La Thaïlande, accusée par le Cambodge de complaisance envers les Khmers Rouges, a riposté lundi en dénonçant une «manœeuvre de diversion» du gouvernement de Phnom Penh et en le mettant implicitement en garde contre le risque d’isolement international. «Les Cambodgiens et leur leader sont en train d’essayer de détourner l’attention», a affirmé le Premier ministre Chuan Leekpai. Son homologue cambodgien Hun Sen a accusé vendredi la Thaïlande d’avoir servi de sanctuaire à deux chefs historiques khmers rouges, Khieu Samphan et Nuon Chea, avant qu’ils ne se rallient au gouvernement de Phnom Penh. «Notre voisin, qui a toujours démenti que les dirigeants des Khmers Rouges étaient sur son territoire, les a hébergés, du plus haut rang au moins élevé», a déclaré Hun Sen. Le gouvernement thaïlandais a démenti, comme il le fait régulièrement, la présence de dignitaires du régime polpotiste sur son territoire. «La communauté internationale veut maintenant que les anciens dirigeants khmers rouges comparaissent devant un tribunal. Mais le problème est que non seulement Pol Pot (décédé en avril 1998), Khieu Samphan et Nuon Chea sont impliqués dans le génocide, mais également d’autres dirigeants cambodgiens», a dit M. Chuan, sans les nommer. Un procès des khmers rouges est susceptible d’éclabousser beaucoup de personnalités de la classe politique cambodgienne, y compris de la coalition gouvernementale, à commencer par le Premier ministre Hun Sen et le président de l’Assemblée nationale, le prince Norodom Ranariddh, selon les observateurs. Hun Sen a été un officier khmer rouge jusqu’à sa défection au Vietnam en 1977. Quant au prince Ranariddh, le fils du roi Norodom Sihanouk, il a commandé des maquis de la résistance anti-vietnamienne, aux côtés des Khmers Rouges, après la chute du régime polpotiste et jusqu’aux Accords de Paix de Paris (1991). De son côté, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères Surin Pitsuwan a estimé que «si le Cambodge veut faire partie de la communauté internationale, et être reconnu, alors il doit régler le problème» du procès des Khmers Rouges. Les Cambodgiens «doivent s’expliquer et satisfaire la communauté internationale» à propos de leurs intentions concernant les anciens Khmers Rouges ralliés, a indiqué M. Surin. Hun Sen est sous pression internationale depuis sa décision controversée de laisser en liberté Khieu Samphan et Nuon Chea au nom de la «réconciliation nationale».
La Thaïlande, accusée par le Cambodge de complaisance envers les Khmers Rouges, a riposté lundi en dénonçant une «manœeuvre de diversion» du gouvernement de Phnom Penh et en le mettant implicitement en garde contre le risque d’isolement international. «Les Cambodgiens et leur leader sont en train d’essayer de détourner l’attention», a affirmé le Premier ministre Chuan Leekpai. Son homologue cambodgien Hun Sen a accusé vendredi la Thaïlande d’avoir servi de sanctuaire à deux chefs historiques khmers rouges, Khieu Samphan et Nuon Chea, avant qu’ils ne se rallient au gouvernement de Phnom Penh. «Notre voisin, qui a toujours démenti que les dirigeants des Khmers Rouges étaient sur son territoire, les a hébergés, du plus haut rang au moins élevé», a déclaré Hun Sen. Le gouvernement thaïlandais a...
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