Les derniers défilés des collections haute couture parisiennes, en juillet passé, ont confirmé que la noble dame était en pleine restructuration. Vingt-cinq griffes ont donné leur vision de l’hiver 2000, dans le cadre du calendrier officiel. Une douzaine d’autres, moins huppées et plus neuves, ont profité de l’occasion pour attirer l’attention sur leur travail. Des journalistes étrangers et autochtones étaient présents à cette dernière révérence de la mode au siècle qui se termine. De son côté, Paco Rabanne, le visionnaire, a décidé d’arrêter, après 33 ans de créativité révolutionnaire, sa haute couture, lourdement déficitaire. Le groupe espagnol Puig, propriétaire également d’une autre maison de la «Haute», fermée pour la même raison en 1998, n’a pas hésité à donner son accord à cette nouvelle fermeture. Comme on le constate, la vieille institution se plie aux réalités contemporaines, avec réticence peut-être mais sans pouvoir faire autrement, et aux impératifs de rentabilité instaurés par ses nouveaux bailleurs de fonds. Ce sont eux, en effet, qui imposent leurs lois dans le sanctuaire de l’élégance parisienne. Une élégance, en effet, qui ne ressemble pas du tout à la légendaire défunte. Ainsi, le créateur Hervé Léger a présenté sa première collection haute couture, officielle, sans en être le créateur. Renvoyé en avril passé par le nouveau propriétaire de sa griffe, l’Américain Max Azria, il a été remplacé par le styliste Jerôme Dreyfus, signataire des trente premiers modèles de la griffe Hervé Léger! Face à ces absurdités, on parle d’impératifs financiers et de rationalisation économique, seuls moyens de sauver de la noyade certaine la prestigieuse aïeule tout en mettant au pas ses fantasques serviteurs. Au-dessus de leurs têtes, les nouveaux maîtres livrent de sanglantes batailles financières. Sujet palpitant sans doute pour de nouveaux «suspens» de l’édition et de la pellicule. Mais qu’en est-il de la création? Il y a des vieilles signatures qui restent inimitables, des styles que l’histoire enregistre sans souci de rentabilité. Il y a une gratuité de geste, une foi absurde mais géniale qui fait de l’homme un roi... Jusqu’à présent, il n’existe aucun logiciel en mesure d’en fournir la formule magique... Le peuple, donc l’homme, n’a pas seulement besoin de pain. Il a besoin de croire...
Les derniers défilés des collections haute couture parisiennes, en juillet passé, ont confirmé que la noble dame était en pleine restructuration. Vingt-cinq griffes ont donné leur vision de l’hiver 2000, dans le cadre du calendrier officiel. Une douzaine d’autres, moins huppées et plus neuves, ont profité de l’occasion pour attirer l’attention sur leur travail. Des journalistes étrangers et autochtones étaient présents à cette dernière révérence de la mode au siècle qui se termine. De son côté, Paco Rabanne, le visionnaire, a décidé d’arrêter, après 33 ans de créativité révolutionnaire, sa haute couture, lourdement déficitaire. Le groupe espagnol Puig, propriétaire également d’une autre maison de la «Haute», fermée pour la même raison en 1998, n’a pas hésité à donner son accord à cette...
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