L’Allemand Jan Ullrich, vainqueur hier à Trévise (Italie) du contre-la-montre des championnats du monde, dix jours après avoir survolé le Tour d’Espagne, est sorti de son registre exclusif Tour de France. «Au départ, je ne m’attendais pas à réaliser un si bel automne. Je m’étais concentré sur le Tour (de France), mais mes problèmes à un genou m’ont empêché d’y participer. Le fait d’avoir été obligé de faire une pause l’été m’a permis d’être en forme maintenant. Je pense que ma saison a été réussie», a expliqué le vainqueur du Tour 97, par ailleurs deuxième des éditions 96 et 98 de la Grande Boucle. Rassuré par la permanence d’un état de forme excellent, le leader de la formation Deutsche Telekom aimerait aussi se tailler un début de royaume dans les courses d’un jour, à commencer dès dimanche dans l’épreuve mondiale en ligne. «J’ai déjà un maillot arc-en-ciel. Je n’aurai rien à perdre dimanche, d’autant que je disposerai d’une bonne équipe», affirme le coureur originaire de Rostock. Surveiller les kilos superflus L’Allemand, qui a affiné sa préparation chez lui en Forêt noire en s’entraînant sur un rouleau – «il a plu ces deux dernières semaines et je ne pouvais sortir» –, est la vedette malgré lui de la manifestation italienne. Ainsi, la salle des interviews n’a pu contenir tous les médias. Cette fois, le seul journaliste allemand présent à la Vuelta était entouré par une dizaine de compatriotes. «C’était bien comme ça, car je n’avais pas la pression», a remarqué le médaillé d’or. Champion du monde amateur en 1993, à seulement 19 ans, Ullrich a confirmé ses formidables qualités, dès lors qu’il a retrouvé une condition physique acceptable. Ayant réalisé que le cyclisme ne se résumait pas au mois de juillet, fut-il consacré au Tour de France, l’ex-Allemand de l’Est effectuera une préparation différente la prochaine saison, pour éviter notamment une prise de poids excessive. Ces dernières saisons, il a dû porter comme une croix ces 10 kg et au-delà. «En décembre, je remonterai à vélo. Je veux aussi briller dans les classiques d’avril, en particulier Liège-Bastogne-Liège», a précisé le champion de l’effort solitaire. Champion du chronomètre Son succès hier a tenu à une faible marge de 14 secondes sur Michael Andersson, un Suédois quasi-inconnu qui présente la particularité d’avoir été une saison durant (1996) l’un de ses coéquipiers au sein du groupe Telekom. À 32 ans, Andersson a obtenu le résultat le plus probant de sa carrière depuis qu’il est passé professionnel en 1995 dans la modeste équipe portugaise Sicasal. L’an passé, le Suédois, plusieurs fois champion national du contre-la-montre dans son pays, avait terminé le «chrono» des championnats du monde à la 34e place, à près de cinq minutes du vainqueur, l’Espagnol Abraham Olano. L’absence du tenant du titre, forfait après son abandon de la Vuelta, a facilité cette fois la victoire d’Ullrich. Hormis Andersson, aucun de ses rivaux attendus ne l’a réellement menacé, pas plus l’Ukrainien Serguei Honchar, relégué à la sixième place, que le Suisse Alex Zuelle, décevant dixième à 1 min 45 sec. Du trio d’opposants déclarés, le Britannique Chris Boardman s’est montré le plus efficace. Mais le détenteur du record de l’heure a déboursé 51 secondes dès la première partie de la course (km 27). Il a déboursé finalement 58 secondes à Ullrich et a pris place sur le podium pour la quatrième fois en six éditions. Le vent de l’Est Ullrich, en tête à tous les pointages intermédiaires, a maintenu un bon rythme, parcourant les 50,6 km en 1h 00 min 28 (moyenne : 50,209 km/h). «Je n’ai pas eu l’impression de faiblir», a estimé l’ancien vainqueur du Tour de France, qui a pourtant cédé une poignée de secondes à Andersson sur les longues lignes droites ramenant à Trévise. Après la course, Ullrich a félicité son ancien coéquipier, lui-même surpris par sa performance. Membre de la modeste formation danoise Acceptcard, une équipe de deuxième division à l’avenir encore incertain, le Suédois a regretté d’avoir eu sa préparation contrariée par la pluie dans son pays. Si les Italiens ont sombré (Vélo 15e, Ortenzi 40e), les Français se sont comportés de façon très différente. Christophe Moreau a dû se résigner à une dix-septième place éloignée de ses espérances de départ. En revanche, Gilles Maignan s’est situé à moins d’une minute et demie d’Ullrich pour terminer à la septième place. Dans cette course riche en surprises, le vent de l’Est a soufflé avec cinq coureurs des pays de l’ex-URSS dans les treize premiers. Raivis Belohvosciks, un Letton de 23 ans professionnel chez Lampre, a échoué au pied du podium et Eugen Wacker, un Kirghiz de 25 ans totalement inconnu, s’est classé douzième à 2 minutes d’Ullrich. Les écarts, sensiblement inférieurs à ceux qu’il a déjà creusés dans les «chronos» des grands tours, ont suffi au bonheur du champion allemand. À ses yeux, son automne rachète un début de saison catastrophique qui l’avait vu déclarer forfait pour le Tour de France. «Quoi qu’il arrive, j’ai réussi ma saison», a conclu Ullrich.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Allemand Jan Ullrich, vainqueur hier à Trévise (Italie) du contre-la-montre des championnats du monde, dix jours après avoir survolé le Tour d’Espagne, est sorti de son registre exclusif Tour de France. «Au départ, je ne m’attendais pas à réaliser un si bel automne. Je m’étais concentré sur le Tour (de France), mais mes problèmes à un genou m’ont empêché d’y participer. Le fait d’avoir été obligé de faire une pause l’été m’a permis d’être en forme maintenant. Je pense que ma saison a été réussie», a expliqué le vainqueur du Tour 97, par ailleurs deuxième des éditions 96 et 98 de la Grande Boucle. Rassuré par la permanence d’un état de forme excellent, le leader de la formation Deutsche Telekom aimerait aussi se tailler un début de royaume dans les courses d’un jour, à commencer...