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Actualités - Reportages

La revue hebdomadaire des marchés financiers Beyrouth : dollar modérément survendu

Un vent d’optimisme, quoique prudent, a soufflé cette semaine sur le marché des changes de Beyrouth avec le retrait de l’Armée du Liban-Sud (ALS) de la localité de Jezzine. Ce développement, qui est censé aux regards de certains observateurs paver la voie à une prochaine reprise du processus de paix au Moyen-Orient dans son volet syro-libanais avec Israël, est venu donc rassurer une partie des épargnants quant aux placements en livre libanaise. Cela d’autant qu’il est question d’abaisser les taux d’intérêt servis sur la monnaie nationale consécutivement à l’engouement manifesté par la communauté financière pour les bons du Trésor libanais. En effet, nombre d’opérateurs ont estimé encore une fois cette semaine devoir se positionner davantage en livre libanaise afin de profiter de son rendement réel relativement très élevé. Il en a ainsi résulté un surcroît d’offres du dollar dépassant parfois le potentiel d’absorption du marché. Ce phénomène s’est aussitôt traduit par la négociation du billet vert au point inférieur d’intervention de la Banque du Liban (BDL) à l’achat, maintenu en l’état à 1 502,00 LL comme celui fixé à 1 514,00 LL à la vente. Selon ce mécanisme, le taux moyen indicatif du dollar s’est maintenu toute la semaine à 1 508,00 LL ainsi que le taux réel de sa négociation sur le marché interbancaire à 1 502,00/1 502,25 LL et parfois en l’absence de contreparties valables à l’achat en dehors de la BDL. Toutefois, ce mouvement ne s’est pas accompagné comme on pouvait s’y attendre d’un développement de l’activité sur le marché, comme en témoignent les volumes d’affaires quotidiens très modérés qui n’auraient pas dépassé sur la semaine quelque 45 millions de dollars, en partie achetés par la BDL à 1 502,00 LL, à en croire les milieux cambistes de la place. L’euro s’enfonce dans la déprime avant de souffler À l’étranger, l’euro a poursuivi sa dégringolade cette semaine sur les marchés des changes internationaux, l’accord de paix au Kosovo n’étant pas parvenu à remonter le moral d’une devise profondément déprimée par la morosité économique de la zone euro et l’impassibilité des autorités européennes face à sa chute. La monnaie unique européenne a ainsi continué à collectionner les records de faiblesse pour tomber jusqu’à 1,0270 dollar dans la nuit de jeudi à vendredi sur les places asiatiques, son plancher depuis son lancement le 1er janvier dernier. Les facteurs pesant sur la toute jeune devise restent les mêmes : les mauvaises performances économiques de la zone euro, la perspective d’une hausse des taux d’intérêt aux États-Unis et les déclarations confuses et peu encourageantes des responsables européens face à sa dépréciation. Les opérateurs espéraient que la Banque centrale européenne (BCE) profiterait de la réunion bimensuelle de son conseil de gouverneurs mercredi pour venir au secours de l’euro. Mais Wim Duisenberg, président de la BCE, a une fois de plus affiché sa tranquille insouciance habituelle. «L’euro est une monnaie qui s’appuie fermement sur la stabilité des prix interne (dans la zone euro) et elle a, par conséquent, un clair potentiel de renforcement de sa valeur externe», a-t-il déclaré après la décision de la BCE d’opter une nouvelle fois pour un statu quo monétaire, comme prévu. Les chefs d’État et de gouvernement européens ont porté le dernier coup de grâce à l’euro hier en décidant de retirer toute allusion à sa baisse dans leur communiqué final du sommet de Cologne. Le projet de paragraphe par lequel les dirigeants européens entendaient proclamer qu’ils ne sont «nullement préoccupés par l’évolution actuelle du cours de l’euro» a été supprimé de la version finale des conclusions car jugé «maladroit». Ces hésitations n’ont pas impressionné les opérateurs pour qui elles n’ont fait que démontrer la confusion dans laquelle l’Europe se trouve et son manque de coordination, comme l’a exprimé un cambiste londonien. L’euro est en outre resté pratiquement insensible à l’acceptation par Belgrade jeudi de l’accord de paix russo-occidental sur le Kosovo, les cambistes préférant rester prudents tant que l’Otan n’aura pas cessé officiellement ses frappes aériennes sur la Yougoslavie. De son côté, le dollar a bénéficié des derniers chiffres sur l’emploi américain publiés hier, qui n’ont pas, comme l’avaient craint certains cambistes, provoqué trop de remous à Wall Street. Le taux de chômage aux États-Unis s’est établi à 4,2 % en mai contre 4,3 % en avril et l’économie américaine a créé 11 000 emplois nets supplémentaires dans les secteurs non agricoles. Le faible nombre de créations d’emplois, au plus bas depuis janvier 1996, a compensé le nouveau recul du chômage, au plus bas depuis trois décennies, ce qui a évité de raviver les spéculations sur une hausse des taux d’intérêt américains et minimisé la volatilité sur le marché des actions américain. L’attention des cambistes ayant donc été accaparée par les déboires de l’euro, la parité dollar/yen a évolué dans des marges étroites ces derniers jours. Le billet vert s’est ainsi apprécié face au yen tout en restant vulnérable vis-à-vis du sterling qui a été soutenu par les meilleures perspectives de l’économie britannique et par le sentiment que la Banque d’Angleterre optera pour un statu quo monétaire jeudi prochain à l’issue de la réunion de son comité de politique monétaire C’est dans ce contexte que le dollar s’est négocié hier, à New York, en hausse face aux autres grandes monnaies à l’exception du sterling, comme suit : – 1,0375 pour un euro contre 1,0418 à la fin de la semaine dernière – 1,6105 pour un sterling contre 1,6005 – 1,8855 DM contre 1,8780 – 6,3230 FF contre 6,2965 – 1,5305 FS contre 1,5245 – 1 866,50 lires contre 1 858,85 – 122,25 yens contre 121,45. Bourse de Beyrouth : coup d’arrêt à la hausse Sur les marchés des valeurs mobilières, la Bourse de Beyrouth a interrompu son mouvement ascensionnel cette semaine, affectée par la baisse des actions A de Solidere et de celles de la Byblos Bank dans une proportion plus grande que la hausse des actions A de cette même société et de celles de Rymco, dans un marché autrement stable sur le restant de la cote. En effet, l’indice général Lispi de toutes les valeurs libanaises cotées a perdu 0,06 % à 77,59 points à la fin de cette semaine contre 77,64 points à la fin de la semaine dernière, ainsi que l’indice partiel LIBX des valeurs bancaires qui a abandonné 0,11 % à 178,42 points contre 178,62 points pendant la même période. Pour ce qui est de l’activité du marché au courant de cette semaine, elle a totalisé 493 227 actions d’une valeur globale de 2 725 652 dollars contre 455 616 actions d’une valeur globale de 2 418 652 dollars la semaine dernière. Wall Street rassurée après les chiffres de l’emploi Wall Street a connu une nouvelle semaine dominée par la prudence et l’incertitude dans la crainte d’un relèvement des taux d’intérêt américains après la multiplication des signes de surchauffe économique. Mais elle est parvenue finalement à surmonter les pressions qui s’étaient exercées sur elle, manifestant une remarquable résistance aux influences baissières. Ce développement a été attribué par les analystes financiers à la publication hier de chiffres de l’emploi moins alarmants qu’attendu par le marché. Certes, le taux de chômage est toujours bas (4,2 %), mais l’économie a créé moins d’emplois non agricoles que dans les derniers mois (11 000 seulement), soit l’éventualité d’un ralentissement de la croissance, ce qui permettrait peut-être à la Réserve fédérale d’attendre et d’éviter un resserrement du crédit dès sa prochaine réunion fin juin. Les grandes valeurs industrielles et celles de la haute technologie ont été finalement soutenues mais sans tendance profondément marquée. Les grandes distributions étaient irrégulières ainsi que les pétrolières et les bancaires. En effet, l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles est parvenu à afficher en préclôture hier 10 748,23 points contre 10 559,74 points à la fin de la semaine dernière, en hausse de 1,78 % d’une huitaine à l’autre.
Un vent d’optimisme, quoique prudent, a soufflé cette semaine sur le marché des changes de Beyrouth avec le retrait de l’Armée du Liban-Sud (ALS) de la localité de Jezzine. Ce développement, qui est censé aux regards de certains observateurs paver la voie à une prochaine reprise du processus de paix au Moyen-Orient dans son volet syro-libanais avec Israël, est venu donc rassurer une partie des épargnants quant aux placements en livre libanaise. Cela d’autant qu’il est question d’abaisser les taux d’intérêt servis sur la monnaie nationale consécutivement à l’engouement manifesté par la communauté financière pour les bons du Trésor libanais. En effet, nombre d’opérateurs ont estimé encore une fois cette semaine devoir se positionner davantage en livre libanaise afin de profiter de son rendement réel...