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Actualités - Chronologie

Depuis 1949, l'économie a décollé, la corruption aussi(photo)

En 50 ans de pouvoir, les communistes sont parvenus à faire décoller l’économie chinoise au prix d’un renoncement total aux principes des pères fondateurs, mais cette réussite s’accompagne d’une irrésistible envolée de la corruption. Ningbo, une grande ville portuaire de l’est du pays, résume à elle seule les contradictions du décollage économique, avec ses usines dernier cri, ses sièges sociaux flambant neufs et son scandale de corruption qui a décimé la municipalité. Ningbo, l’un des premiers ports chinois ouverts au commerce étranger par le traité de Tianjin (Tien-tsin) en 1858, a retrouvé la prospérité à la faveur des réformes engagées par le patriarche Deng Xiaoping à la fin des années 1970 en rupture totale avec le système collectiviste que le fondateur de la République populaire, Mao Tsé-toung, avait imposé depuis 1949. Les réformes ont sorti le pays de l’ornière bien avant celles engagées en URSS par Gorbatchev : au cours des 20 dernières années, la croissance du PIB a atteint 9,6% en moyenne par an, alors que le revenu par tête était multiplié par 16, dépassant désormais 6 000 dollars. La Chine est devenue la 10e puissance commerciale mondiale, alors qu’elle se situait au 32e rang à la mort de Mao. Poussant à l’ombre de Shanghai, Ningbo fabrique désormais un dixième de la production chinoise de prêt-à-porter, un fer de lance des exportations. Depuis le début de la décennie, son PIB a été multiplié par sept. La ville se situe au quatrième rang national pour le revenu par habitant, de 70% supérieur à la moyenne nationale. Mais le principal responsable de la ville, le secrétaire du PCC Xu Yunhong, a été exclu mercredi du parti par le Comité central, réuni au grand complet à Pékin en présence du président Jiang Zemin. La commission disciplinaire du PCC a découvert que M. Xu avait utilisé son influence pour obtenir plus de 800 000 dollars au profit de sa femme et de son fils. Il devrait à présent faire l’objet de poursuites judiciaires. Xu Yunhong est devenu ainsi le premier des 330 membres du «Parlement» du PCC à «tomber» pour corruption depuis que l’ancien maire de Pékin, Chen Xitong, a été condamné l’an dernier à 16 ans de prison après avoir été impliqué dans un scandale portant sur la bagatelle de 2,2 milliards de dollars. À Ningbo, un maire adjoint avait déjà été condamné à mort en juin, avec un sursis à exécution de deux ans, pour avoir accepté 78 300 dollars de pots-de-vin. Fatalistes, les habitants de Ningbo voient dans la corruption un mal qui accompagne inévitablement l’amélioration du niveau de vie. Ils sont prêts à absoudre le maire adjoint, qui n’a fait selon eux qu’accepter de l’argent de sociétés locales en échange de contrats publics. «Au moins, il n’a pas détourné l’argent des contribuables», se félicite un chauffeur de taxi. «Ces choses-là arrivent partout dans notre pays». Reste que le ras-le-bol des Chinois pour la corruption, largement à l’origine des manifestations de Tiananmen en 1989, est pris au sérieux par les dirigeants du pays, qui y voient «une question de vie ou de mort pour le parti», comme l’a reconnu le président Jiang Zemin en 1997. Le régime, qui se flatte d’avoir «sorti 200 millions de personnes de la pauvreté» grâce aux réformes, a aussi permis à une classe de «nouveaux riches» de faire rapidement fortune, une étape qualifiée officiellement de «nécessaire» avant la prospérité générale.
En 50 ans de pouvoir, les communistes sont parvenus à faire décoller l’économie chinoise au prix d’un renoncement total aux principes des pères fondateurs, mais cette réussite s’accompagne d’une irrésistible envolée de la corruption. Ningbo, une grande ville portuaire de l’est du pays, résume à elle seule les contradictions du décollage économique, avec ses usines dernier cri, ses sièges sociaux flambant neufs et son scandale de corruption qui a décimé la municipalité. Ningbo, l’un des premiers ports chinois ouverts au commerce étranger par le traité de Tianjin (Tien-tsin) en 1858, a retrouvé la prospérité à la faveur des réformes engagées par le patriarche Deng Xiaoping à la fin des années 1970 en rupture totale avec le système collectiviste que le fondateur de la République populaire, Mao...