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Actualités - Chronologie

Un véritable animal politique habitué aux intrigues du pouvoir

Le président Léonid Koutchma est un réformiste modéré mais autoritaire, dont le précédent mandat a été marqué par une économie en récession et de nombreux scandales de corruption. «Je ne me fais pas d’illusion concernant l’amour que le peuple me porte (...) mais je veux le pouvoir pour terminer les réformes économiques», a récemment déclaré ce petit homme roux, ancien directeur de la plus importante usine de missiles de l’Union soviétique à Dnipropétrovsk (sud-est de l’Ukraine). La majorité des Ukrainiens semble s’être rangée derrière M. Koutchma plus par peur d’un retour des communistes que par sympathie pour le président sortant qui s’est montré incapable de sortir le pays de la crise. Sous son aspect réservé, M. Koutchma est autoritaire, «véritable animal politique» habitué aux intrigues du pouvoir, explique une source proche de la présidence. Il peut être sans merci comme lorsqu’il limoge, après le premier tour de la présidentielle, les trois gouverneurs des régions où ses rivaux socialiste et communiste avaient obtenu le plus de voix. Ses détracteurs affirment qu’il tient l’Ukraine d’une main de fer, étouffant l’opposition, muselant les médias, abusant de ses pouvoirs et falsifiant les élections. Ils lui reprochent aussi d’avoir transformé les hautes sphères de l’État en un clan chargé de protéger les intérêts d’une élite issue, comme lui, de la région de Dnipropétrovsk (est). Premier ministre d’octobre 1992 à septembre 1993, M. Koutchma, russophone et russophile, affiche alors des idées de gauche peu réformistes. Son élection à la présidence en 1994 crée la stupeur chez les nationalistes qui voient en lui un pantin de Moscou et un danger pour la souveraineté du pays. Mais M. Koutchma, soucieux d’asseoir son pouvoir, se métamorphose rapidement en un «partisan convaincu» de l’indépendance. Il entame un rapprochement avec l’Otan et l’Occident et lance des réformes économiques en collaboration avec le Fonds monétaire international (FMI). Opportunisme, accuseront ses ennemis, pragmatisme politique rétorqueront ses partisans. «Je suis centriste de gauche ou de droite selon le problème abordé», reconnaît-il lui-même. M. Koutchma renforce ses pouvoirs en faisant notamment voter en 1996 une nouvelle Constitution lui conférant le droit, pendant trois ans, d’adopter par décret des projets de lois économiques. Pouvoirs exceptionnels qu’il cherchera, sans succès, à faire renouveler en début d’année. En opposition constante avec le Parlement, dominé par la gauche et des députés indépendants, M. Koutchma a menacé à plusieurs reprises de dissoudre cette assemblée monocamérale. Ses timides efforts pour réformer l’économie n’ont, dans l’ensemble, pas abouti : le Produit intérieur brut de l’Ukraine a poursuivi sa lente glissade et les salaires et retraites impayés ont atteint des sommes records. Une imposante bureaucratie conjuguée à une corruption endémique et à une lourde fiscalité ont fait reculer nombre d’entrepreneurs étrangers.
Le président Léonid Koutchma est un réformiste modéré mais autoritaire, dont le précédent mandat a été marqué par une économie en récession et de nombreux scandales de corruption. «Je ne me fais pas d’illusion concernant l’amour que le peuple me porte (...) mais je veux le pouvoir pour terminer les réformes économiques», a récemment déclaré ce petit homme roux, ancien directeur de la plus importante usine de missiles de l’Union soviétique à Dnipropétrovsk (sud-est de l’Ukraine). La majorité des Ukrainiens semble s’être rangée derrière M. Koutchma plus par peur d’un retour des communistes que par sympathie pour le président sortant qui s’est montré incapable de sortir le pays de la crise. Sous son aspect réservé, M. Koutchma est autoritaire, «véritable animal politique» habitué aux...