La production audiovisuelle est une véritable industrie, avec ses mécanismes et ses contraintes. Mais quand ces dernières commencent à freiner le dynamisme des professionnels, ceux-ci aimeraient bien taper sur la table. À l’image de Gabriel Chamoun de la société Talkies, les professionnels remarquent plusieurs phénomènes dans l’excercice de leur métier : «Il y a de moins en moins de contraintes techniques ou humaines, mais le manque de liquidités et les démarches administratives longues et coûteuses ralentissent l’activité de notre industrie». Des douanes très rigides Comme dans beaucoup de secteurs économiques, les taxes douanières pèsent très lourd sur les épaules des entrepreneurs. La production audiovisuelle nécessite de gros moyens techniques. Des machines coûtant 300 000 dollars taxes incluses sont alors difficiles à amortir. Tous les professionnels se plaignent des lenteurs administratives des douanes. De plus, celles-ci ne sont pas équipées pour regarder des enregistrements revenant au Liban sur un format numérique par exemple. Jean-Pierre Sikias, de la société Laser Films, remarque que «le système de censure n’est pas adapté à cette industrie qui a besoin de travailler le plus rapidement possible. Bloquer des CD-ROM ou des cassettes pendant une semaine peut être désastreux pour nous». Les douanes induisent donc des retards, mais aussi des sommes financières importantes à débourser pour un professionnel. Ainsi, Marc Hadifé de City Films ne comprend pas pourquoi il faut «payer 400 000 livres libanaises par vidéocassette pour faire un casting de mannequins étrangers». Même idée chez Signature, où Nabil Issa considère que «les douanes nous rendent la vie difficile. Un colis DHL peut être immobilisé huit jours. L’État libanais devrait aider l’industrie de la production audiovisuelle». Où sont les subventions ? La question derrière tout cela reste l’éventuel rôle de l’État. Même si celui-ci a d’autres priorités, les professionnels regrettent qu’il ne favorise pas plus cette industrie qui pourrait être encore plus florissante. À travers les douanes bien sûr, mais aussi de subventions à la production. Ainsi, Jean-Pierre Sikias fait un parallèle entre les situations libanaise d’un côté, et française et italienne de l’autre : «Dans ces deux pays, l’industrie cinématographique serait morte sans les aides régulières de l’État. Un projet de zone franche au Liban avait été lancé il y a quelque temps. Il y a tout ici pour faire du Liban le Hollywood du Moyen-Orient: on a le soleil toute l’année, des talents qualifiés et des sites extérieurs de tournage exceptionnels. C’est dommage de ne pas profiter de cela». Nabil Issa remarque de son côté que «l’industrie libanaise a un rôle-moteur à jouer dans la région. L’industrie égyptienne est plus importante en terme de chiffres, mais beaucoup moins sophistiquée. Dans cette situation, l’État devrait nous aider». Marc Hadifé, lui, compare l’activité au Liban avec le reste du monde : «Dans la majorité des pays du monde, les États allègent les taxations sur les jeunes entreprises pour leur permettre de décoller. Ici, c’est l’inverse. Les taxes sur les softwares audiovisuels ont été augmentées. Recevoir une simple cassette par courrier devient un luxe car la déclaration auprès des douanes libanaises coûte 400 000 LL».
La production audiovisuelle est une véritable industrie, avec ses mécanismes et ses contraintes. Mais quand ces dernières commencent à freiner le dynamisme des professionnels, ceux-ci aimeraient bien taper sur la table. À l’image de Gabriel Chamoun de la société Talkies, les professionnels remarquent plusieurs phénomènes dans l’excercice de leur métier : «Il y a de moins en moins de contraintes techniques ou humaines, mais le manque de liquidités et les démarches administratives longues et coûteuses ralentissent l’activité de notre industrie». Des douanes très rigides Comme dans beaucoup de secteurs économiques, les taxes douanières pèsent très lourd sur les épaules des entrepreneurs. La production audiovisuelle nécessite de gros moyens techniques. Des machines coûtant 300 000 dollars taxes incluses sont...
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