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Actualités - Chronologie

Douleur posthume en Egypte malgré des rapports tumultueux (Photo)

L’Égypte, qui a exprimé «sa douleur» devant la mort du roi Hussein, «un frère généreux et un ami cher», a entretenu avec lui durant un demi-siècle des rapports tumultueux avant de se retrouver sur la paix avec Israël. Le président Gamal Abdel Nasser et le roi Hussein sont tous deux arrivés au pouvoir à l’été 1952, mais le premier, deux fois plus âgé que le second, opte pour le nationalisme arabe et le rapprochement avec l’URSS, alors que le souverain hachémite est toujours resté dans l’orbite occidentale. Champion du panarabisme, Nasser, qui avait surnommé Hussein «le petit roi», fera d’ailleurs tout, mais sans succès, pour pousser le roi à rompre avec Londres et Washington. Le premier conflit éclate quand Londres presse financièrement Amman d’adhérer au pacte antisoviétique de Bagdad en février 1955. L’Égypte et la Syrie, ainsi que des émeutes dans son pays, poussent le roi Hussein à rejeter la proposition. La pression du courant panarabe animé par Nasser pousse ensuite le roi à destituer en mars 1956 le général britannique John Glubb, dit Glubb Pacha, commandant en chef de la Légion arabe, puis à signer en octobre avec Damas et Le Caire un traité militaire tripartite et enfin en février 1957 à abroger son alliance avec Londres. La République arabe unie (RAU) syro-égyptienne, qui voit le jour en février 1958, exacerbe les tensions et le roi Hussein appelle le peuple syrien à se révolter contre les autorités du Caire. Après l’éclatement de la RAU en 1961, Hussein multiplie les gestes envers l’Égypte et participera à la guerre israélo-arabe de 1967, au cours de laquelle il perdra la Cisjordanie et la partie orientale de Jérusalem. Lors de l’écrasement de la Résistance palestinienne par l’armée jordanienne en septembre 1970, le fameux Septembre noir, le président Nasser se pose en arbitre, prodiguant «paternellement» des conseils aux deux protagonistes. C’est lors d’une médiation qu’il meurt d’une crise cardiaque. Les relations avec Anouar el-Sadate sont mauvaises. L’idée du roi en mars 1972 de créer une fédération entre la Transjordanie et la Cisjordanie occupée par Israël met le feu aux poudres. Le Caire rompt ses relations diplomatiques avec Amman qui ne seront rétablies qu’en septembre 1973. Elles seront de nouveau rompues en avril 1979, lorsque Sadate signe son traité de paix avec Israël que le roi Hussein qualifie de «traité de paix séparée ne pouvant aboutir à une paix juste et globale». Ironie de l’histoire, le président Hosni Moubarak lui lancera la même amabilité, en décembre 1994, lorsque le souverain hachémite enterrera la hache de guerre avec l’État hébreu, sans attendre la Syrie. En fait, Sadate pensait que Hussein, qui entretenait des relations secrètes avec Israël, le suivrait. Dépité, le Raïs traita en 1981 le roi d’«officier de police de la Transjordanie qui a la prétention de régner sur un territoire amputé à la Syrie par la Grande-Bretagne». La Jordanie sera toutefois le premier pays arabe à renouer avec Le Caire en septembre 1984, avec M. Moubarak à sa tête. La guerre du Golfe de 1991 provoque une nouvelle brouille: le souverain hachémite soutient l’Irak et M. Moubarak les monarchies du Golfe et le Koweït.
L’Égypte, qui a exprimé «sa douleur» devant la mort du roi Hussein, «un frère généreux et un ami cher», a entretenu avec lui durant un demi-siècle des rapports tumultueux avant de se retrouver sur la paix avec Israël. Le président Gamal Abdel Nasser et le roi Hussein sont tous deux arrivés au pouvoir à l’été 1952, mais le premier, deux fois plus âgé que le second, opte pour le nationalisme arabe et le rapprochement avec l’URSS, alors que le souverain hachémite est toujours resté dans l’orbite occidentale. Champion du panarabisme, Nasser, qui avait surnommé Hussein «le petit roi», fera d’ailleurs tout, mais sans succès, pour pousser le roi à rompre avec Londres et Washington. Le premier conflit éclate quand Londres presse financièrement Amman d’adhérer au pacte antisoviétique de Bagdad en...