Le commandant en chef de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, serre la main le commandant du Commandement central des États-Unis (Centcom), l'amiral Brad Cooper, à Yarzé, le 29 juin 2026. Photo tirée du compte X de l'armée libanaise
Lors de sa visite au Liban lundi, le commandant du Commandement central des États-Unis (Centcom), l'amiral Brad Cooper, a rencontré le chef d'Etat libanais, Joseph Aoun, ainsi que le commandant de l'armée libanaise, Rodolphe Haykal, avec lesquels il a discuté de la mise en oeuvre de l’accord-cadre signé vendredi soir à Washington par le Liban et Israël, selon des communiqués de la présidence libanaise et de l'armée sur X.
M. Aoun a assuré au responsable américain que l'armée libanaise, dont les États-Unis sont le principal partenaire, allait « s'étendre jusqu'aux frontières internationales méridionales ». Il l'a remercié, lors de leur rencontre au palais de Baabda, pour « l’attention portée par le président américain Donald Trump envers le Liban afin d’assurer la sécurité et la stabilité », soulignant « la détermination de l’État libanais à étendre son autorité, à travers ses forces armées, jusqu’aux frontières internationales méridionales ». MM. Aoun et Trump s'étaient entretenus samedi soir lors d'un appel téléphonique, au cours duquel le président américain avait félicité son homologue libanais pour l'accord signé à Washington, et réaffirmé le soutien américain au Liban. M. Aoun avait exprimé l'espoir que Washington « contribuera à empêcher toute violation de l'accord ». La rencontre entre MM. Aoun et Cooper s’est également déroulée en présence du chargé d’affaires de l’ambassade américaine à Beyrouth, Keith Hennigan, et du chef de l’équipe chargée du « mécanisme », Joseph Clairfield.
« Assurer le succès » de l'accord-cadre
Dans le bureau du général Haykal à Yarzé, le chef du Centcom a appelé à « assurer le succès » des dispositions de l'accord-cadre entre le Liban et Israël. « Les discussions ont porté sur les derniers développements au Liban et dans la région, sur l’importance d’assurer la réussite du mécanisme d’application de l’annexe sécuritaire à l’accord-cadre, ainsi que sur les moyens de renforcer la coopération à l’avenir », indique un communiqué de l’armée libanaise. M. Haykal a exprimé pour sa part sa « gratitude » pour le soutien américain, soulignant la nécessité de poursuivre la coopération entre les deux armées de manière à préserver la sécurité et la stabilité du Liban.
Plus tard dans la journée de lundi, le Centcom a indiqué que, dans le cadre de sa tournée en cours au Moyen-Orient, M. Cooper avait discuté avec M. Aoun et le général Haykal de la « voie à suivre » pour la mise en œuvre de l’accord-cadre. Le Centcom a précisé qu’avant sa visite au Liban, M. Cooper s’était rendu auprès des troupes américaines déployées en Israël, ajoutant que « plus de 50 000 militaires américains opèrent actuellement dans toute la région, où ils restent vigilants et prêts à intervenir ».
Chaque année, l’aide apportée par Washington à l’armée libanaise, qui compte pour 90 % de l’aide totale reçue par la troupe, fait l’objet d’un débat au sein du Congrès américain, des voix s’élevant pour dénoncer une « collusion » entre la troupe et la formation chiite. L’administration américaine a régulièrement reproché ces derniers mois à l’armée libanaise de ne pas être assez active dans le désarmement du Hezbollah. En mai dernier, pour la première fois, deux officiers libanais en fonction, accusés de soutenir le Hezbollah, ont été sanctionnés par le Trésor américain.
L’accord-cadre signé vendredi prévoit, entre autres mesures, le retrait des forces israéliennes de deux « zones pilotes » dans le sud du Liban occupé et leur remise à l’armée libanaise. Cependant, l’accord ne précise pas de calendrier pour le retrait israélien du Liban, et conditionne ce retrait au désarmement du Hezbollah.

