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Actualités - Chronologie

Les yougoslaves vivent avec la hantise de l'espionnage

Elle l’a surpris en train de prendre des photos de l’université, dans le centre de Belgrade. L’incident s’est produit pendant que les sirènes annonçant une nouvelle alerte aérienne résonnaient dans la capitale. Mais au lieu de courir, avec son enfant, se réfugier dans un abri souterrain, elle a foncé dans un magasin pour donner l’alerte. La «chasse» a alors commencé. Depuis le début des bombardements de l’Otan, de nombreux Yougoslaves ont fait de la lutte contre l’espionnage leur obsession. «Dépêchez-vous, il y a un espion qui prend des photos de la faculté d’ingénierie électrique!», s’est-elle exclamée en pénétrant dans une confiserie. «Où ça, où ça?», ont demandé le propriétaire de la boutique et les clients. Personne n’avait jamais vu cette femme auparavant mais qu’importe, tout le monde s’est mis à courir en direction de l’université. En arrivant sur les lieux, ils constatèrent que «l’espion» était déjà parti. La femme entreprit alors de décrire l’inconnu, donnant maints détails sur sa tenue vestimentaire. Mais rien n’y a fait. Fatigué, déçu, tout le monde est retourné à la boutique. Les autorités serbes ne cessent de prévenir la population de la présence d’éventuels espions travaillant pour le compte «des pays agresseurs». L’Otan, à plusieurs reprises, a fait allusion aux sources d’information «terrestres» dont elle disposerait. Il n’en fallait guère plus pour déclencher une névrose obsessionnelle au sein de la population. «Je lui aurais parlé et s’il avait tenté de nous résister, je lui aurais donné ce qu’il mérite», expliquait le vendeur de retour dans son magasin, en montrant son poing. «Vous vous rendez compte du culot qu’il a à prendre des photos de nos bâtiments», s’est-il encore exclamé. Peu à peu, les conversations dans la boutique sont revenues aux préoccupations quotidiennes des Belgradois. Le marchand de bonbons a bu une limonade, avant de reprendre son travail. Histoire de se remettre de sa course folle à travers les rues de Belgrade, à la recherche d’un hypothétique espion.
Elle l’a surpris en train de prendre des photos de l’université, dans le centre de Belgrade. L’incident s’est produit pendant que les sirènes annonçant une nouvelle alerte aérienne résonnaient dans la capitale. Mais au lieu de courir, avec son enfant, se réfugier dans un abri souterrain, elle a foncé dans un magasin pour donner l’alerte. La «chasse» a alors commencé. Depuis le début des bombardements de l’Otan, de nombreux Yougoslaves ont fait de la lutte contre l’espionnage leur obsession. «Dépêchez-vous, il y a un espion qui prend des photos de la faculté d’ingénierie électrique!», s’est-elle exclamée en pénétrant dans une confiserie. «Où ça, où ça?», ont demandé le propriétaire de la boutique et les clients. Personne n’avait jamais vu cette femme auparavant mais qu’importe, tout le...