L’ancien président des Girondins de Bordeaux Claude Bez, décédé d’une attaque cardiaque mardi après-midi à l’âge de 58 ans, aura marqué le football français des années 80. Cet expert-comptable bordelais était arrivé à la présidence des Girondins de Bordeaux en 1978 dont il était le vice-président depuis près de quatre ans. Avec lui, le club allait passer d’un statut modeste à celui de plus grand club du football français de la décennie. À son arrivée, son projet est clair: il veut faire de Bordeaux le premier club français à remporter une Coupe d’Europe. Si Claude Bez est alors un homme qui en impose par sa forte corpulence et sa grosse moustache, quand ce n’est pas par son verbe haut, il connaît bien le football et y a même joué et plutôt bien. Avec les Coqs Rouges, un club bordelais réputé à l’époque pour la qualité de son école de football, il avait gagné en 1959 la Coupe du Sud-Ouest. Pour tenter d’atteindre son objectif ambitieux, il faut de l’argent, beaucoup d’argent. Fort heureusement, il a le soutien du maire de la ville, l’ancien Premier ministre Jacques Chaban-Delmas. «Avec de l’argent vous êtes le meilleur président. Sans argent, vous êtes un con», dit-il. Dès lors, la montée en puissance du club et de son président se confirmera d’année en année. Il s’attache les services de grands joueurs tels Jean Tigana, Bernard Lacombe, René Girard, Marius Trésor, Patrick Battiston et tant d’autres. Après avoir embauché comme entraîneur Raymond Goethals, il fait appel à Aimé Jacquet qui restera à la tête de l’équipe durant près de dix ans. Dans cette période faste, les Girondins vont remporter trois titres de champions de France (84, 85 et 87) et deux Coupes de France (86 et 87), et disputer deux demi-finales de Coupe d’Europe (85 et 87). Les Girondins vivent grand train mais les ennuis vont venir pour le bouillant homme qui ne s’est pas fait que des amis en menant bataille pour les droits de télévision et en étant régulièrement en guerre contre la presse. Il fut même quelque temps grand intendant de l’équipe de France et à l’origine de l’éviction du sélectionneur Henri Michel, remplacé par Michel Platini. Tapie le rival Parmi ses ennemis, il compte aussi un autre président de club qui monte, Bernard Tapie, devenu son rival. Dans la guerre entre les deux hommes, c’est Claude Bez qui va chuter le premier. Le club est en difficulté financière déclarée lorsque Claude Bez est inculpé le 22 novembre 90 pour escroquerie, abus de confiance, complicité de faux, recel d’abus de biens sociaux dans le cadre de la surfacturation des travaux du centre d’entraînement du Haillan. Mais Claude Bez se voit également interdire la gestion du club. Pour lui c’est la fin. Il démissionne et laisse sa place à l’industriel lunetier Alain Afflelou. Désormais, on ne parlera plus de lui que dans la rubrique justice. Le déficit du club est énorme: 305 millions de FF. Diverses procédures sont engagées. Le 9 avril 1992, il est même incarcéré. Il restera deux mois derrière les barreaux après avoir été à nouveau mis en examen pour abus de confiance, faux et usage de faux. Les irrégularités dans la gestion du club et les transferts de joueurs sont alors au centre de l’affaire. Il sera d’ailleurs condamné le 28 mars 1995 à trois ans de prison dont un ferme pour l’affaire du Haillan et sera incarcéré six mois dans le cadre de mesures de semi-liberté. De procédure en comblement de passif à des condamnations de type fiscal, Claude Bez aura vécu ses dernières années dans les prétoires et les cabinets des juges d’instruction. L’homme voulait assumer seul. «J’étais le patron», avait-il dit la semaine dernière à Reuters. Mais il avait ajouté qu’il comptait se défendre le 22 février devant le tribunal correctionnel de Bordeaux qui ouvrait son procès pour la gestion et les transferts. «Je mets au défi quiconque de prouver que je me suis mis le moindre centime dans la poche. Il n’y a pas eu d’irrégularités», avait-il précisé. Claude Bez voulait encore se défendre, s’expliquer. Sa santé ne lui en a pas laissé le temps.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’ancien président des Girondins de Bordeaux Claude Bez, décédé d’une attaque cardiaque mardi après-midi à l’âge de 58 ans, aura marqué le football français des années 80. Cet expert-comptable bordelais était arrivé à la présidence des Girondins de Bordeaux en 1978 dont il était le vice-président depuis près de quatre ans. Avec lui, le club allait passer d’un statut modeste à celui de plus grand club du football français de la décennie. À son arrivée, son projet est clair: il veut faire de Bordeaux le premier club français à remporter une Coupe d’Europe. Si Claude Bez est alors un homme qui en impose par sa forte corpulence et sa grosse moustache, quand ce n’est pas par son verbe haut, il connaît bien le football et y a même joué et plutôt bien. Avec les Coqs Rouges, un club bordelais réputé à...