Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Cinq ans après le Rwanda, la crise mine la crédibilité de l'ONU(photo)

Cinq ans après la tragédie du Rwanda et ses massacres commis sous les yeux de soldats de la paix des Nations unies, l’histoire se répète au Timor-Oriental, où l’Onu est une nouvelle fois humiliée. Le parallèle entre les deux drames a été établi mercredi par un ancien ministre de la Défense français, le socialiste Paul Quiles, qui a présidé l’année dernière la mission d’information parlementaire sur le rôle de la France au Rwanda de 1990 à 1994. «Si aucune intervention n’est décidée dans les prochaines heures (au Timor-Oriental), il y a un risque de catastrophe humanitaire, voire de génocide», a déclaré M. Paul Quiles. «C’est l’épisode tragique du Rwanda qui risquerait de se répéter», a-t-il ajouté. M. Paul Quiles réagissait à l’annonce du retrait de la mission de l’Onu envoyée au Timor-Oriental pour aider à organiser et contrôler le référendum au cours duquel la majorité de la population s’est prononcée pour l’indépendance (le dernier carré des membres de cette mission refuse toutefois d’être évacué). Cette «mauvaise nouvelle» lui rappelle les prémices de la tragédie au Rwanda. Un millier de Casques bleus avaient été envoyés dans ce petit pays africain par les Nations unies pour aider à la mise en œuvre d’un accord conclu entre le gouvernement rwandais et son opposition armée, le Front patriotique rwandais (FPR). À l’époque, l’homme chargé des opérations de maintien de la paix de l’Onu était le Ghanéen Kofi Annan, aujourd’hui secrétaire général des Nations unies. La Minuar – c’était le nom de la mission – était déployée à Kigali lorsque les massacres ont commencé le 6 avril 1994. Ses responsables avaient signalé à plusieurs reprises à New York la montée des tensions dans le pays. Faute de mandat, les soldats de l’Onu ont dû assister, impuissants, à la tuerie à coups de machette de milliers d’hommes, femmes et enfants de l’ethnie tutsie par des miliciens hutus, épaulés par les membres des Forces armées rwandaises (FAR). Le génocide a fait au moins un demi-million de morts. Dix Casques bleus belges chargés de la protection du Premier ministre rwandais, contraints par leurs supérieurs de rendre leurs armes, ont été assassinés et l’image de leurs camarades déchirant avec leurs poignards leurs bérets bleus à leur retour en Belgique a bouleversé le royaume. Une opération internationale a été montée de toute urgence pour évacuer les occidentaux et les membres de l’Onu, mais un grand nombre de leurs collaborateurs rwandais ont été «oubliés» et massacrés. Cinq ans après, l’histoire se répète à l’autre bout du monde, sur la partie orientale de l’île de Timor, ancienne colonie portugaise dont la population est majoritairement chrétienne, annexée en 1976 par l’Indonésie. Comme au Rwanda, un accord a été trouvé entre l’Onu, qui n’a jamais reconnu l’annexion, et l’Indonésie pour mettre un terme à l’instabilité au Timor-Oriental, où les affrontements depuis l’intervention indonésienne ont fait au moins 200 000 morts. Signé le 5 mai à New York par le gouvernement indonésien et l’Onu et visé par le Conseil de sécurité, l’accord prévoyait l’organisation d’un référendum et était assorti d’engagements pris par Djakarta sur la sécurité du scrutin et les dispositions à prendre selon son résultat. L’Onu a dépêché une mission à Timor – l’Unamet – composée de 760 policiers et de militaires, pour aider à l’organisation du vote. Désarmés, à la demande expresse de Djakarta, ils avaient essentiellement une fonction de «liaison et de conseil». Bloqués par les milices anti-indépendantistes et placés sous la garde de l’armée indonésienne après l’annonce du choix de l’indépendance, seuls certains, sur une base volontaire, pourront ne pas être évacués et donc rester dans le territoire, a admis M. Kofi Annan. L’envoi d’une force de paix internationale est de plus en plus évoqué. Mais la décision tarde car aucun État ne veut intervenir sans l’accord de Djakarta.
Cinq ans après la tragédie du Rwanda et ses massacres commis sous les yeux de soldats de la paix des Nations unies, l’histoire se répète au Timor-Oriental, où l’Onu est une nouvelle fois humiliée. Le parallèle entre les deux drames a été établi mercredi par un ancien ministre de la Défense français, le socialiste Paul Quiles, qui a présidé l’année dernière la mission d’information parlementaire sur le rôle de la France au Rwanda de 1990 à 1994. «Si aucune intervention n’est décidée dans les prochaines heures (au Timor-Oriental), il y a un risque de catastrophe humanitaire, voire de génocide», a déclaré M. Paul Quiles. «C’est l’épisode tragique du Rwanda qui risquerait de se répéter», a-t-il ajouté. M. Paul Quiles réagissait à l’annonce du retrait de la mission de l’Onu envoyée au...