Kosovars et Serbes sont logés à la même enseigne en Yougoslavie
le 17 juin 1999 à 00h00
Le conflit armé au Kosovo a eu pour victimes premières les civils kosovars d’origine albanaise, mais il a également frappé des Serbes vivant dans la province, de même que des défenseurs des droits de l’homme en Serbie, note Amnesty International. Au début mai, 800 000 personnes avaient fui le Kosovo, principalement vers la Macédoine et l’Albanie, et «des centaines de milliers» étaient déplacées à l’intérieur de la province. Quelque 250 000 avaient déjà été contraintes de quitter leur foyer entre mars et septembre 1998 suite aux exactions de la police et de l’armée serbe. Les expulsions se sont accompagnées de «meurtres, viols, tabassages et détentions arbitraires commis par la police serbe, l’armée yougoslave ou des paramilitaires», relève Amnesty. Quelque 60 000 personnes ont en outre gagné le Monténégro. Ils n’y étaient pas à l’abri de l’armée yougoslave qui, le 18 avril, aurait tué des femmes et des réfugiés lors d’une attaque près du village de Rozaje. L’Armée de libération du Kosovo s’est également rendue responsable d’exécutions arbitraires, d’enlèvements et de prises d’otages «quoiqu’à une échelle bien moindre». Depuis 1996, l’UCK «s’est attaquée à la police serbe, mais aussi aux civils soupçonnés de rester “loyaux” envers les autorités serbes», note Amnesty, qui impute à l’UCK le déplacement de force, l’emprisonnement et les mauvais traitements à «des non-combattants des communautés serbe, monténégrine, albanaise et rom». Amnesty a en outre «réclamé des explications de l’Otan» au sujet d’attaques ayant fait des victimes civiles. Les médias serbes indépendants «ont virtuellement cessé d’exister» en résultat «des pressions croissantes» des autorités. Les médias indépendants sont également l’objet d’attaques au Monténégro, selon Amnesty. En Serbie, un objecteur de conscience, Pavle Bozic, a été emprisonné, et quatre étudiants ont été incarcérés pendant 10 jours pour avoir peint des slogans antigouvernementaux. Amnesty relève en outre que la torture est fréquente dans les commissariats de la République fédérale de Yougoslavie, notamment au Kosovo, où elle aurait fait au moins cinq morts. Pour la seule année 1998, le conflit a fait 1 500 morts, en majorité des Albanais d’origine kosovare.
Le conflit armé au Kosovo a eu pour victimes premières les civils kosovars d’origine albanaise, mais il a également frappé des Serbes vivant dans la province, de même que des défenseurs des droits de l’homme en Serbie, note Amnesty International. Au début mai, 800 000 personnes avaient fui le Kosovo, principalement vers la Macédoine et l’Albanie, et «des centaines de milliers» étaient déplacées à l’intérieur de la province. Quelque 250 000 avaient déjà été contraintes de quitter leur foyer entre mars et septembre 1998 suite aux exactions de la police et de l’armée serbe. Les expulsions se sont accompagnées de «meurtres, viols, tabassages et détentions arbitraires commis par la police serbe, l’armée yougoslave ou des paramilitaires», relève Amnesty. Quelque 60 000 personnes ont en outre gagné le...
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