Les appréciations divergent sur l’état de préparation des pays et des entreprises au bug de l’an 2000 alors que se tient à New York une conférence des coordonnateurs régionaux sur le sujet organisée sous l’égide des Nations unies. Le «bug de l’an 2000», ou «Y2K» en anglais, résulte de l’incapacité des ordinateurs à distinguer entre 2000 et 1900, dès lors que l’année est exprimée dans leurs programmes à l’aide des deux derniers chiffres seulement. «Le grand problème est au niveau local», a souligné John Koskinen, président du Conseil sur l’an 2000 créé aux États-Unis. «Le fait qu’un pays se considère prêt à l’échelon national ne doit pas dispenser de solutions de secours au niveau local», a-t-il déclaré lors de la conférence. Mais, comme le constate le coordonnateur mexicain Carlos Jarque, si nombre de banques de son pays ont prévu des centres de traitement manuel de leurs opérations en cas de panne informatique, ceux-ci ne sont accessibles que grâce à des cartes magnétiques pour ouvrir les portes... Susan Page, la représentante australienne, souligne que les informations sur l’état de préparation manquent pour les petites et moyennes entreprises. Son homologue pour l’Asie de l’est, Amable Aguiluz, précise que des escrocs tentent déjà de persuader les petits épargnants de leur confier leur argent plutôt qu’aux banques. En Chine, le piratage de logiciels rend difficile toute remontée à la source. Mais le représentant pour la Chine a brillé, lors d’une rencontre des coordonnateurs avec la presse à New York, par son absence. Les actions en justice Le G-8 (les sept pays les plus industrialisés et la Russie) a prévu d’organiser une conférence spéciale, à une date encore non déterminée, tout en remarquant «de véritables progrès» accomplis depuis un an. Le président russe Boris Eltsine a ordonné «des mesures immédiates», alors qu’il reste tout juste six mois avant le 31 décembre 1999. D’autres sont franchement pessimistes. CalPERS, la caisse de retraite des fonctionnaires californiens et l’un des premiers investisseurs mondiaux, a décidé de passer en revue toutes les sociétés (dans 48 pays) dans lesquelles elle investit pour vérifier leur état de préparation. «Un faible taux de réponses, par ailleurs très prudentes, à notre enquête indique que nombre de sociétés ne sont pas préparées aux problèmes informatiques du bug de l’an 2000», affirme la Caisse californienne. «Sur les 2 469 sociétés dans lesquelles CalPERS a investi plus de 35 milliards de dollars, seulement 600 ont répondu à l’enquête et seulement 13,5% d’entre elles ont donné des informations ou apporté des réponses significatives», a précisé CalPERS. Outre les problèmes informatiques, les plaintes des utilisateurs de systèmes défaillants représentent un autre risque. Le Sénat américain vient d’adopter une proposition de loi visant à éviter une éventuelle avalanche d’actions en justice et plafonnant les dommages et intérêts. Mais l’agence de notation financière américaine Standard and Poor’s estime que les sociétés d’assurance américaines n’ont pas assez pris la mesure des risques. «Il n’y a pas d’effort concerté de leur part pour répondre au bug», constate Standard and Poor’s, en soulignant toutefois que les lois antitrust rendent une telle approche difficile. «En Europe, au contraire, les compagnies d’assurance ont privilégié une approche concertée. Les assureurs français ont institué une plate-forme commune pour traiter les plaintes et aux Pays-Bas elles ont crée un fonds commun», souligne l’agence. L’inquiétude est aussi réelle sur les marchés financiers : l’association de l’industrie financière américaine (SIA) a recommandé à tous les marchés financiers américains de fermer à la même heure le 31 décembre (un vendredi) «et plutôt tôt que tard» pour consacrer toute leur énergie à la solution d’éventuels problèmes informatiques au cours du week-end.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les appréciations divergent sur l’état de préparation des pays et des entreprises au bug de l’an 2000 alors que se tient à New York une conférence des coordonnateurs régionaux sur le sujet organisée sous l’égide des Nations unies. Le «bug de l’an 2000», ou «Y2K» en anglais, résulte de l’incapacité des ordinateurs à distinguer entre 2000 et 1900, dès lors que l’année est exprimée dans leurs programmes à l’aide des deux derniers chiffres seulement. «Le grand problème est au niveau local», a souligné John Koskinen, président du Conseil sur l’an 2000 créé aux États-Unis. «Le fait qu’un pays se considère prêt à l’échelon national ne doit pas dispenser de solutions de secours au niveau local», a-t-il déclaré lors de la conférence. Mais, comme le constate le coordonnateur mexicain Carlos...