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Actualités - Chronologie

Royaume Uni Tony Blair à la recherche d'une stratégie sur l'euro

Tony Blair est à la recherche d’une nouvelle stratégie de communication sur la monnaie unique après la victoire des eurosceptiques aux élections européennes qui l’oblige à leur donner des gages tout en affirmant maintenir le cap d’une adhésion à terme de la Grande-Bretagne à l’euro. Les derniers propos du Premier ministre britannique sur la question, ce week-end, constituent un coup de barre «eurosceptique», estimait, unanime, la presse britannique hier. Il serait «stupide» de vouloir rejoindre l’union monétaire aujourd’hui, a-t-il dit dans une série d’interviews en marge du sommet du G8. «Je ne plaide pas en faveur d’une adhésion de la Grande-Bretagne aujourd’hui, les conditions économiques ne sont pas réunies», a-t-il ajouté. S’il n’a jamais été question d’adhérer immédiatement, ces propos dénotent un changement de ton et constituent une fin de non-recevoir pour ceux, en particulier dans les milieux d’affaires, qui voulaient que le Premier ministre sorte de sa réserve et engage une campagne pour convaincre l’opinion, toujours hostile. Selon la presse, ce recadrage du discours accrédite l’idée que le gouvernement a modifié son calendrier de travail pour l’organisation d’un référendum et l’éventuel abandon de la livre. Le porte-parole du Premier ministre a demandé hier à la presse de «se calmer» et affirmé que «la position du gouvernement (n’avait) pas changé d’un iota». Officiellement, la date du référendum est prévue «au début de la prochaine législature», qui commencera au plus tard en 2002 si les conditions économiques sont réunies. Concrètement, selon les commentateurs les mieux informés, le gouvernement travaillait sur l’hypothèse d’élections générales en 2001, suivies quelques mois plus tard de la consultation promise sur l’euro pour une adoption de la monnaie unique en 2002 ou 2003. La rumeur persistante depuis plusieurs semaines et constamment démentie est que l’équipe Blair n’estime plus pouvoir faire entrer la Grande-Bretagne dans l’union monétaire européenne avant 2004. Ce scénario, déjà évoqué avant les élections européennes, a été conforté par l’échec des travaillistes au scrutin et par la victoire des conservateurs sur une ligne très anti-euro. Les travaillistes avaient pourtant commencé l’année sur un mode beaucoup plus positif, dans la foulée du lancement de la monnaie unique. Un plan de transition vers l’euro avait été présenté en février par M. Blair à la Chambre des Communes pour être prêt dans l’hypothèse d’un oui futur à la monnaie unique. Ce plan était accompagné d’une autorisation donnée aux ministères pour consacrer une partie de leur budget à des préparatifs concrets. Mais depuis cette annonce, le gouvernement s’est montré particulièrement discret. La chute de l’euro sur le marché des changes et la mollesse de la croissance de la zone euro contrastant avec les signes de reprise de l’économie britannique ont affaibli les arguments en faveur de l’adhésion britannique et mis le gouvernement dans l’embarras, estime la presse. Devant ce silence, les milieux pro-euro ont commencé à montrer leur impatience et à demander que le Premier ministre ne se contente plus d’un soutien de principe à l’idée d’une adhésion mais mette son poids en faveur de l’euro. Les travaillistes, de leur côté, ont clairement fait comprendre que c’était aux milieux économiques de commencer le travail pour convaincre l’opinion. Une campagne dans ce sens, appelée Britain in Europe, sera lancée le mois prochain et certains, comme Niall Fitzgerald, le patron du groupe Unilever, avaient souhaité que le Premier ministre soit présent. Au vu des dernières déclarations de M. Blair, cela semble exclu.
Tony Blair est à la recherche d’une nouvelle stratégie de communication sur la monnaie unique après la victoire des eurosceptiques aux élections européennes qui l’oblige à leur donner des gages tout en affirmant maintenir le cap d’une adhésion à terme de la Grande-Bretagne à l’euro. Les derniers propos du Premier ministre britannique sur la question, ce week-end, constituent un coup de barre «eurosceptique», estimait, unanime, la presse britannique hier. Il serait «stupide» de vouloir rejoindre l’union monétaire aujourd’hui, a-t-il dit dans une série d’interviews en marge du sommet du G8. «Je ne plaide pas en faveur d’une adhésion de la Grande-Bretagne aujourd’hui, les conditions économiques ne sont pas réunies», a-t-il ajouté. S’il n’a jamais été question d’adhérer immédiatement, ces...