On présente souvent le Liban comme le carrefour entre Occident et Orient. Mais dans le domaine de l’audiovisuel, les regards sont plus braqués vers les pays arabes, friands de la technologie des producteurs libanais. Le Liban victime de sa petitesse? Il y a de ça pour expliquer le surplus d’intérêt des professionnels pour le monde arabe. Même s’il y a au Liban des campagnes à très gros budgets, elles restent minoritaires. La clientèle libanaise Elle ne représente en moyenne que 25% des projets réalisés par les maisons de production audiovisuelle. Jean-Pierre Sikias, directeur de Laser Films, explique cela très simplement : «Le Liban est un petit pays. Les grosses campagnes comme celle de Coca-Cola sont diffusées dans le monde entier ; elles sont donc rapidement amorties. En revanche, les annonceurs libanais ont beaucoup moins d’argent, de clientèle potentielle. Un magasin de douceurs tripolitaines ne peut pas se permettre d’investir des milliers de dollars là-dedans». En regardant la télévision, on distingue deux catégories de publicités : une première très moderne, inspirée des tendances européennes, et une deuxième plus ringarde. Sur ce point, Nabil Issa de Signature regrette que l’on «traite un produit dit populaire d’une façon “seventies”». Selon lui, «n’importe quel produit peut être bien mis en valeur, grâce à une bonne réalisation». Mais il pense néanmoins que certains produits, comme des chips bon marché, n’ont pas besoin de visuel moderne : c’est alors une question de cible. Sur ce point, Marc Hadifé de City Films va à contre-courant. «La cible est un faux problème. Tous les produits méritent un beau visuel. Le genre de campagne “seventies” existe uniquement pour grossir les chiffres d’affaires». Le marché arabe De l’avis de tous, la clientèle arabe (jordanienne, syrienne, mais surtout séoudienne) permet à l’industrie libanaise de l’audiovisuel de ne pas trop ressentir la crise économique. Par exemple, la société Talkies, dirigée par Gabriel Chamoun, effectue «75% de son chiffre d’affaires grâce aux clients étrangers. Cela s’explique facilement: c’est un marché plus vaste que le Liban, plus intéressant financièrement et plus professionnel. De plus, les Arabes du Golfe aiment travailler avec des Libanais pour leur côté créatif. Mais dans ce domaine, nous avons des règles à respecter. Par exemple, pour une publicité de lessive, nous ne pouvons pas montrer une femme sans un homme, sans faire comprendre directement qu’il est son mari. Nous réalisons souvent deux spots différents, l’un pour la diffusion hertzienne, l’autre pour le satellite où nous avons plus de liberté». Chez Intaj et City films, la politique est strictement la même. Ainsi les deux sociétés réalisent presque 70% de leur chiffre d’affaires en travaillant avec les pays arabes.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats On présente souvent le Liban comme le carrefour entre Occident et Orient. Mais dans le domaine de l’audiovisuel, les regards sont plus braqués vers les pays arabes, friands de la technologie des producteurs libanais. Le Liban victime de sa petitesse? Il y a de ça pour expliquer le surplus d’intérêt des professionnels pour le monde arabe. Même s’il y a au Liban des campagnes à très gros budgets, elles restent minoritaires. La clientèle libanaise Elle ne représente en moyenne que 25% des projets réalisés par les maisons de production audiovisuelle. Jean-Pierre Sikias, directeur de Laser Films, explique cela très simplement : «Le Liban est un petit pays. Les grosses campagnes comme celle de Coca-Cola sont diffusées dans le monde entier ; elles sont donc rapidement amorties. En revanche, les annonceurs libanais ont...