Le box-office français 98 a été excellent, du moins au premier abord. En y regardant de plus près, le bilan se révèle moins exaltant. Il présente même des aspects nettement inquiétants. Voyons les chiffres. Au total, les salles ont enregistré 170 millions d’entrées: un record, après celui établi en 85, avec 175 millions. Ce qui témoigne d’une remontée spectaculaire, et encourageante, de la fréquentation globale. L’ennui, pour les Français, c’est que la part de leur cinéma ne représente que 25% du marché, alors que les films «made in Hollywood» en raflent 70% (les 5% restants vont aux films des divers «autres pays»). Jamais le cinéma français n’avait établi de performance aussi médiocre. Et on retrouve, ici encore, l’incontournable «effet-Titanic». À lui seul, le film de James Cameron a attiré 21 millions de spectateurs dans les salles de L’Hexagone (battant au passage le record, français lui, de La Grande Vadrouille de Gérard Oury, en 66, avec 17 millions et demi d’entrées)! À noter ici que la prolifération des «multiplexes» (souvent de plus de 20 salles) a surtout favorisé l’avancée triomphale du cinéma US. Pour en revenir au cinéma français – et y rester – il a accumulé les échecs, et ce dans presque tous les genres (comédie, polars, drames, films «à vedettes», etc.). Seuls trois films se sont très bien tenus, dépassant les six millions d’entrées chacun: Le Dîner de Cons, de Francis Veber – Les Couloirs du Temps: Les Visiteurs II, de Jean-Marie Poiré – et Taxi, de Gérard Pirès. On signalera ici le grand succès que remporte actuellement le film d’Erick Zonca, La Vie Rêvée des Anges (vu au récent Festival du Cinéma Européen au Liban). Et le maintien positif des Vieux de la Nouvelle Vague: Godard, Resnais, Rivette et Rohmer.
Le box-office français 98 a été excellent, du moins au premier abord. En y regardant de plus près, le bilan se révèle moins exaltant. Il présente même des aspects nettement inquiétants. Voyons les chiffres. Au total, les salles ont enregistré 170 millions d’entrées: un record, après celui établi en 85, avec 175 millions. Ce qui témoigne d’une remontée spectaculaire, et encourageante, de la fréquentation globale. L’ennui, pour les Français, c’est que la part de leur cinéma ne représente que 25% du marché, alors que les films «made in Hollywood» en raflent 70% (les 5% restants vont aux films des divers «autres pays»). Jamais le cinéma français n’avait établi de performance aussi médiocre. Et on retrouve, ici encore, l’incontournable «effet-Titanic». À lui seul, le film de James Cameron a attiré...
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