Le titre du film de l’Iranien Abbas Kiarostami, Le vent nous emportera (The Wind will Carry us), est emprunté à un poème de Forough Farrokhzad, morte à l’âge de 33 ans. Il s’agit, comme on l’a décrit, d’un puzzle poétique. Comme s’il poursuivait le voyage entrepris dans ses films précédents, Et la vie continue ou Le goût de la cerise, Palme d’or 97 à Cannes, ce réalisateur de 59 ans filme un homme en voiture (que tous appellent l’ingénieur) sur une route qui serpente à flanc de colline, dans un paysage semi-désert. Des déambulations, parfois teintées d’humour, prétextes à réflexion sur la vie, la mort, la nature. Cette fois-ci, Abbas Kiarostami entraîne le spectateur jusqu’à Siah Dareh, un petit village isolé du Kurdistan iranien. Là c’est l’époque des moissons, les champs dorés se découpent sur l’horizon comme des tableaux de Cézanne ou Van Gogh, la vie suit son cours, les femmes au travail, les enfants à l’école ou derrière les troupeaux. Un médecin en moto cherche des patients, tout en admirant la beauté de la nature et en récitant des poèmes. Que fait l’ingénieur, l’oreille rivée à son téléphone mobile, à flâner surtout près de l’ancien cimetière où un homme creuse. Que cherche-t-il ? Kiarostami propose un puzzle à un public exigeant, une sorte d’interactivité. «Un film sans histoire n’a pas beaucoup de succès, reconnaît-il, mais une histoire doit avoir des trous, des cases vides comme dans les mots croisés et c’est au spectateur de les combler». À la fin, l’ingénieur jette dans le courant d’une rivière un tibia trouvé au début du film, comme dans 2001 Odyssée de l’espace, Stanley Kubrick lançait un os dans l’infini... un morceau du puzzle à recomposer. Le cinéaste a créé la surprise en annonçant lors de la cérémonie de clôture que c’était la dernière fois qu’il participait à une compétition. Le réalisateur a expliqué ensuite qu’après trente ans de métier, il souhaite «laisser la place aux jeunes». Abbas Kiarostami a affirmé qu’il n’était pas déçu de ne pas avoir le Lion d’or. Le Grand Prix du jury est «un prix spécial pour un film spécial», a-t-il dit, ajoutant qu’il avait eu tous les prix qu’il souhaitait. Le réalisateur, qui a commencé à tourner au début des années 70, a précisé qu’il pensait à se retirer des compétitions depuis un certain temps déjà et que cela ne l’empêcherait pas de participer à des festivals.
Le titre du film de l’Iranien Abbas Kiarostami, Le vent nous emportera (The Wind will Carry us), est emprunté à un poème de Forough Farrokhzad, morte à l’âge de 33 ans. Il s’agit, comme on l’a décrit, d’un puzzle poétique. Comme s’il poursuivait le voyage entrepris dans ses films précédents, Et la vie continue ou Le goût de la cerise, Palme d’or 97 à Cannes, ce réalisateur de 59 ans filme un homme en voiture (que tous appellent l’ingénieur) sur une route qui serpente à flanc de colline, dans un paysage semi-désert. Des déambulations, parfois teintées d’humour, prétextes à réflexion sur la vie, la mort, la nature. Cette fois-ci, Abbas Kiarostami entraîne le spectateur jusqu’à Siah Dareh, un petit village isolé du Kurdistan iranien. Là c’est l’époque des moissons, les champs dorés se...
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