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Actualités - Chronologie

Les pays en développement courent à la catastrophe

Il est déjà trop tard pour prévenir tous les problèmes que va poser le «bug de l’an 2000» aux pays en voie de développement (PVD), aussi faut-il se concentrer sur des secteurs prioritaires, prévient une enquête de la Banque mondiale. Selon l’enquête de l’organisme international de développement, sur 139 PVD, 54 seulement ont commencé à mettre en place une politique nationale pour faire face aux problèmes. Une vingtaine ont pris des mesures concrètes pour protéger leurs systèmes informatiques et 33 se disent conscients mais n’ont encore rien fait, souvent par manque de ressources financières ou techniques. L’enquête de la BM préconise donc aux PVD de se consacrer aux secteurs cruciaux que sont la production d’électricité, les banques, les transports ou les télécommunications. Hugh Sloan, un responsable informaticien pour la région Afrique à la Banque, assure que les conséquences du passage à l’an 2000 pour l’informatique dans les pays pauvres ont été négligées parce qu’on part du principe que leurs économies dépendent moins des ordinateurs. «C’est une fausse impression. Ils ne sont pas immunisés. Au contraire, ces pays dépendent de systèmes plus anciens et moins nombreux», souligne cet expert. Des régions entières sont mal préparées. Non seulement l’Afrique, qui manque de moyens, mais aussi les pays nouvellement industrialisés d’Asie, l’Amérique latine et l’ex-Union soviétique qui doivent de plus faire face à d’autres priorités en ces temps de crise financière. «Nous n’avons tout simplement pas le temps de réparer ou remplacer tous les systèmes», prévient George West, qui dirige le département des solutions informatiques de la Banque. Il préconise de ne s’attaquer qu’aux systèmes vitaux et surtout d’établir des plans d’urgence pour intervenir en cas de panne. Plans d’urgence Le président de la Banque mondiale James Wolfensohn a personnellement écrit à un certain nombre de chefs d’États d’Afrique, d’Europe et d’Asie centrale pour leur demander d’établir des plans d’urgence. La vulnérabilité de certains services comme le trafic aérien ou la production d’électricité touche souvent plusieurs pays à la fois. Le Nigeria approvisionne le Niger du nord en électricité; le Burundi et le Rwanda dépendent en partie de l’Ouganda pour leur énergie. En Russie, selon Mme Joyce Amenta, coordinatrice des initiatives de la Banque mondiale dans ce domaine, les fonds font cruellement défaut et certains systèmes gouvernementaux à base d’ordinateurs de génération 286 ne peuvent être remis à jour, à moins de remplacer ces machines. La Banque mondiale a commencé à octroyer des prêts exclusivement pour traiter ce problème : 30 millions USD à l’Argentine, 29 millions USD au Sri Lanka, bientôt 100 millions USD à la Malaisie. La Banque se dit prête à accorder de nouveaux crédits pour cette opération. Pour la Banque, les pays industrialisés doivent davantage aider leurs partenaires en développement à passer le cap de l’an 2000 en informatique: «Nous sommes dans une économie globale. C’est tout la chaîne économique qui est touchée. On ne peut pas ignorer le reste du monde», a lancé M. George West. L’origine du bug de l’an 2000 vient du fait que pour économiser espace et données, fabricants, informaticiens et programmateurs ont pris l’habitude d’utiliser deux chiffres pour représenter une année (98). C’est ainsi que l’an 2000 s’écrit 00 et que les systèmes qui font intervenir des dates peuvent confondre 00 avec 1900.
Il est déjà trop tard pour prévenir tous les problèmes que va poser le «bug de l’an 2000» aux pays en voie de développement (PVD), aussi faut-il se concentrer sur des secteurs prioritaires, prévient une enquête de la Banque mondiale. Selon l’enquête de l’organisme international de développement, sur 139 PVD, 54 seulement ont commencé à mettre en place une politique nationale pour faire face aux problèmes. Une vingtaine ont pris des mesures concrètes pour protéger leurs systèmes informatiques et 33 se disent conscients mais n’ont encore rien fait, souvent par manque de ressources financières ou techniques. L’enquête de la BM préconise donc aux PVD de se consacrer aux secteurs cruciaux que sont la production d’électricité, les banques, les transports ou les télécommunications. Hugh Sloan, un...