service secret israélien. En rencontrant également en marge des funérailles du roi Hussein le président américain Bill Clinton, M. Assad a aussi montré que son pays était toujours engagé dans le processus de paix, selon le diplomate arabe. Selon des sources officielles syriennes, MM. Assad et Clinton «ont échangé des vues sur la région et il a été décidé d’activer les contacts» syro-américains. C’était le premier entretien entre les deux hommes depuis la visite à Damas de M. Clinton en octobre 1994.
Le président syrien Hafez al-Assad a montré sa disposition à ouvrir une nouvelle page dans les relations avec la Jordanie, souvent tendues par le passé, par sa présence inattendue aux obsèques du roi Hussein. M. Assad, qui était en froid avec le défunt souverain jordanien, a créé la surprise en se rendant lundi à Amman pour assister aux funérailles, auxquelles étaient présents une quarantaine de dirigeants internationaux, dont ceux d’Israël. Après un entretien d’une heure avec le Premier ministre jordanien Fayez Tarawneh et le ministre des Affaires étrangères Abdel Ilah Khatib, le président syrien a rencontré le nouveau roi Abdallah II de Jordanie pendant une heure en tête-à-tête. «La Syrie soutient la Jordanie, qui n’est menacée que par Israël, avec ses visées expansionnistes et ses tentatives...