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Actualités - Chronologie

Relations irano-américaines : quelques frémissements dans un climat toujours froid

Vingt ans après la prise d’otages américains à Téhéran, les relations américano-iraniennes sont toujours rompues et ne se réchauffent pas, malgré quelques frémissements et la proposition américaine de dialogue «sans condition» avec Téhéran. «Des deux côtés, les relations sont un enjeu de politique intérieure. On a senti récemment que le ton et l’atmosphère s’étaient améliorés, mais sans qu’il y ait de changements concrets. Il n’y en aura pas jusqu’aux élections. Mais après, nous espérons que ça va bouger», assure un diplomate d’un pays occidental sous le couvert de l’anonymat. Le président iranien, qui a lancé une politique d’ouverture depuis son élection en 1997, a pris les devants en appelant les deux pays à «briser le mur de méfiance», dans une interview à la chaîne de télévision satellitaire américaine CNN. M. Khatami a renouvelé son appel à plusieurs reprises, en dépit de l’opposition farouche de l’aile conservatrice du régime. Il n’y a «pas de problème» pour établir des relations économiques et politiques avec Washington, a-t-il déclaré lors de sa visite à Paris la semaine dernière. Les États-Unis, qui considèrent l’Iran comme un des parrains du terrorisme international et lui imposent des sanctions, ont récemment évoqué la possibilité d’établir un dialogue «sans condition» avec le régime de Téhéran. Washington avait essayé d’empêcher les pays tiers ainsi que les sociétés industrielles et commerciales de nouer des relations avec l’Iran islamique, en adoptant en 1996 une loi qui pénalise tout investissement supérieur à 20 millions de dollars dans l’industrie pétrolière iranienne. Cette menace est restée sans grand effet. Des firmes italiennes et françaises ont tout de même investi dans le secteur pétrolier en Iran. L’administration américaine a elle-même fini par autoriser l’exportation de certaines quantités de nourriture et de médicaments dans ce pays. Mais le pétrole pourrait être la clé d’un rétablissement des relations, car l’économie iranienne a besoin d’investissements étrangers alors que les compagnies américaines exercent des pressions sur Washington pour lever les sanctions et leur permettre de travailler avec les Iraniens. Entre-temps, les relations bilatérales restent cantonnées à des échanges culturels et sportifs modestes. Les deux pays ont autorisé leurs équipes nationales à jouer ensemble, et l’agence officielle Irna a reçu la permission d’ouvrir un bureau à New York. Les journalistes américains se rendent de plus en plus nombreux à Téhéran, tandis que la presse jouit d’une plus grande liberté depuis l’élection de M. Khatami et que des touristes américains visitent le pays. Mais cela n’empêche pas que la méfiance persiste entre la population iranienne et les visiteurs anglo-saxons. Ainsi, un groupe de touristes britanniques a été pris à partie en août dernier par des ultraconservateurs qui les avaient pris pour des Américains. Quelques mois plus tôt, des activistes ont attaqué à Téhéran un bus transportant des hommes d’affaires américains. Plusieurs Iraniens estiment que le problème entre les deux pays remonte à bien avant la prise d’otages dans l’ambassade des États-Unis à Téhéran et n’ont pas encore pardonné à Washington d’avoir fomenté un coup d’État qui a renversé un gouvernement nationaliste et préparé le retour d’exil du Chah en 1953. Contrastant avec les gestes d’ouverture de M. Khatami, le Guide de la République islamique l’ayatollah Ali Khamanei a exclu tout réchauffement des relations avec les États-Unis. Les États-Unis, a-t-il déclaré en août dernier, sont hostiles à l’existence d’un État islamique fort et «c’est pourquoi il est impossible de s’entendre avec eux».
Vingt ans après la prise d’otages américains à Téhéran, les relations américano-iraniennes sont toujours rompues et ne se réchauffent pas, malgré quelques frémissements et la proposition américaine de dialogue «sans condition» avec Téhéran. «Des deux côtés, les relations sont un enjeu de politique intérieure. On a senti récemment que le ton et l’atmosphère s’étaient améliorés, mais sans qu’il y ait de changements concrets. Il n’y en aura pas jusqu’aux élections. Mais après, nous espérons que ça va bouger», assure un diplomate d’un pays occidental sous le couvert de l’anonymat. Le président iranien, qui a lancé une politique d’ouverture depuis son élection en 1997, a pris les devants en appelant les deux pays à «briser le mur de méfiance», dans une interview à la chaîne de...