Perspectives économiques sombres et risque d'émergence d'un démagogue en Russie
le 05 mai 1999 à 00h00
La Russie continue à s’enfoncer dans la crise économique et l’approche des élections législatives de décembre fait peser le danger de l’émergence d’un «démagogue» prompt à exploiter l’incapacité du gouvernement Primakov à résorber les difficultés, estime l’IISS. Malgré le récent retour sur le devant de la scène du président Boris Eltsine, le chef de l’État a clairement «perdu son influence politique», juge l’Institut d’études stratégiques. «La vie quotidienne de la population est sombre, la criminalité florissante, la police fonctionne de manière rudimentaire, beaucoup de gens qui ne sont pas payés en liquide doivent compter sur le troc pour subsister», relève l’IISS. Fin 1998, le PIB russe avait chuté de 4,6 % par rapport à l’année précédente avec une inflation annuelle supérieure à 90 % et selon l’Institut, la fuite des capitaux étrangers atteignait jusqu’à 2 milliards de dollars par mois début mars. Plus grave, aucun des partis et candidats prêts à en découdre aux élections de décembre ne semble avoir de projet crédible pour faire sortir le pays du marasme après la crise financière d’août dernier. Et aucune solution ne sera «sans douleurs», prévient l’Institut. L’IISS met du coup en garde contre «l’apparition d’un nouveau démagogue». «La crise a donné davantage de voix aux ultranationalistes et aux partis extrémistes». Même si ces mouvements ont peu de chances de réaliser un score significatif lors du scrutin, ils sont en mesure d’influer sur l’atmosphère générale et la campagne des «grands» candidats. L’IISS s’inquiète à cet égard du regain des sentiments antioccidentaux en Russie à la faveur des bombardements de l’Otan en Yougoslavie. Si la poussée de nationalisme perdure, «les relations (de Moscou avec l’Occident) sont assurées de se dégrader» alors que le pays a un besoin pressant de crédits du FMI pour rembourser sa dette. Le problème, pour Moscou, est qu’après plusieurs années de sacrifice la population «n’est plus disposée» à poursuivre dans cette voie avec la seule promesse d’un «avenir prospère». Le pouvoir central doit en outre compter avec des conflits croissants l’opposant aux potentats régionaux, qui ont accru leur influence en 1998. L’IISS s’inquiète, en cas d’aggravation de la crise économique, des risques d’éclatement de la fédération russe. Même s’il n’a pas encore dévoilé clairement ses intentions, Evgueni Primakov est le candidat le plus sérieux pour succéder à Boris Eltsine à l’issue du scrutin présidentiel de l’été 2000. Mais, après des débuts louables en tant que Premier ministre, sa recherche éperdue de stabilité politique l’a transformé «en otage de la majorité conservatrice» à la Douma (Chambre basse du Parlement) et il s’est avéré «incapable» de mettre en œuvre des mesures impopulaires, morigène l’institut londonien. L’IISS veut tout de même croire à la possibilité d’une issue positive à la crise actuelle. Celle-ci pourrait paradoxalement favoriser l’émergence «d’une nouvelle génération de dirigeants politiques qui ne se cachent plus derrière les ombres du passé».
La Russie continue à s’enfoncer dans la crise économique et l’approche des élections législatives de décembre fait peser le danger de l’émergence d’un «démagogue» prompt à exploiter l’incapacité du gouvernement Primakov à résorber les difficultés, estime l’IISS. Malgré le récent retour sur le devant de la scène du président Boris Eltsine, le chef de l’État a clairement «perdu son influence politique», juge l’Institut d’études stratégiques. «La vie quotidienne de la population est sombre, la criminalité florissante, la police fonctionne de manière rudimentaire, beaucoup de gens qui ne sont pas payés en liquide doivent compter sur le troc pour subsister», relève l’IISS. Fin 1998, le PIB russe avait chuté de 4,6 % par rapport à l’année précédente avec une inflation annuelle supérieure...
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