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Actualités - Chronologie

Un succès diplomatique pour la Russie

L’accord donné par Belgrade au plan de paix sur le Kosovo est un succès pour Moscou qui apparaît comme l’un des acteurs du dénouement de la crise et peut espérer retrouver son prestige dans les Balkans et sur la scène diplomatique internationale. Ce succès est une revanche de la Russie qui signe ainsi son retour dans les Balkans, après avoir été totalement mise à l’écart par les États-Unis lors des accords de Dayton mettant fin en 1995 à la guerre en Bosnie. Alors que les bombardements de l’Otan se poursuivaient sur la Yougoslavie depuis le 24 mars et que Washington envisageait une opération terrestre offensive au Kosovo, les missions à Belgrade de l’émissaire russe pour la Yougoslavie, Viktor Tchernomyrdine, ont permis peu à peu de faire avancer les négociations. C’est d’ailleurs M. Tchernomyrdine, accompagné de l’émissaire européen pour la Yougoslavie, le président finlandais Martti Ahtisaari, qui a reçu à Belgrade l’accord du président yougoslave Slobodan Milosevic. La Russie peut se flatter d’avoir été à l’origine de la réunion du G8 (les sept pays les plus industrialisés plus la Russie) dont les travaux ont abouti à l’élaboration de ce plan. Le 1er avril, le président Boris Eltsine avait réclamé une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères du G8 pour éviter que l’Otan, et donc les Américains, soit seule à gérer la crise. Le succès russe est cependant loin d’être total. Moscou n’a pas été en mesure d’obtenir l’arrêt des frappes de l’Otan sur la Yougoslavie avant le début des négociations, ce qui était l’une de ses exigences. Pour juger de l’ampleur du succès russe, il faudra attendre de voir comment sera déployée la force internationale au Kosovo, quel sera le rôle joué respectivement par les Russes et par les pays de l’Otan et comment sera réglée la question du commandement militaire. Mercredi, au Petersberg, près de Bonn, M. Tchernomyrdine avait évoqué un commandement séparé, soulignant que le contingent international «aurait deux forces séparées, pour la Russie et l’Otan, avec deux commandements séparés». Jeudi, le porte-parole du gouvernement allemand, Uwe-Karsten Heye, a donné une interprétation sensiblement différente, en déclarant que Russes et Occidentaux se sont entendus sur «une structure de commandement commune» pour la future force de paix internationale. La veille, le porte-parole du Département d’État James Rubin, le secrétaire d’État américain adjoint Strobe Talbott et le porte-parole de l’Otan Jamie Shea avaient, tour à tour, insisté sur le caractère obligatoire d’une force unique et d’un commandement unique, sous contrôle de l’Otan.
L’accord donné par Belgrade au plan de paix sur le Kosovo est un succès pour Moscou qui apparaît comme l’un des acteurs du dénouement de la crise et peut espérer retrouver son prestige dans les Balkans et sur la scène diplomatique internationale. Ce succès est une revanche de la Russie qui signe ainsi son retour dans les Balkans, après avoir été totalement mise à l’écart par les États-Unis lors des accords de Dayton mettant fin en 1995 à la guerre en Bosnie. Alors que les bombardements de l’Otan se poursuivaient sur la Yougoslavie depuis le 24 mars et que Washington envisageait une opération terrestre offensive au Kosovo, les missions à Belgrade de l’émissaire russe pour la Yougoslavie, Viktor Tchernomyrdine, ont permis peu à peu de faire avancer les négociations. C’est d’ailleurs M. Tchernomyrdine,...