Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Cinéma Enquête sur les films violents Clinton-Hollywood : lune de fiel

Hollywood a accueilli avec prudence l’annonce par le président Bill Clinton d’une enquête sur ses pratiques de marketing auprès des jeunes de films violents mais, en privé, des responsables de l’industrie du spectacle ne cachent pas leur déception, estimant qu’ils servaient de bouc émissaire pour un problème national. Aucun studio n’a encore publiquement commenté le discours fait en début de semaine à la Maison-Blanche par le président des États-Unis. Un porte-parole de Disney, Claudia Peters, a indiqué que la société laissait le soin à l’Association du cinéma américain (MPAA) de réagir mais celle-ci, qui regroupe les principaux studios, a déjà fait savoir qu’elle n’allait pas avoir de commentaire. Selon le journal spécialisé Daily Variety, le président de la MPAA, Jack Valenti, a déclaré qu’il attendait de connaître «les ramifications légales» de cette enquête. «Ce n’est pas un secret», ajoutait le journal, que M. Valenti, qui a présidé le mois dernier à une collecte de fonds de 2 millions de dollars pour le Parti démocrate de Bill Clinton, «est déçu par la Maison-Blanche». L’enquête fédérale sur Hollywood sera menée par le département de la Justice et la Commission fédérale du commerce. Les enquêteurs auront le pouvoir de requérir tous les documents qu’ils souhaitent auprès des studios, des sociétés de jeux vidéo et de compagnies de disques. «Je pense que c’est un coup bas qui permet au président d’avoir de grands titres pendant deux jours tout en nous imposant un long processus de fourniture de documents», a déclaré à Daily Variety Hilary Rosen, président de l’Association américaine de l’industrie du disque. «Chasse aux sorcières» L’objectif de l’enquête fédérale est de déterminer si l’industrie du spectacle fait la promotion de produits violents, particulièrement ceux destinés à un public adulte, auprès des enfants. Une enquête semblable avait été menée auprès des fabricants de cigarettes. Parlant sous couvert de l’anonymat au Los Angeles Times, le responsable d’un studio a qualifié cette enquête de «chasse aux sorcières». Le quotidien californien cite également un haut responsable de la Maison-Blanche, selon qui Hollywood «avait fait savoir (à la présidence) qu’ils n’étaient pas très contents». Plusieurs personnalités de l’industrie du spectacle rappellent que Bill Clinton avait déclaré il y a deux semaines qu’il ne fallait pas imputer à une industrie particulière la violence mortelle dont les établissements scolaires américains sont le théâtre. «Je leur en veux pour dire qu’ils ne désignent personne du doigt alors que c’est exactement ce qu’ils font», a déclaré Hilary Rosen à Daily Variety. Le Sénat américain avait adopté le mois dernier un projet de loi sur la violence juvénile dans lequel figurait une enquête semblable à celle annoncée par la Maison-Blanche, mais l’enquête du Sénat visait aussi l’industrie des armes à feu. Un des deux sénateurs de Californie, Barbara Boxer, a écrit cette semaine au président Clinton pour regretter l’absence des fabricants d’armes dans l’étude décidée par la présidence. «Cette omission est troublante pour moi et pour tous ceux qui ne veulent pas qu’une seule industrie serve de bouc émissaire mais veulent une analyse globale des causes de la violence juvénile», a estimé Mme Boxer. L’annonce de la Maison-Blanche est survenue une semaine après que le président de la MPAA se fut réuni à Los Angeles avec de hauts dirigeants des studios, notamment ceux de 20th Century Fox, Disney, Columbia, Paramount, Warner Brothers, Universal et MGM pour discuter du problème de la violence. Jack Valenti avait simplement déclaré à l’issue de cette rencontre que «la communauté de Hollywood est désireuse de jouer un rôle actif dans tout effort national visant à trouver une solution à la violence juvénile».
Hollywood a accueilli avec prudence l’annonce par le président Bill Clinton d’une enquête sur ses pratiques de marketing auprès des jeunes de films violents mais, en privé, des responsables de l’industrie du spectacle ne cachent pas leur déception, estimant qu’ils servaient de bouc émissaire pour un problème national. Aucun studio n’a encore publiquement commenté le discours fait en début de semaine à la Maison-Blanche par le président des États-Unis. Un porte-parole de Disney, Claudia Peters, a indiqué que la société laissait le soin à l’Association du cinéma américain (MPAA) de réagir mais celle-ci, qui regroupe les principaux studios, a déjà fait savoir qu’elle n’allait pas avoir de commentaire. Selon le journal spécialisé Daily Variety, le président de la MPAA, Jack Valenti, a déclaré...