Symbole de la résistance à l’apartheid puis de la réconciliation raciale en Afrique du Sud, Nelson Mandela, l’ancien bagnard de Robben Island, est devenu le père de la «Nation arc-en-ciel» et le «sage de l’Afrique». Le charisme du personnage et son sens de l’à-propos lui ont valu une grande popularité, non seulement chez les Noirs mais aussi, après son élection, chez les Blancs. Ainsi fut-il acclamé par 70 000 spectateurs, en majorité blancs, lorsqu’en 1995, avant la finale de Coupe du monde de rubgy à l’Ellis Park de Johannesburg, il endossa le maillot du capitaine (blanc) des Springboks. Condamné en 1964 à la prison à vie Mandela naît en juillet 1918 dans un village du Transkeï. De sang royal, élevé dans la famille régnante des Tembus, il est destiné dès l’enfance à être chef et n’a jamais oublié ses racines traditionnelles. Sa première participation à une manifestation remonte à 1943 : il s’agissait de protester contre l’augmentation des tarifs de bus. Après l’arrivée au pouvoir en 1948 du Parti national, instigateur de l’apartheid, il s’implique de plus en plus dans la résistance. Inculpé de trahison en 1956, il est acquitté au terme d’un procès de quatre ans. L’année suivante, il est de nouveau dans le collimateur de la justice, qui le condamne par défaut à cinq ans de prison pour incitation à des grèves et tentative de sortie illégale du pays. Arrêté en août 1962 après 17 mois de traque, Mandela échappe de peu à la peine de mort en 1964 mais est condamné à la réclusion à perpétuité. Il passe dès lors 18 ans dans le bagne de Robben Island, puis est transféré dans la prison de Pollsmoor, près du Cap. Fin 1988, il arrive à la prison de Paarl, où ses conditions de détention s’améliorent. Lorsqu’il est libéré en février 1990, il a 71 ans. Le processus de sortie de l’apartheid est lancé depuis deux ans déjà. L’ANC, qui renonce à la lutte armée, est légalisé en 1990 ; Mandela en est élu président à l’unanimité l’année suivante. Une nouvelle vie commence pour lui, celle de la lutte pacifique, qui lui vaut le prix Nobel de la Paix en 1993 (partagé avec le président De Klerk) et le mène à la présidence, sous les couleurs de l’ANC, qui remporte plus de 62 % des voix aux législatives d’avril 1994, premier scrutin multiracial de l’Afrique du Sud. Nelson Mandela s’est de longue date habitué à un mode vie spartiate: lever tôt, vie sans tabac ni alcool. En revanche, il n’a jamais refusé la présence de femmes dans son proche entourage. Son engagement politique aura pourtant contribué au naufrage de deux mariages. Sa première femme, Evelyn, le quitte en 1953, estimant qu’il consacre trop de temps à la politique. Winnie Madikizela, qu’il épouse en 1958, est là le jour de février 1990 où il sort de prison, mais leur union ne survivra pas, ensuite, aux 27 années d’éloignement. Ils se séparent, finissent par divorcer en 1996. La vie sentimentale de Nelson Mandela n’est pas pour autant finie. Le jour de son 80e anniversaire, le 18 juillet 1998, le «sage de l’Afrique» prend pour troisième épouse Graça Machel, veuve de l’ancien président mozambicain Samora Machel. Dès 1996, il annonce son intention de démissionner de la présidence en 1999 et délègue de plus en plus à son «dauphin», le vice-président Thabo Mbeki, fils de l’un des cofondateurs de l’ANC.
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