Premier en son genre au Moyen-Orient pour le diagnostic, le traitement et les recherches scientifiques, le programme de l’épilepsie chez les enfants et les adultes est un projet exhaustif qui a vu le jour en janvier 95, au centre médical de l’Université américaine de Beyrouth. Grâce aux nouvelles méthodes, médicales et chirurgicales, pratiquées dans ce centre, les épilepsies résistantes et rebelles sont à présent curables. Ce programme comprend quatre constituants principaux : l’unité de contrôle épileptique, le traitement médical, la thérapeutique chirurgicale et les recherches expérimentales et cliniques concernant l’épilepsie. Ce centre est dirigé par le Dr M. Mikati, qui est assisté par le Dr Youssef Komeir, chef de la section de neurochirurgie. Le travail est réalisé par une équipe formée de neuroradiologistes, d’ingénieurs, de neurophysiologistes, de techniciens, d’infirmières et d’assistants spécialisés. «Quand les parents se présentent au centre avec leur enfant malade, la première partie du diagnostic consistera à identifier le type d’attaque», dit le Dr Mikati. «Beaucoup de parents croient que leur enfant a subi des crises d’épilepsie, alors que la cause de ces attaques s’avère psychologique et non organique. Une fois le diagnostic établi, le traitement antiépileptique est prescrit en fonction du type des crises. Ceux pour qui le traitement traditionnel s’avère inefficace sont sujets à des expériences cliniques ou à de nouveaux produits pharmaceutiques qui n’existent pas encore dans notre région», ajoute-t-il. Toutes les évaluations sont précédées d’une enquête sur le passé médical de l’enfant. Vient ensuite la consultation physique et neurologique complète, suivie d’un EEG, test permettant d’enregistrer les décharges élécriques que met en évidence l’encéphalogramme, et par lequel les petites impulsions électriques des cellules nerveuses sont perceptibles. «Dans le cas d’une altération profonde dans le cerveau, et pour bien déterminer le point de départ des attaques, nous avons parfois recours à des électrodes sphénoïdiennes spéciales, placées à la surface du crâne, ou à des éléctrodes qui pénètrent dans la substance même du cerveau», explique le Dr Mikati. D’autres tests permettant de localiser le mieux possible les lésions cérébrales, peuvent être recommandés selon le cas, tels l’IRM (Incidence radiomagnétique), le scanner et le Spect. L’EMU (Epilepsy Monitoring Unit) est une chambre de contrôle équipée d’ordinateurs et de vidéos électroniques, où le EEG et les autres tests de diagnostic sont enregistrés et analysés avec minutie. «On ne recommande la chirurgie qu’à 20 % des malades épileptiques qui ne réagissent plus au traitement médical, souligne le Dr Mikati. Cette thérapeutique chirurgicale reste inefficace s’agissant de cas ayant plus d’une origine cérébrale de la crise, et aux malades dont la lésion se situe sur une zone vitale du cerveau. La chirurgie n’est utilisée alors qu’après avoir soumis le patient à un test supplémentaire, le Wada Test, afin de s’assurer que l’opération se fera sur une zone cérébrale morte, dont l’ablation n’affectera pas le siège des sensations et des opérations de l’esprit» (volonté, mémoire, langage, etc), explique-t-il. Et de poursuivre : «Nous avons déjà pratiqué dans notre centre plus de 40 opérations chirurgicales – toutes réussies – sur des enfants et des adultes libanais et étrangers. Certains épileptiques ont été opérés sans anesthésie générale, et avec des stimulations corticales intraopératives. Cette technique a rendu possible la thérapeutique chirurgicale pour des épileptiques auxquels, pour des raisons sanitaires, elles n’étaient pas recommandées». Le Dr Mikati cite l’exemple de Therissa, une fillette de 4 ans vivant à Chypre. Elle n’avait que 3 ans quand elle a commencé à subir des crises d’épilepsie. Après un traitement antiépileptique traditionnel, ces attaques ont disparu. Quelques mois plus tard, elles sont réapparues, plus intenses. Therissa en faisait des dizaines chaque jour, ce qui entrava ses études scolaires et l’obligea à rester chez elle. Ne réagissant plus aux médicaments, la fillette fut transférée au centre médical de l’Université américaine de Beyrouth. Après une série d’examens et de tests, il s’est avéré que les impulsions anormales étaient dues à des décharges électriques dans son lobe temporal gauche. Therissa en a été totalement guérie suite à la résection de cette zone cérébrale morte. H.K. est un prématuré. À 6 ans, il faisait déjà plusieurs crises d’apoplexie quotidiennement. Ces chutes étaient paroxystiques au point qu’il était tombé dans le coma. Grâce à l’unité de contrôle épileptique, nous avons pu localiser la lésion cérébrale qui constituait le point de départ de ces attaques. L’ablation de cette superficie altérée non vitale a permis à H.K de guérir complètement.
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