Christian Lacroix. Des pastels mêlés à des tons acides, des étoffes travaillées en toute légèreté et de petites silhouettes de poupées: les 42 modèles de l’été raffiné de Christian Lacroix sont autant de tableaux. Coiffées de bonnets en résille rigide, de chapeaux-tambourins en grillage laqué, les femmes de Lacroix cultivent une élégance précieuse, jusqu’à la pointe de leurs sandales brodées de perles de cristal. Passent une étroite jaquette sur un jupon court de taffetas volanté, un T-shirt noir ciselant le buste sur une jupe à plis géants d’organza. Pas une seule étoffe qui ne soit façonnée de pliages, de drapés, de bouillonnés, peinte d’arabesques, tissée de rubans, brodée de motifs naïfs ou de graffitis. Contrastant avec la pureté des fourreaux de tulle, des volants de faille flamme dessinent des zigzags sur les robes de gitanes. Les couleurs crépitent en mélange – rouge, orange, pourpre, ou rose, noir et émeraude – sur les crinolines de bal. Karl Lagerfeld. Sous son voile, la mariée en satin turquoise et corail a deux ailes dans le dos. Les ailes du désir, selon Lacroix qui a été ovationné. «Où l’indécis au précis se joint»: ce vers de Paul Verlaine se veut la quintessence de l’inspiration de Karl Lagerfeld chez Channel. C’est le maître qui le dit. De fait, le millésime été 99 du célèbre tailleur se caractérise par une veste, courte ou longue, qui sculpte le buste, tandis que le flou s’installe à partir de la taille. La silhouette apparaît singulièrement rajeunie dans ces pantalons de rapeur hyper-larges, resserrés dans le bas par un bouton, sous une étroite jaquette en tweed. Le couturier recycle les vêtements de travail en haute couture: la salopette de garagiste est en taffetas sur un T-shirt pailleté, le jogging à poches géantes en satin. En alternative, les jupes évasées, fendues dans le dos, cachent le genou. Aucune couleur foncée ne vient troubler la douceur des harmonies poudrées, rosées, grisées, champagne, jaune pâle et vert d’eau, qui s’expriment également dans les robes du soir en mousseline aérienne comme un souffle. Les accessoires sont réduits au strict minimum: des bobs de tulle-stretch, version moderne du chapeau-cloche de Coco Chanel, de fragiles sandales bicolores à talons et de longues aiguilles d’or piquées dans les cheveux. À l’opposé, Kiki Féraud, qui a repris les rênes de la création de la maison de couture, mise sur les couleurs vives avec une mode pleine de gaieté. Sur fond de Méditerranée, les mannequins foulent un sable blanc rapporté du désert tunisien. Pantalons de harem, brassières brodées, motifs de mosaïques inspirés des sols de palais antiques, l’esprit est oriental. Mais la mariée est une Esmeralda en soie semée de roses tendres. Le créateur hollandais Thimister est présenté par certains comme le chantre de la nouvelle couture. Mais ses fantasmes sont militaires avec un arrière-goût de «Portier de Nuit», l’inoubliable film. Vestes d’uniformes, jupes en toile de bâche, robes en assemblage d’imperméables militaires ou de parachute. Une robe d’«après la bataille» en toile cirée rouge, comme ensanglantée, qui achève le défilé. «Une mode “conceptuelle” pour intellectuels en mal de psychanalyse», critique le commentaire de la presse.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Christian Lacroix. Des pastels mêlés à des tons acides, des étoffes travaillées en toute légèreté et de petites silhouettes de poupées: les 42 modèles de l’été raffiné de Christian Lacroix sont autant de tableaux. Coiffées de bonnets en résille rigide, de chapeaux-tambourins en grillage laqué, les femmes de Lacroix cultivent une élégance précieuse, jusqu’à la pointe de leurs sandales brodées de perles de cristal. Passent une étroite jaquette sur un jupon court de taffetas volanté, un T-shirt noir ciselant le buste sur une jupe à plis géants d’organza. Pas une seule étoffe qui ne soit façonnée de pliages, de drapés, de bouillonnés, peinte d’arabesques, tissée de rubans, brodée de motifs naïfs ou de graffitis. Contrastant avec la pureté des fourreaux de tulle, des volants de faille flamme dessinent...