Le président Bill Clinton a dénoncé l’influence du lobby des armes sur le Congrès américain et mis en demeure la Chambre basse de revenir sur son rejet d’un projet de loi visant à renforcer les contrôles sur les ventes d’armes, samedi dans son allocution radiodiffusée hebdomadaire, prononcée depuis Cologne. Le rejet de cette loi, pour laquelle M. Clinton était monté au front depuis deux mois, a éclipsé dans la presse écrite et télévisée américaine les travaux du sommet des sept nations les plus industrialisées et de la Russie (G8), auquel participe le président américain. «C’est inacceptable. Nous ne pouvons pas permettre au lobby des armes (incarné par la toute puissante National Rifle Association - NRA) de réécrire nos lois et de saper nos valeurs», a déclaré M. Clinton dans cette allocution. «Aussi, aujourd’hui, je m’adresse au Congrès», a-t-il poursuivi. «Vous avez toujours la possibilité — et c’est même une obligation — d’agir comme il se doit et d’adopter une législation qui renforcera les contrôles sur les armes». Limiter la violence juvénile M. Clinton a rappelé le traumatisme national provoqué aux États-Unis il y a deux mois par le massacre de Littleton, lorsque deux lycéens marginaux avaient abattu dans leur établissement scolaire, avec des armes automatiques, douze lycéens et un professeur avant de se donner la mort. Cette tragédie, la plus grave survenue dans un établissement scolaire, a fait prendre conscience à une majorité d’Américains de la nécessité de réagir à la montée de la violence juvénile. Partisan depuis toujours d’une législation plus draconienne sur les ventes d’armes, M. Clinton avait déjà échoué en 1994 dans sa tentative d’obtenir un renforcement de la loi. Après la tragédie de Littleton, il avait essayé d’arracher au Congrès des mesures supprimant toute possibilité de vendre des armes sans contrôle, dans les marchés aux puces ou les foires-expositions d’armes, très populaires aux États-Unis. Le projet de loi renforçait également les pénalités contre les adultes trop laxistes, qui donnent accès aux armes à des mineurs. Le mois dernier, le Sénat, après avoir largement édulcoré ce texte, s’était ravisé et avait adopté de justesse cette législation, après de très intenses pressions de la Maison-Blanche, au grand dam du lobby des armes. Ce dernier a pris sa revanche vendredi lors du vote de la Chambre basse, malgré des interventions téléphoniques à longue distance du président Clinton auprès des parlementaires. Le texte, qui avait été largement vidé de sa substance par une série d’amendements, a finalement été rejeté par 280 voix contre 147. M. Clinton avait de toute façon menacé de mettre son veto à ce texte, devenu sans portée. Dans son allocution, le président a mis en garde le Congrès et la NRA, en rappelant qu’une majorité d’Américains souhaitait trouver des moyens de réduire la violence juvénile et d’empêcher des tragédies comme celle de Littleton. «Les Américains comprennent que des lois reflétant le bon sens n’empiètent pas sur nos droits, elles protègent nos vies. C’est aussi simple que cela», a-t-il dit.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président Bill Clinton a dénoncé l’influence du lobby des armes sur le Congrès américain et mis en demeure la Chambre basse de revenir sur son rejet d’un projet de loi visant à renforcer les contrôles sur les ventes d’armes, samedi dans son allocution radiodiffusée hebdomadaire, prononcée depuis Cologne. Le rejet de cette loi, pour laquelle M. Clinton était monté au front depuis deux mois, a éclipsé dans la presse écrite et télévisée américaine les travaux du sommet des sept nations les plus industrialisées et de la Russie (G8), auquel participe le président américain. «C’est inacceptable. Nous ne pouvons pas permettre au lobby des armes (incarné par la toute puissante National Rifle Association - NRA) de réécrire nos lois et de saper nos valeurs», a déclaré M. Clinton dans cette allocution....