L’offre du dollar s’est développée hier à Beyrouth à des fins de placement en livre, à la veille de la souscription aujourd’hui à l’émission hebdomadaire de bons du Trésor libanais. Mais après que la Banque du Liban (BDL) eut maintenu ses deux taux d’intervention en l’état, entre 1501,00 LL à l’achat et 1 514,00 LL à la vente, le billet vert a dû achever la journée au taux moyen indicatif de 1 507,50 LL, comme depuis jeudi dernier. Dans ces conditions, les établissements de crédit ont été amenés encore un fois à négocier le dollar au point inférieur d’intervention de la BDL, à 1 501,00 LL, en l’absence d’autres contreparties valables à l’achat en de hors de celle-ci à ce prix, ont indiqué les cambistes de la place. Quant au volume d’affaires, il aurait dépassé un peu le seuil de dix millions de dollars, en grande partie absorbés par la BDL, a-t-on ajouté dans ces mêmes milieux. L’avancée du yen se poursuit aux dépens du dollar À l’étranger, le dollar a reculé face aux principales devises hier sur les marchés des changes internationaux après l’annonce d’une faible augmentation de l’inflation aux États-Unis le mois dernier, qui a éloigné les perspectives d’un nouveau relèvement des taux d’intérêt américains. Le yen s’est apprécié encore davantage pour monter à son plus haut niveau depuis février 1996 face au billet vert avant que ce dernier soufflait un peu après l’ouverture en hausse de Wall Street. De fait, les cambistes ont profité hier de l’absence des opérateurs japonais et de la Banque du Japon, en congé à l’occasion d’une fête nationale, pour pousser le yen encore plus haut. La publication des données sur l’inflation aux États-Unis n’a donc pas permis que passagèrement au dollar de recouvrer une partie du terrain qu’il avait perdu dans la matinée en Europe. Cela d’autant que le marché américain des actions demeurait nerveux. L’annonce d’une hausse de 0,1 % de l’indice de base des prix à la consommation aux Etats-Unis en août, à l’exception des secteurs de l’énergie et de l’alimentation, a affaibli la probabilité d’une nouvelle augmentation des taux d’intérêt américains début octobre, sans que cela puisse se répercuter favorablement et d’une façon durable sur Wall Street. Ce phénomène semblait donc expliquer l’évolution peu réjouissante du dollar hier face aux autres grandes monnaies, à en croire les cambistes. Selon ces mêmes milieux, le marché devrait pousser le dollar vers les 100 yens à l’approche de la réunion du groupe des Sept la semaine prochaine, pour tester d’un côté les intentions de la Banque du Japon et pour forcer la main, d’un autre côté, aux ministres des Finances de ce groupe afin qu’ils interviennent pour freiner l’ascension de la devise japonaise. La forte progression du yen a continué à peser sur l’euro qui s’est plus déprécié face à la devise nippone que face au dollar car les investisseurs sont plus prudents sur la parité dollar/yen en raison des risques d’intervention. Par ailleurs, l’euro a souffert de nouveaux chiffres allemands décevants faisant part hier d’un recul des ventes de détail en juillet. La livre sterling s’est quant à elle légèrement ressaisie face au billet vert mais n’a pas réagi sensiblement à l’annonce d’une nouvelle baisse du chômage au Royaume-Uni le mois dernier, le plus bas depuis 19 ans. C’est dans ce contexte que le dollar, fragilisé par la grande fermeté du yen, s’est finalement négocié à New York sur un ton vulnérable comme suit : – 1,0402 pour un euro contre 1,0355, la veille – 1,6155 pour un sterling contre 1,6070 – 1,8800 DM contre 1,8890 – 6,3055 FF contre 6,3355 – 1,5430 FS contre 1,5485 – 1 861,25 lires contre 1 870,10 – 104,20 yens contre 105,80. Bourse de Beyrouth : baisse de Solidere B Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth s’est ressentie hier de la baisse des actions B de Solidere de 7 1/2 à 7 1/8 dollars, dans un contexte de stabilité sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a diminué de 0,43 % à 75,54 points, alors que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires s’est maintenu en l’état à 179,84 points. Ce mouvement s’est produit malgré la propension du marché à la demande plutôt qu’à l’offre des actions B de Solidere et ce dans un volume d’affaires excessivement mince dans l’ensemble avec seulement 12 039 actions négociées d’une valeur globale de 72 408 dollars. Wall Street : fragilisée par les ventes bénéficiaires Par ailleurs, Wall Street, qui avait entamé la séance d’hier en forte hausse à l’annonce d’un indice des prix à la consommation meilleur que prévu, n’a pas tardé à céder tout le terrain qu’elle avait gagné et d’en perdre davantage sur des ventes bénéficiaires. La Bourse de New York a été tirée à la baisse d’un côté par la glissade du dollar face au yen faisant affluer les fonds américains vers des actifs japonais, et d’un autre côté par la vigueur continue de l’économie américaine qui va probablement conduire la Réserve fédérale (Fed) à resserrer davantage sa politique. Ce sentiment a été renforcé hier par l’annonce d’une hausse du salaire hebdomadaire aux États-Unis de 0,2 % le mois dernier, après une contraction révisée à 0,1 % en juillet au lieu d’une hausse de 0,1 %, laissant craindre l’impact inflationniste de ce phénomène sur une économie qui ne cesse de créer de nouveaux emplois non agricoles. De plus, les attaques à la baisse dont faisait l’objet le secteur de la haute technologie ont également pesé sur l’ensemble de la cote. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est retombé d’un plus haut à 11 013,86 points à un plus bas 10 861,57 points avant d’afficher en préclôture 10.896,91 points, en baisse de 13,42 points sur la veille. Baisse des Bourses européennes Les Bourses européennes ont abandonné leurs gains mercredi pour clôturer en baisse affectées par la crainte d’un éventuel relèvement des taux d’intérêt américains en dépit de la publication d’un indice des prix à la consommation (CPI) plus faible que prévu aux États-Unis. Alors qu’ils étaient momentanément passés dans le positif après la publication de l’indice, les marchés ont rapidement cédé du terrain, conformément à la tendance des obligations américaines et de Wall Street. «Les marchés étaient très attentifs aux taux d’intérêt et à l’inflation. Le CPI aurait pu les rassurer,mais la question de fond persiste», estime David Thwaites, de BNP European. La Bourse de Paris a perdu 0,75 %, celle de Londres 0,79 % et celle de Francfort 0,26 %. L’indice Eurotop 300 a cédé 0,20 % tout comme l’Euro STOXX 50 des valeurs vedettes de la zone euro. Les marchés continueront de se positionner par rapport aux obligations, les emprunts américains étant incapables de résister aux fluctuations observées aux États-Unis. Les valeurs de l’informatique ont été affectées par les dégagements opérés sur la société américaine Oracle, en raison de la publication de résultats inférieurs aux prévisions les plus optimistes. Ses concurrents néerlandais Baan Co et allemand SAP AG ont respectivement perdu 5 % et 3,70 %. Les valeurs de la distribution ont faibli avec un indice STOXX en baisse de 1,50 %, après la publication en Allemagne de statistiques décevantes sur les ventes au détail. Dans le secteur des assurances, la compagnie allemande Allianz a apporté un réconfort après la publication de résultats très satisfaisants au premier semestre et l’annonce de l’intégration au sein du directoire d’un banquier très réputé. En Italie, une nouvelle bataille boursière s’est engagée, marquée par une hausse de 3,20 % d’INA. Le conseil d’administration de la compagnie d’assurances, réuni dans la journée, a rejeté à l’unanimité l’offre jugée hostile présentée par Generali qui a gagné 2,50 %. Il s’est également déclaré déterminé à accélérer les négociations en vue d’une fusion avec son principal actionnaire privé, la banque San Paolo IMI. La présentation du budget 2000 par le gouvernement français n’a provoqué aucune réaction sur le marché, les grandes lignes ayant déjà été dévoilées les jours précédents, selon les boursiers. Du côté des valeurs, la cote a notamment été tirée vers le bas par d’importantes prises de bénéfice sur les pétrolières : TotalFina a perdu 3,82 % à 126 EUR et Elf 3,66 % à 181,50 EUR. Thomson-CSF a reculé de 3,97 % à 34,55 EUR. Le groupe d’aéronautique et d’armement a pourtant quintuplé son bénéfice net semestriel à 203,2 M EUR (1,333 md FF). Danone a cédé 2,05 % à 238,50 EUR, malgré des bénéfices semestriels conformes aux attentes des analystes (+13,7 % à 341 M EUR), voire meilleurs selon Goldman Sachs, qui a maintenu son objectif de cours à 330 EUR. En baisse également, les valeurs liées au BTP, dans le sillage d’Eiffage, qui a dégringolé de 9,31 % à 68,70 EUR après des résultats semestriels décevants. Le titre a même dû être réservé à la baisse pendant un quart d’heure en cours de matinée. Groupe GTM (Suez Lyonnaise des eaux) a également été durement touché, reculant de 8,17 % à 110,10 EUR. La banque belge KBC Securities a abaissé sa recommandation d’accumuler à alléger. Saint-Gobain a perdu 1,99 %, Lafarge 3,62 %, Legrand 0,45 %, Schneider 0,65 %, Rexel 4,21 %, Colas (groupe Bouygues) 2,28 % et Bouygues 0,94 %. Castorama a perdu 5,73 % à 247 EUR, malgré ses bons résultats semestriels. Toutes ces valeurs avaient beaucoup progressé ces dernièrs semaines. Les technologiques, déjà affectées mardi par la baisse du Nasdaq, ont poursuivi leur chute : Equant a cédé 2,27 % à 73,30 EUR et Cap Gemini 4,35 % à 169,30 EUR. En revanche, ST Microelectronics a gagné 0,49 % à 71,55 EUR. Quelques titres se sont distingués à la hausse : Michelin a bondi de 5,03 % à 47 EUR, les investisseurs se replaçant après la forte correction du titre depuis quelques séances. Sagem a grimpé de 6,35 % à 268 EUR après avoir annoncé un bénéfice semestriel meilleur que prévu (+19, % à 333,2 MF, 50,80 M EUR). Sanofi Synthélabo a gagné 3,71 % à 39,10 EUR. L’action du fabricant de pâte à papier La Rochette a bondi de 9,88 % dans un gros volume représentant 1,89 % de son capital.
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