Le nouveau président en exercice de l’OSCE, Knut Vollebaek, a demandé aux dirigeants de Tirana d’user de leur influence auprès de l’UCK pour obtenir la libération des huit soldats yougoslaves capturés au Kosovo par l’organisation indépendantiste albanaise. «La prise d’otages est inacceptable, elle menace la stabilité et risque d’engendrer une escalade» du conflit, a souligné le ministre norvégien des Affaires étrangères, qui entamait à Tirana une tournée dans les Balkans. M. Vollebaek a lancé devant la presse «un appel très ferme» à l’Armée de libération du Kosovo (UCK) et a demandé en même temps aux autorités yougoslaves de faire preuve d’un «maximum de retenue». Il a jugé «disproportionnée» la concentration de troupes yougoslaves dans le nord du Kosovo. M. Vollebaek s’est entretenu avec le président Rexhep Meidani, le Premier ministre Pandeli Majko et le ministre des Affaires étrangères Paskal Milo. «J’ai demandé au gouvernement albanais d’essayer de convaincre l’UCK de libérer les otages le plus tôt possible», a déclaré le ministre, ajoutant qu’il avait «reçu l’assurance que le gouvernement s’engageait à le faire». M. Vollebaek a indiqué que la Mission de vérification (KVM) de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) déployée au Kosovo poursuivait des négociations avec l’UCK. «Des vérificateurs ont pu rendre visite aux otages et les photographier, et les huit se portent bien», a-t-il assuré. «La situation au Kosovo menace la stabilité régionale», a-t-il souligné Interrogé sur le danger de voir la province s’embraser, le ministre a répondu que «c’est la meilleure raison pour travailler le plus rapidement possible en vue d’une solution politique». Les vérificateurs L’OSCE a été chargée de fournir une force de vérification de 2 000 hommes en vertu de l’accord de cessez-le-feu obtenu par le diplomate américain Richard Holbrooke à Belgrade en octobre dernier. Un peu plus de 600 vérificateurs sont actuellement sur place, selon M. Vollebaek qui a dit espérer qu’ils seraient 1 200 d’ici à la mi-janvier. Il appartiendra au chef de la KVM, l’Américain William Walker, a-t-il ajouté, de décider du «nombre optimal de vérificateurs» nécessaires pour veiller au respect du cessez-le-feu. M. Milo a déclaré devant la presse qu’une «solution pacifique du conflit est une priorité». «Mais nous devons aussi nous préparer à utiliser d’autres moyens de pression et de force», a-t-il ajouté, car le président yougoslave Slobodan Milosevic «ne connaît que le langage de la force». «Les autorités de Belgrade portent une grande responsabilité mais (...) toutes les forces politiques au Kosovo doivent également contribuer à une solution pacifique», selon le chef de la diplomatie albanaise. Tirana, a-t-il assuré, entend «jouer un rôle plus important et donner une plus grande contribution à la solution du problème du Kosovo». M. Vollebaek s’est déclaré «très optimiste quant au développement social et économique de l’Albanie». «Mais le renforcement de la démocratie (...) doit être l’objectif de toutes les forces politiques» albanaises, a-t-il souligné. Après une escale lundi à Podgorica (Monténégro), M. Vollebaek se rendra mardi au Kosovo. Il doit y rencontrer séparément le «président» modéré kosovar Ibrahim Rugova et Adem Demaçi, le représentant politique de l’UCK. Sa tournée s’achèvera mercredi en Macédoine, où est déployée une force d’extraction de l’Otan de 1 800 soldats, chargée de venir en aide en cas de nécessité aux vérificateurs de l’OSCE au Kosovo.
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