L’Espagnol Abel Anton a non seulement transporté de joie toute l’Espagne en remportant l’épreuve mythique du marathon, mais il est entré dans la légende de cette épreuve en accomplissant l’exploit de conserver le titre samedi au cours de l’avant-dernière journée des championnats du monde marquée aussi par les succès d’Ivan Pedroso à la longueur et de Gail Devers au 100 m haies. Ils n’étaient que deux athlètes à avoir réussi cette performance de gagner deux titres consécutifs du marathon dans un grand rendez-vous, l’Ethiopien Abebe Bikila en 1964 et l’Allemand de l’Est Waldemar Cierperski, en 1976, à chaque fois aux Jeux olympiques. Anton, 36 ans, ancien spécialiste du 5 000 et du 10 000 m, est devenu le troisième. C’est grâce à une extraordinaire fin de course qu’Anton est parvenu à conserver son titre. Il a ainsi rejoint le Japonais Nobuyuki Sato, longtemps seul au commandement, avant de le lâcher irrésistiblement et de s’envoler vers la victoire. Devant 60 000 spectateurs hurlant de joie, l’Espagnol a triomphé les bras levés, parcourant les 42,195 km en 2h 13 min 36 sec, excellent temps, compte tenu de la chaleur (30 degrés), la médaille d’argent étant enlevée par l’Italien Vincenzo Modica, à 27 secondes, et le bronze par Sato, à 31 secondes du vainqueur. Avant Anton, un Espagnol, Martin Fiz, avait déjà apporté le titre mondial du marathon en 1995. C’est le chef du gouvernement espagnol, Jose Maria Aznar, qui a remis la médaille d’or au héros de la soirée. Pedroso à la longueur Le triomphe aurait pu être complet pour l’Espagne si l’une de ses nouvelles idoles de l’athlétisme Yago Lamela avait gagné le concours du saut en longueur messieurs. Mais après une belle résistance, Lamela (8,40 m) a dû se contenter de l’argent derrière le Cubain Ivan Perdoso, qui avec un bond de 8,56 m a remporté pour la troisième fois le titre mondial. Avant lui, les Américains Carl Lewis et Mike Powell n’avaient gagné que deux fois de suite aux championnats du monde. Pour sa part, l’Américaine Gail Devers a enrichi un palmarès déjà bien rempli en s’adjugeant avec une belle maîtrise une troisième couronne du 100 m haies en 12 sec 37 devant la Nigériane Glory Alozie (12 sec 44) et la tenante du titre, la Suédoise Ludmila Engquist (12 sec 47). Un nouveau titre pour l’Américaine notamment championne olympique du 100 m plat en 1992 et 1996. Dans cette course, la Française Patricia Girard, médaille de bronze aux Jeux d’Atlanta, a été fort décevante, terminant à la huitième et dernière place en 12 sec 97. Dans le 5 000 m messieurs, le titre a échappé au Kenya pour la première fois depuis 1991. Il est revenu au Marocain Salah Hissou, qui a triomphé en 12 min 58 sec 13 grâce à deux derniers tours menés tambour battant qui ont complètement anéanti les espoirs de succès des Kenyans Benjamin Limo, deuxième, et surtout du tenant du titre Daniel Komen, cinquième. Hissouh, deuxième performeur mondial de l’année, a ainsi rejoint au palmarès son célèbre compatriote Saïd Aouita qui en 1987 avait remporté le titre du 5 000 m. Enfin, le javelot féminin a changé également de propriétaire. C’est une représentante grecque, Mirela Manjani-Tzelili, troisième meilleure performeuse de la saison, qui l’a emporté avec un jet de 67,09 m. Elle a devancé la Russe Taytyana Shikolenko (66,37 m), championne en 1995, et la tenante du titre, la Norvégienne Trine Hattesdtad, médaille de bronze avec 66,06 m. 4x100 m dames: la surprise bahaméenne Sevatheda Fynes, Chandra Sturrup, Pauline David-Thompson et Debbie Ferguson ont fait flotter la bannière des Bahamas dans le stade olympique de Séville, en remportant le titre mondial du relais 4x100 m dames, dimanche. Drapées dans leur tenue bleu azur bardée de jaune, le quatuor rayonnait sur la première marche du podium, avec à leurs côtés les Françaises (2e) et les Jamaïcaines (3e), tandis que retentissait l’hymne national bahaméen. Pour la deuxième fois seulement de l’histoire des mondiaux, après la victoire de Troy Kemp au concours de la hauteur en 1995 à Goeteborg. «C’est un résultat fantastique pour notre petite nation», s’exclamait Debbie Ferguson, chargée de conclure en 41 sec 92/100, meilleure performance mondiale de l’année, à 55/100 du vieux record du monde établi en 1985 par les étoiles de l’ex-RDA. «Nous étions venues pour gagner même si les Américaines étaient les filles à battre». Les États-Unis ont dû se contenter de la quatrième place, malgré la présence des championnes Inger Miller et Gail Devers aux deux derniers relais. «Nous avions les filles pour réussir», assurait Pauline Davis-Thompson, deuxième relayeuse bahaméenne, faisant référence aux résultats obtenus dans les épreuves individuelles. Elle surprenait en revanche en assurant que le quatuor ne s’était pas entraîné ensemble avant l’arrivée à Séville. «Après toutes ces années passées dans l’ombre des Américaines, cette victoire prouve que les bonnes choses arrivent à qui sait attendre», ajoutait-elle. Ce même quatuor qui avait terminé quatrième en 1995 et 6e en 1997, parvenant entre-temps à la deuxième marche du podium olympique à Atlanta. Dans leur bonheur, elles n’oubliaient pas de dédier cette victoire à un compatriote disparu en mars dernier «Ian Thompson qui fut finaliste de la hauteur aux Jeux de 1996 et 1997». Avant d’évoquer les célébrations qu’elles envisagent de retour au pays. «J’espère qu’ils vont organiser un immense Junkanoo, une sorte de carnaval qui a lieu habituellement au Nouvel An», glissait Debbie Ferguson...
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