«Euroland» ou «Eurolande»? La polémique fait rage sur la dénomination de la zone euro, opposant lexicologues, journalistes et écrivains, sur fond de défense de l’identité française et de lutte contre «l’invasion anglo-saxonne». Inventé par des banques d’affaires américaines, le terme «Euroland» est de plus en plus fréquemment employé par la presse, parfois avec le «e» final. Libération a ainsi intitulé lundi son cahier central sur la monnaie unique «Eurolande : le guide». En revanche, Le Figaro et Le Monde semblent moins sûrs d’eux, les deux orthographes se retrouvant parfois dans le même journal. Pour les plus radicaux, c’est le mot même qu’il faut bannir, nanti ou non de son «e». Le linguiste Alain Rey, responsable du dictionnaire étymologique de la langue française, estime ainsi que «sans e, ce n’est pas absurde, mais c’est un anglicisme ou un germanisme». Quant à son emploi avec un «e», «c’est doublement absurde», a-t-il déclaré lundi sur France Inter, d’abord parce qu’on devrait dire «lande euro», mais surtout parce que le mot français lande «a divergé depuis très longtemps de son équivalent anglais ou allemand» pour prendre un tout autre sens. Selon le dictionnaire Robert, une lande est une «étendue de terre où ne croissent que certaines plantes sauvages». Autre argument avancé par M. Rey : «Euroland» est «trompeur, car il semble désigner tout les pays de la zone européenne» et non les seuls États ayant adhéré à la monnaie unique. Hélène Florent, chargée de la veille néologique chez Larousse, se déclare «très perplexe», mais estime qu’«Eurolande est en train de gagner la partie». «Je trouve ce mot bien fait, il définit bien un grand pays qui serait le pays de l’euro», a-t-elle indiqué à l’AFP, à condition de l’employer avec «e» et au féminin, comme Irlande ou Hollande. L’Académie française n’a pas réagi officiellement pour l’instant, mais certains de ses membres, comme Félicien Marceau ou Jean Dutourd, se sont clairement prononcés contre «Euroland», tout en voyant en moindre mal dans sa francisation avec le «e» final. La commission de terminologie du ministère de l’Économie et des Finances devrait également prendre position, mais il n’est pas sûr qu’elle ait le dernier mot.
«Euroland» ou «Eurolande»? La polémique fait rage sur la dénomination de la zone euro, opposant lexicologues, journalistes et écrivains, sur fond de défense de l’identité française et de lutte contre «l’invasion anglo-saxonne». Inventé par des banques d’affaires américaines, le terme «Euroland» est de plus en plus fréquemment employé par la presse, parfois avec le «e» final. Libération a ainsi intitulé lundi son cahier central sur la monnaie unique «Eurolande : le guide». En revanche, Le Figaro et Le Monde semblent moins sûrs d’eux, les deux orthographes se retrouvant parfois dans le même journal. Pour les plus radicaux, c’est le mot même qu’il faut bannir, nanti ou non de son «e». Le linguiste Alain Rey, responsable du dictionnaire étymologique de la langue française, estime ainsi que «sans e,...
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